52. Mystère, Tu es mon Maître
# Mystère, Tu es mon Maître
'C'est une devinette enveloppée à l'intérieur d'une énigme mystérieuse,' déclara magnifiquement Churchill à propos de la Russie, au cours de la seconde guerre mondiale.
Nous pouvons utiliser cette expression pour notre maître sans aucune réserve ! Il est le mystère d'une devinette enveloppée dans une énigme!
Je me rappelle l'époque où il donnait des commentaires sur les Shiva Sutra, qui sont d'anciennes écritures Hindoues aux travers desquelles Shiva répond aux questions posées par Devi, son épouse. C'était notre cinquième jour de discours sur les Shiva Sutra. Devi demande à Shiva, 'Qu'est-ce que la vie, la vie au-delà de la forme, pénétrant toute chose ?' Nous sommes assis devant lui, comme du temps des Upanishad, quand les disciples étaient assis aux pieds de leur maître.
Il n'y a ni ordre, ni chaos. Et même ni respect, ni insolence. Les hommes ne sont pas assis d'un côté, et les femmes de l'autre. Il n'y a ni papotage, ni silence. Il n'y a aucune question, que de simples doutes. Il n'existe point de désespoir, seulement l'acceptation. Des
gadgets électroniques d'un côté, la pratique des rituels de l'autre. Aucune avidité flagrante, aucune culpabilité. La colère n'est point visible, l'impuissance non plus. C'est une assemblée bigarrée, composée de gens de sexe, d'âge, de profession et d'intérêts différents, tous présents dans le seul but d'écouter le maître exposer les vérités éternelles.
Le maître est assit, un sourire aux lèvres, énigmatique tel le sphinx. Qui est-il ? Est-il le père, la mère, le fils, le frère, l'ami, l'amant ou un imposteur ? Nous savons qu'il aimerait qu'on le considère être un imposteur, cela rendrait la confusion plus totale. Est-il toutes formes contenues dans une forme unique ? Il peut être le redoutable Shiva, il peut aussi être le nectar de Krishna. Est-il meilleur sous la forme d'un terrible cauchemar où sous la forme d'un doux fantasme ? Parfois, il réprimande, les yeux remplis de colère. Chacun reste en silence. Puis la grimace se transforme en un large sourire, Shiva se transforme en Krishna. Mes yeux se remplissent de larmes en écrivant ces lignes, qu'y a-t-il à dire sur sa présence ?
Il représente toutes les formes, et l'absence de forme également. Il refuse qu'on le mette dans un cadre, qu'on le transforme en pierre, qu'on l'adore sous la forme d'une image. Sinon, il deviendrait un maître mourrant entre les mains des fantasmes de ses dévots. Il préférerait être 'simha swapana', le cauchemar qui nous éveille et nous conduit à la sagesse, il préférerait être le bout du bâton Zen qui nous pousse à l'état d'éveil, plutôt qu'être un support sur lequel nous pouvons nous reposer. Il communique avec nous sur des plans et des niveaux différents, et nous laisse instable et confus, ce qui nous fait perdre toute assurance. Plutôt que nous laisser le formater dans un cadre qui le figerait et figerait notre être.
Le maître est au delà des formes, au delà de toutes dimensions. Il n'est pas uni, bi, tri ou multidimensionnels. Ses dimensions ainsi que ses formes sont infinies, pour ainsi dire, infiniment dimensionnelles.
Il nous dit:
'Je suis différent pour chacun de vous. La manière dont j'agis avec une personne dépend du besoin de l'être de cette personne, il se peut même que cette personne ne comprenne pas cela. Ne discutez pas entre vous de la manière dont je vous traite et travaille avec vous individuellement et personnellement. Cela ne créera que la confusion et les quiproquos.
N'essayez pas de me mettre dans un cadre. 'Oh, tu es Krishna, tu es Shiva, tu es Mère etc'. Je ne permettrai pas que l'on me mette dans un cadre. Dès l'instant que vous me mettez dans un cadre, je meurs. Je suis un maître vivant. Je change à chaque moment. N'essayez pas de prédire mes actions, mes paroles, mes pensées ou vous n'obtiendrez que la souffrance. Figé dans un cadre, mère ou amant, il est très facile pour vous de me garder en captivité. Ainsi, je suis plus facile à commercialiser. C'est un bon business pour moi, mais ce ne l'est pas pour vous.
Je veux que vous soyez confus afin que vous atteigniez l'illumination. Je veux que vous mouriez afin de renaître. Venez à moi avec votre ignorance, il est de mon devoir de vous montrer le chemin. N'hésitez pas à tomber dans mes bras avec amour, vous vous envolerez dans la félicité avec moi.'
Nous sommes si habitués à tomber dans la boue que nous hésitons. S'envoler dans la félicité n'est pas notre nature telle que nous l'entendons. Nos anxiétés ainsi que nos peurs nous influencent, créant des cauchemars et des fantasmes.
Ce que le maître dit a un sens bien plus profond que cela en a l'air. Il veut que chacun soit neuf à chaque instant, comme lui. Il veut qu'on le savoure ici et maintenant. Les gens s'inquiètent de savoir quand ils le verront de nouveau alors qu'ils sont encore en sa présence. Il dit, ' Quelle sottise ! Contentez-vous d'apprécier ma présence. Vous soucier de savoir quand vous allez me revoir, vous fait rater l'opportunité d'être dans la joie de l'instant présent. Saisissez ce moment. Soyez !'
Le travail du disciple n'est pas d'élucider le mystère du maître, ni même d'essayer de le comprendre, car l'entreprise est vouée à l'échec.
Il lui suffit d'être, et d'apprécier la félicité de l'instant.
Il fit ces déclarations lors du voyage dans les Himalayas en 2OO5, alors qu'il exposait la relation maître-disciple:
'Qui est le maître, le gourou ? Le gourou est un être chez qui Nithya Anandala félicité éternelle- est exprimée, il crée et transmet une formule ainsi que l'espace nécessaire à chacun pour faire la même expérience – sans le besoin d'une formule ou d'un espace pour cela. Depuis des temps immémoriaux, la tradition gourousishya parampara (la relation maître-disciple) a perdurée dans les Himalayas. C'est la relation la plus ancienne qui existe.
C'est aussi la dernière relation avant l'illumination. Avant la religion et la culture, les humains étaