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2. *CONTENU*

# *CONTENU*

14 Avril 2004 : Première journée — La préparation page 9

Laissez vos chaussures et votre esprit à l'extérieur! Se préparer à recevoir le message du Maître. Les trois formes de connaissance. Qui suis-je? "Connaître" et "Connaître quelque chose".

15 Avril 2004 : Deuxième journée — L'interaction page 37

La connaissance juste, dans les mauvaises mains. Ecoutez votre corps! Contacter l'intelligence du corps. Est-il juste de contrôler les sens? Bien manger et bien dormir. Rêver, ou faire des projets? Agir dans la totalité. Vous invitez vos maladies! La zone subconsciente.

16 Avril 2004 : Troisième journée — L'implication page 71

Conversation informelle avec Swamiji. Pourquoi le végétarisme? Les qualités des aliments, ou doshas. Nourriture et niveaux d'énergie : une expérience. Rituels et mantras. Le sommeil.

17 Avril 2004 : Quatrième journée — Le voyage page 85

Introduction aux chakras. Comprendre Muladhara Chakra. A propos de l'astrologie. Comment être spirituel? Comprendre Swadishthana Chakra.

18 Avril 2004 : Cinquième journée — Regarder au-delà page 126

Comprendre Manipuraka Chakra. Questions & Réponses. Comprendre Anahata Chakra. Comprendre Vishuddhi Chakra.

19 Avril 2004 : Sixième journée — Le point culminant page 186

Comprendre Ajna Chakra. Soyez extatique : abandonnez le sentiment de culpabilité. Comprendre Sahasrara Chakra.

ANNEXE page 222

  • • Un pont entre la Science et la Spiritualité
  • • Compte-rendu des recherches effectuées par des neurologues américains sur le système neurologique de Swamiji, un défi pour la Science.
  • • Dhyanapeetam : Jalons.

14 Avril : 1 ère journée, La préparation

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Swamiji entre et s'assied. Il accueille la foule, les mains jointes en namaskaar. La foule le salue à son tour, et prend place.

Swamiji chante: Brahmanandam parama sukhadam Kevalam jnaanamoortim Dvandvaateeetam gagana sadrisham Tatvamasyaadi lakshyam Ekam nithyam vimalam Achalam Sarvadee saakshi bhootam Bhaavaateetam triguna rahitam Sadgurum tam namaami

Obéissance au Maître Lui qui est Félicité Absolue, Incarnation de la Connaissance, Au-delà de la dualité, vaste comme le Ciel Il est l'objet des Mahavaakya, comme "Tat-tvam-asi" (Tu es Cela) Sans égal, éternel, pur, fermement établi, Témoin de toutes les pensées,

Il transcende toute modification du corps et de l'esprit, Se tenant au-dessus des trois Qualités que sont Pureté, Passion et Passivité.

Je vous accueille tous, avec mon amour et mes respects.

Chacun de vous est ici à la recherche de quelque chose. Savez-vous de quoi il s'agit?

Peut-être êtes-vous là espérant des révélations sur la méditation, une expérience, une connaissance. Mais quelle sorte de connaissance obtiendrez-vous ici?

Au sens large, il y a trois sortes de connaissance. La plus fondamentale, c'est la connaissance intellectuelle.

C'est la connaissance qu'on trouve dans le monde extérieur. Il suffit de se servir de sa tête, de son mental, pour saisir cette connaissance. C'est ainsi qu'on apprend à l'école, dans le système académique. Il suffit de savoir ce concentrer pour y arriver.

La logique, l'arithmétique, appartiennent à cette catégorie.

La connaissance suivante, c'est celle qui vient du cœur : l'art, la musique, la poésie, en font partie. Ce type de connaissance ne s'apprend pas avec la tête. Elle n'est

d'aucun secours ici. Si vous voulez apprendre la poésie, y arriverez-vous avec la tête? En réalité, la poésie ne s'apprend pas du tout. Tout au plus, peut-on s'en imprégner. Une petite histoire : Il était une fois un potier, qui faisait des pots chaque jour. Le voyant faire, son fils s'imprégna aussi de son art. Puis un jour un homme vint les trouver. Il demanda au fils : Comment as-tu appris cet art? Peux-tu me l'enseigner aussi ? Je ne l'ai pas appris, répondit le fils*, il m'est venu tout seul! J'y suis arrivé en l'observant et en l'absorbant. Cela ne s'enseigne pas!* L'art ne peut pas être enseigné, il s'apprend tout seul. C'est pourquoi, au temps jadis, la musique ne pouvait pas être apprise, ou enseignée, par n'importe qui. Elle ne s'apprenait que dans les gurukul. Les grands musiciens étaient tous issus de la formation des gurukul. Ils passaient des années auprès du maître, vivant avec lui, travaillant avec lui, et absorbant sa musique. Voyez-vous, on n'apprend un art qu'en s'y plongeant en l'absorbant en soi-même, comme le fait l'éponge! En observant chaque jour le maître chanter, sa vie s'écouler comme une poésie, l'apprenti devient

silencieux. Il écoute, et il saisit. L'art ne pourra jamais

s'enseigner comme les mathématiques. Si vous essayez d'enseigner la poésie comme l'arithmétique, l'élève apprendra certaines techniques, il saura peut-être composer des poèmes. Mais, le poète en lui sera perdu. L'homme peut écrire des poèmes, pas de la poésie. Il y a une grande différence entre les poèmes et la poésie. Il y a une grande différence entre apprendre intellectuellement et « capter » émotionnellement.

Le troisième type de connaissance, c'est la connaissance spirituelle.

En fait, nous ne pouvons pas l'appeler connaissance du tout! Sagesse serait un meilleur mot… Cette connaissance ne peut être ni enseignée ni recueillie.

Elle ne peut être transmise que d'Être à Être.

Entendez bien - cette connaissance ne peut être enseignée ni apprise. Nous parlons ici d'une chose dont on ne peut pas parler!

Par conséquent, vous n'êtes pas là pour apprendre quoi que ce soit.

Que cela soit très clair, je ne vous donnerai aucune philosophie, aucun système.

Je suis ici pour vous transmettre la Lumière qui est dans mon cœur. C'est ce qui va se passer au cours de ces six jours. Je vais vous donner un aperçu du satori, de

l'expérience spirituelle ; appelez-la comme vous voudrez. Au cours de ces six jours, vous aurez un aperçu de votre Être.

Pourquoi êtes-vous tous assis ainsi? Approchez-vous (faisant signe à l'assistance).

Venez vous asseoir près de moi. Tous ceux qui peuvent s'asseoir par terre, venez vous mettre là. Sinon, bien sûr, vous pouvez prendre une chaise. Et je ne veux pas de ce genre de distinction! Je ne veux voir personne assis auprès de ses parents. Allons, mélangez-vous - un peu de confusion! (il rit). Quelqu'un de ce côté, mettez-vous ici. Vous, allez par là. Assurez-vous simplement que vous n'êtes pas près de vos parents ou de vos amis.

Voilà pour les places assises !

Avant de commencer la classe, voici quelques instructions. En quittant la pièce, pensez à inscrire votre nom sur le registre. Autre chose : soyez ponctuels. Faites-le simplement par respect pour les autres. Je pense que personne ici n'est sans travail? Nous avons tous à faire. Je pense que chacun de nous a son propre travail. Mais ici nous sommes tous réunis pour nous aider l'un l'autre.

Croyez-moi, ce n'est pas comme si j'étais seul à vous aider!

Vous aussi vous m'aidez! Comment? me direz-vous. Voyez-vous, quand une femme a un bébé, elle devient mère. Non seulement la femme donne naissance à l'enfant, mais l'enfant aussi donne naissance à la mère. Tant que l'enfant n'est pas né, où est la mère? Ce n'est qu'une femme. Donc l'enfant donne naissance à la femme, en faisant d'elle une mère! Des deux côtés il y a une transformation. Tout comme l'enfant aide sa mère, vous m'aidez! Je vous aide à devenir plus méditatifs, à avancer vers l'illumination. Vous m'aidez à devenir un vrai Guru! Vous m'apprenez à vous enseigner. Sans disciple, quel sens a le mot Guru? Donc, nous nous aidons mutuellement à grandir.

Voilà pourquoi la Katopanishad débute par un très beau mantra. Un mantra incomparable, le Shanti Mantra :

(Swamiji chante d'une voix résonante) Om sahanaavavatu Sahanaubhunaktu Sahaveeryam karavaavahai Tejasvinaavateetamastu Maa vid vishaavahai Om shanti shanti shantih

Ici, maître et disciple prient ensemble l'Existence,

Section 2

Parashakti, ou Dieu, comme vous voulez l'appeller, ils prient l'énergie suprême : puissions-nous tous deux, maître et disciple, nous aider l'un l'autre, éclairer l'un l'autre notre chemin.

Voyez-vous toute la beauté de cette idée? Il n'y a pas là du tout d'égo!

Il n'y a que la beauté du respect mutuel.

Je disais donc que, rien qu'en arrivant à l'heure, par le simple fait d'être ponctuel, nous montrons notre respect l'un pour l'autre. Un seul absent ici signifierait quelque chose en moins. Ne pensez pas que vous n'êtes ici que pour vous-même : vous aidez aussi les autres.

Comprenez bien, lorsque le cours commence, quelque chose de beau se met à couler, et subitement quelqu'un arrive en retard et ouvre la porte. Naturellement, tous les yeux se tournent dans cette direction, n'est-ce pas? Le flot est interrompu.

C'est comme avec le dos d'âne sur la route. Il n'a que quelques centimètres de haut, mais pour passer dessus, vous devez ralentir cinq cent mètres avant. Vous reprenez ensuite votre vitesse cinq cent mètres plus loin. Ce qui veut dire que votre vélo ne reprend sa vitesse normale qu'au bout d'une minute. De même, quand quelqu'un arrive et ouvre la porte, cela ne prend qu'une seconde mais le flot est interrompu…

Que vous dire encore, avant de vous présenter l'un à l'autre? Tout d'abors, ne venez pas ici avec un esprit sérieux, avec le mental chargé.

Venez avec un esprit simple et sincère. N'arrivez pas en espérant faire dès la première séance l'expérience de Dieu, ou quelque chose de ce genre! Ayec un esprit léger, à l'aise, sans attente, et vous recevrez beaucoup plus de moi. Si vous venez avec des idées préconçues, avec un esprit plein d'attentes, vous ne penserez qu'à ces attentes. Vous n'êtes pas ici pour garder l'attention fixée sur vos attentes. Vous êtes ici pour fixer simplement votre esprit sur ce que je dis.

Deuxième chose : en laissant vos chaussures à l'extérieur de cette salle, veuillez laisser aussi votre esprit dehors. (Rires étonnés de l'assistance)

Je veux dire que vous avez peut-être suivi quantité de cours de méditation, lu tellement de livres spirituels, écouté tant de discours sur la spiritualité : je suis sûr que vous avez fait toutes ces choses! Ce n'est pas que ces choses ne vous ont pas aidé, elles ont sûrement leurs bienfaits - mais maintenant, ici, le système sera tout à fait différent. Je veux que vous soyiez prêts à le recevoir tel qu'il est.

Venez avec un esprit neuf.

Ecoutez sans faire de comparaison.

Ainsi, vous pourrez recevoir mon message dans sa totalité.

Par exemple, si j'emploie le mot Atman, je lui donne un tout autre sens.

Si vous l'avez déjà entendu de la bouche d'un autre maître, celui-ci a dû l'interpréter de manière tout à fait différente. En venant avec cette interprétation, comment pourrez-vous m'écouter? Vous serez trop occupé à écouter votre propre esprit!

Si vous avez déjà certaines idées, une certaine compréhension - ou ce que vous pensez être une compréhension! - ces idées seront contrariées par les miennes. Comment pourrons-nous alors nous en sortir?

Je pense que si nous sommes ici, c'est que nous sommes déjà dans la confusion!

Y a-t-il quelqu'un ici qui ne se sent pas du tout dans la confusion?

Si vous rien ne vous dérange, si vous êtes déjà dans la clarté, ce cours de méditation est inutile. Si vous connaissez déjà votre voie, si vous avez déjà atteint la sagesse spirituelle, vous n'avez rien à faire ici… Je pense que nous sommes tous là pour en tirer quelque chose?

Troisième chose… laissez-moi vous raconter une petite histoire, une belle histoire :

Il était une fois un grand moine Bouddhiste Zen, un maître illuminé. Un jour, le gouverneur du Japon vint lui rendre visite. Lorsque ce fut son tour, le gouverneur fit remettre sa carte de visite au moine. Elle portait ces mots : "Zak-San, Gouverneur du Japon". Le maître regarda la carte, et il dit les maîtres Zen peuvent être très durs, pour briser l'esprit de quelqu'un ils emploient de vilains mots - il dit : Je n'ai rien à faire avec cet idiot! Dites-lui de s'en aller d'ici immédiatement!

Mais le gouverneur était un homme très intelligent… pas seulement instruit, mais intelligent! Lorsqu'on lui ramena la carte avec le message, il barra tranquillement les mots Gouverneur du Japon et renvoya la carte au maître. En voyant la carte, le maître s'exclama : Quoi? Zak-San attend dehors? Faites-le entrer!

Cette histoire montre que ces postes, ces titres que nous portons, ne sont que des étiquettes que la société colle sur nous. Elles n'ont rien à voir avec le monde spirituel. Ce n'est pas que le Gouverneur a mal fait quelque chose… Il a eu l'attitude correcte du point de vue de la société, mais c'était la mauvaise façon d'approcher le maître. Donc, en entrant ici, laissez votre poste de gouverneur dehors. Sinon, vous ne pourrez rien apprendre… Ici, les gouverneurs ne sont pas de service, juste les chercheurs! Ici quelque chose va se passer entre maître et chercheur. Nous allons partager quelque chose qui appartient au monde

intérieur.

Les étiquettes du monde extérieur sont complètement inutiles ici.

Donc ne perdez pas votre temps, ni mon temps, avec ces étiquettes!

Présentons-nous l'un à l'autre!

Après tout, nous serons comme en famille pendant ces quelques jours.

Nous formons ici un groupe de chercheurs, nous ne sommes même pas des individus!

L'oubli de l'individualité est la voie de la méditation.

Acceptez de vous fondre dans la conscience du groupe, la conscience spirituelle.

Alors, qui veut commencer les présentations? Par ici, hmmm… dites juste votre nom, et d'où vous êtes.

(Un médecin se présente)

Vous avez entendu son nom?

Il met le titre Docteur devant son nom : c'est pour montrer qu'il a réussi.

Non, non - il n'y a rien de mal! (il rit)

Vous avez réussi dans le monde extérieur, comme j'ai réussi dans le monde intérieur. Disons que j'ai testé des hypothèses spirituelles dans ma vie, dans mon laboratoire intérieur. Je suis là pour vous rendre compte de ma recherche, c'est tout.

Mais il y a une différence : ce cours n'est pas intellectuel. Vous n'êtes pas obligé d'écouter avec votre tête. Restez détendu, et la concentration viendra d'ellemême. Ce n'est pas de l'information que je vais partager avec vous tous. Il n'y aura pas ici de communication, mais plutôt une profonde communion entre vous et moi.

Autre chose - ne pratiquez pas ce que je prêche ici. Ha, ha, cela semble paradoxal?

Ce que je veux vous dire, c'est de ne pas prévoir de pratiquer quoi que ce soit.

Ne créez pas toute des suite un plan d'action, afin de ne pas vous limiter.

Autre chose, ne restez pas silencieux. Je veux que vous fassiez part de vos opinions et commentaires. Soyez comme l'écolier! Espiègle, curieux de la vie.

Ce n'est pas une idéologie que je vous donne. Je vous donne un système vivant, pratique, qui va transformer votre vie. Soyez donc attentifs.

Soyez interactifs.

Faites des commentaires.

Même les erreurs, ce sera très bien. Sautez avant de regarder!

Soyez ouverts, et même en laissant de côté vos

connaissances, vous recevrez ce que j'enseigne. (Soudain) Regardez, quelqu'un dort! (La classe reprend subitement ses esprits) Swamiji (riant malicieusement) : Non non, personne ne dort encore. J'ai dit cela pour réveiller certaines personnes qui sont presque endormies! Vous voyez, c'est ce qui arrive si vous m'entendez parler sans m'écouter vraiment, sans interaction!

Il y a deux façons dont je ne veux pas qu'on m'écoute : L'une, c'est en doutant.

Le doute, c'est la méthode de l'esprit intellectuel.

Trop de logique et trop de raison vous empêcheront de me recevoir en vous.

L'autre façon, c'est en croyant.

Si vous croyez en moi, vous êtes perdus. Ne croyez en personne, même pas en moi.

Si vous croyez, vous ne pratiquerez pas. Les gens les plus faibles sont les soi-disant croyants. Il faut beaucoup de courage pour vivre sans croyances. Ainsi on n'a pas besoin d'idée toute faite pour savoir comment penser ou comment agir.

Section 3

La foi et le doute sont les deux faces d'une même médaille : votre mental. À un niveau très profond, votre pire doute contient un peu de foi, et votre plus grande foi contient un peu de doute. Je vous assure!

Alors comment faut-il faire?

Il y a une troisième voie : cette voie, c'est d'écouter avec confiance.

La confiance c'est l'énergie, c'est la capacité de transposer les enseignements dans la vie courante. Si je dis le soleil se lève à l'Est, vous n'avez besoin ni de croire ni de douter - vous le savez. Ou, si vous ne l'aviez pas remarqué, vous le vérifiez le matin en vous réveillant : c'est une expérience! C'est l'attitude que j'attends de vous. Ayez donc confiance, pas foi. Prenez ce que je dis comme hypothèse, intégrez-le dans votre vie, et voyez vous-même si cela marche ou non.

Laissez tomber la médaille du mental!

(Les présentations sont faites) Donc nous nous sommes tous présentés les uns aux autres? Ou plutôt, nous avons essayé de nous présenter mutuellement, de tant de manières différentes… Maintenant voyons si nous sommes capables de nous présenter à nous-mêmes!

Disons que vous êtes docteur. La société vous appelle : « docteur ». Mais êtes-vous docteur? Êtes-vous un docteur? (faisant signe à un médecin présent dans l'assistance) Ce n'est pas vous qui êtes docteur, c'est votre profession qui est : « Docteur ».

Supposons que vous vous appelez Sita. Etes-vous une Sita? Non, c'est votre nom qui est Sita. Vous comprenez? Vous n'êtes pas une Sita. Vous n'êtes pas un Rama. Ce ne sont que des noms. Alors qui êtes vous? (voix dans l'assistance) Je suis l'atma (l'âme, le Soi)

L'atma? De quoi parlez-vous? Si je vous dis : tu es atma - comprenez-vous quelque chose à ce que je dis? Où avez-vous trouvé ce mot?

Au moins, avec le mot « Docteur », nous saisissons en partie la signification, mais nous ne savons rien d'atma. (rire) Vous voyez, on se prend ainsi au piège du monde extérieur, ou du monde intérieur.

Vous voulez qu'on vous identifie soit à docteur, soit à atma! De quoi est fait le monde intérieur?

De pensées!

Atma, jivatma, paramatma… tous ces mots sont glanés dans des livres - livres que vous n'auriez jamais dû lire pour commencer, d'ailleurs! (rire dans l'assistance).

Nous lisons tous ces livres, nous nous remplissons la tête de toutes sortes d'idées, et ensuite nous nous comportons stupidement.

Nous avons ici deux types d'expressions : l'une, ''je suis docteur", l'autre, "je suis atma".

Le badge que vous portez révèle à quel monde vous vous identifiez, celui de l'extérieur, ou celui de l'intérieur. Dites-moi, savons-nous quelque chose de l'atma? Nous ignorons tout autant si nous sommes docteurs que si nous sommes atma.

"Je suis atma" n'est pas une phrase qu'on répète! C'est une expérience qu'on fait.

Et je vous dis, n'ayez même pas cette illusion. C'est l'illusion de l'intellect, des intellectuels - des idiots instruits ! C'est le mot qui convient pour ces gens qui ont lu trop de littérature spirituelle et qui se pavanent en répétant "Je suis atma, je suis le Soi" - des idiots instruits !

Vous trouvez que je suis dur? Mais il n'y a pas d'autre moyen.

Vous voyez, je ne suis ici que pour briser des têtes : c'est la seule façon de faire, si vous c'est la vraie compréhension que vous recherchez.

Franchement, je ne suis pas là pour vous apprendre ce qu'est la méditation. Je suis là pour vous apprendre ce que la méditation n'est pas. Quand je vous aurai montré ce que la méditation n'est pas, vous tomberez tout naturellement en méditation! Pour apprendre ce qui est nouveau, on doit d'abord désapprendre beaucoup de choses.

Je ne vais pas répondre à vos questions, mais questionner vos réponses!

Pendant ces six jours je ferai voler en éclats toutes les idées que vous avez en tête.

L'homme du monde s'accroche à l'idée qu'il est médecin, mari, riche, etc. L'homme qu'on dit spirituel s'accroche à l'idée "Je suis l'atma". Dans les deux cas ce sont des idées, cela ne va pas plus loin que l'épaisseur de la peau. Vous prenez les mots "Je suis l'atma" dans un livre, dans un discours, dans la bouche de quelque guru - et vous vous mettez à y croire! Voilà ce qui s'est passé en réalité.

Il ne s'est rien passé de plus que cela, n'est-ce pas? Qui peut dire "Non, quelque chose de plus s'est passé en moi?"

(Voix dans l'assistance) Pas encore!

Pas encore… pas encore... Mais vous en avez entendu parler dans des livres, dans les textes? Vous l'avez entendu, mais vous n'en avez pas l'expérience.

Qu'est-ce que cela veut dire? Que vous avez mangé, mais que vous n'avez pas digéré.

Quand on a mangé sans digérer, qu'est-ce qui arrive? Ditesmoi.

Soit on a une indigestion, soit on vomit!

Au moins, si c'est une indigestion, vous êtes le seul à en souffrir. Si vous vomissez, alors d'autres que vous vont souffrir! (rires dans l'assistance)

Pour la plupart, parler n'est que vomir des idées. Nous

ramassons des idées que nous ne digérons pas, et les revomissons sur autrui. Les idées à moitié cuites nous donnent encore plus la nausée! Ne vous accrochez pas à ces deux idées… d'accord?

Venons-en à notre sujet : nous présenter nous-mêmes à nous-mêmes.

Donc, pour vous, vous êtes Rama, vous êtes Sita.

Tournez-vous vers l'intérieur, et demandez-vous Est-ce que je suis Rama?

Non! Ce n'est qu'une étiquette que la société vous a donnée.

Vous me comprenez?

Le mot juste est "étiquette".

Tout comme nous étiquetons les choses, les paquets, les maisons… de même, la société vous a étiquetés.

Vous n'êtes pas ce nom que vos portez.

Est-ce que c'est vrai?

Si quelqu'un ne peut pas accepter cette idée, si vous n'êtes pas d'accord, vous pouvez lever la main.

(Dans l'assistance) C'est vrai, Swamiji.

Hmmm…(il rit)

Alors, qui êtes vous? (désignant la personne qui a parlé) Qui êtes-vous?

Ceci, c'est à vous de nous l'expliquer, Swamiji!

(rire)

Ha ha ha ! Non, non, non! Moi je ne peux pas vous l'expliquer!

Donc en fait, nous ne savons pas qui nous sommes! Si nous reconnaissons que nous ne pas savons pas qui nous sommes, alors nous commençons à nous connaître.

Si nous savons que nous ne savons pas, nous savons au moins que nous ne savons pas. Au moins, cela, nous le savons. Mais si nous ne savons pas que nous ne savons pas, nous ne savons même pas que nous ne savons pas!

Oui?

(Dans l'assistance) Est-il nécessaire de savoir? Oui, c'est une belle question.

En réalité, si vous sentez que ce n'est pas nécessaire de savoir, c'est bien, et bon. Laissez tout tomber, soyez heureux. Toute la confusion s'arrête, vous êtes au repos.

(Dans l'assistance) Mais cela est-il possible? Vous voyez, c'est ce qui crée le problème! Elle a posé la bonne question : est-ce possible? En réalité, c'est impossible. Voyons. Vous vous asseyez ici et moi aussi, je suis là, tranquillement assis… Nous restons assis juste trois minutes : votre esprit restera-t-il tranquille? Vous allez au moins vous demander Qui est ce Swami? Comment il s'appelle? N'est-ce pas? Ou bien, si vous êtes seul dans la pièce, si vous trouvez

un vieux journal qui traîne par là, vous allez le prendre et le relire. Vous l'avez déjà lu, mais vous allez essayer de voir s'il contient quelque chose de nouveau! Vous allez vous demander si quelque chose vous avait échappé. (Dans l'assistance) On dit que l'esprit est comme un singe...

Oui. Je n'ai pas directement employé le mot "singe", mais c'est celui qui convient!

Nous sommes continuellement sur le chemin de la connaissance.

Nous ne pouvons pas rester sans connaître.

Si nous sommes heureux, si nous demandons pourquoi faut-il savoir? c'est parfait. Détendez-vous. Il n'y a plus besoin de savoir!

Mais, pour reprendre sa question, est-ce possible? Non.

Le buffle n'a pas ce problème! Est-ce qu'un buffle s'inquiète, se dit "Suis-je un buffle, ou suis-je l'atma?" Avez-vous déjà vu un buffle assis en train de se faire du

souci, de se gratter la tête, de se demander "Méditer ou non? Quelle voie choisir? Quel guru prendre?"

Non. Tout ce qui intéresse le buffle c'est manger, dormir, se vautrer dans la boue

Mais bien sûr, je n'ai pas dit que c'était une bonne voie pour vous!..

Chez l'être humain, la quête s'éveille d'elle-même. Ce n'est pas comme si vous étiez là à cause de vousmêmes.

Vous êtes là malgré vous.

Que cela soit bien clair.

Ne vous vantez pas en disant : j'assiste à des discours spirituels, je pratique la méditation, regardez toutes les expériences que j'ai déjà eues!

C'est très agréable, je sais, de rentrer chez soi et de se vanter comme cela, surtout devant sa belle-mère ou sa bellefille.

Mais ne l'oubliez pas : vous êtes ici malgré vous. Vous êtes ici parce que pour être en paix vous devez savoir qui vous êtes. C'est cette question vous tire jusqu'ici. À cause d'elle, les gens font la tournée des temples, ils vont voir swami après swami, ils lisent livre après livre, suivent cours après cours.

Qui parmi vous peut dire "Je me sens heureux sans rien savoir sur moi-même?"

Vous pouvez me contredire. Soyez ouverts, je vous prie.

(Dans l'assistance) Tout le monde ne se pose pas forcément la question…

(Une autre personne) C'est vrai.

Ah bon? Vous ne vous posez pas la question? Alors, à partir

de demain ne venez plus en cours! (éclat de rire) Vous pouvez vous détendre. Si vous n'êtes pas concernés, si vous êtes déjà à l'aise - c'est parfait, vous n'êtes pas obligé de faire de la méditation.

(Dans l'assistance) Supposez qu'un homme, dont la connaissance vaut 100 marks, souhaite arriver à 101 ou 102 marks… Supposez qu'on ait déjà un certain niveau, et qu'on veuille encore en savoir plus, on peut venir? Dans la vie spirituelle, il n'existe que deux catégories : soit vous savez, soit vous ne savez pas. Il n'y a pas de 100 marks ou de 120 marks. Dans le monde spirituel, il n'est pas possible de connaître à 70% et de ne pas connaître à 30%. Si vous voulez étudier quelque chose, si vous voulez rassembler des connaissances sur un sujet, vous pouvez le faire.

Mais connaître quelque chose est très différent de connaître tout court.

Connaître c'est faire l'expérience.

Pouvez-vous dire je connais 50% de l'odeur de cette rose ? Hmmm..?

Soit vous connaissez, soit vous ne connaissez pas, c'est tout. Il n'y a pas de troisième catégorie.

(Dans l'assistance) Mais Swamiji, combien se posent la question? Une personne sur un million? Deux sur un million? Que vous importe de savoir combien d'autres personnes se

posent la question? Tout ce que vous devez savoir c'est est-ce que moi je me la pose? La question est-elle en moi? C'est par cela que je me sens concerné. Chacun d'entre vous se pose-t-il la question? Je ne suis pas concerné par les masses. C'est à vous que je m'adresse. Donc, il y a deux façons d'écouter. En écoutant un discours médical, vous finissez par faire votre propre diagnostic pour voir si vous n'avez pas les symptômes de la maladie en question. Mais pour un discours spirituel, c'est pire : vous essayez de savoir si la personne qui est à côté de vous a les symptômes! Si l'orateur parle d'une maladie physique, et qu'il dit : si vous avez des douleurs aux genoux, c'est de l'arthrite, à coup sûr vous examinez mentalement vos jambes. Mais si l'orateur dit : Si un homme vit dans le Dharma, c'est un dharmatma, vous êtes tenté de regarder le voisin pour voir s'il mérite d'être appellé dharmatma! Surtout si je dis quelque chose de négatif, vous penserez très probablement ce n'est pas pour moi que Swamiji explique ceci, mais pour ceux qui sont dans la salle et qui font l'erreur.

C'est ainsi que nous écoutons, c'est ainsi que nous pensons. Vous pensez je sais tout sur moi-même, tous ces discours sont pour ces gens qui ne connaissent rien sur eux-mêmes.

Mais chaque fois que j'accorde cinq minutes à quelqu'un, la personne ne me parle que de ses soucis!

Si vous vous connaissiez clairement, auriez-vous des soucis? Voilà la balance qui vous permettra de savoir si vous vous connaissez vraiment ou non.

Et comme je disais, se connaître à 30% ou 50%, cela n'existe pas.

C'est tout ou rien.

(Dans l'assistance) Mais Swamiji, si nous faisons ce voyage pour nous connaître nous-mêmes, arrivés à ce point on peut posséder une connaissance partielle…

Laissez-moi vous dire. Dans une expérience spirituelle profonde il ne peut y avoir de voyage. C'est l'expérience d'un moment. S'imaginer qu'on voyage, qu'on se rend spirituellement quelque part, c'est simplement tricher avec soi-même.

Nous sommes incapables de faire un vrai saut dans la spiritualité, et nous ne sommes pas prêts non plus à reconnaître que nous n'y connaissons rien — quelle honte ce serait! Donc, pour flatter notre égo, nous créons nos propres philosophies : Je ne suis pas illuminé, mais au moins je sais tout sur la spiritualité! N'avez-vous pas assez triché avec vous-mêmes? Réveillez-vous!

Dans le premier chapître de la Bhagavad Gita, Arjuna Vishaada Yoga ou "Le Yoga de la peine d'Arjuna", c'est toujours Arjuna qui parle alors que Krishna demeure silencieux. Ce n'est que lorsqu'Arjuna finit par s'abandonner en disant "Je ne sais rien!" qu'il est finalement prêt à recevoir le message de Krishna.

Quoi que Krishna et Arjuna soient amis et camarades d'enfance, qu'ils aient eu l'occasion de vivre ensemble des centaines de situations plus favorables, la Gita ne fut pas révélée plus tôt à Arjuna.

Pourquoi?

Parce que jusque là Arjuna n'était pas assez mûr pour recevoir la Gita! Ce n'est qu'en prononçant les mots "Je ne sais pas" qu'il devint apte à la connaître. La condition fondamentale du progrès spirituel est la suivante : savoir clairement qu'on ne sait pas. C'est le premier pas à faire pour vraiment connaître.

Et donc pour ce jour nous terminons sur le bon commencement… Je vous remercie.

Swamiji, comment commence-t-on à connaître?

Haha! Ne vous souciez pas de cela pour le moment. À partir de demain, je vais vous guider sur toutes ces choses – comment, quand, et tout cela.

(Dans l'assistance) Mais mon égo doit d'abord s'abandonner… Vous n'avez pas besoin de vous prendre la tête avec toutes ces questions!

Avoir écouté tout ceci suffit. Demain je vous donnerai des techniques de méditation qui vont résoudre tous ces problèmes.

(à tous) À compter de demain, nous aurons des séances quotidiennes de méditation.

Je vais vous donner des techniques pour purifier et soigner vos énergies — physique, mentale et spirituelle. Portez des vêtements blancs, confortables. Et pas de

téléphones portables, je vous prie. Chaque jour, vous aurez un devoir à faire à la maison. Donc faites-le bien et apportezle moi!

(tout le monde rit)

Ce ne sont pas des devoirs comme les autres. Vous recevrez une idée sur laquelle vous travaillerez toute la journée, pour me faire le compte-rendu le lendemain. Faites-le sincèrement. Je suis sûr que vous êtes des gens intelligents? À vous maintenant de démontrer votre intelligence! Merci.

15 Avril : 2 e journée, L'interaction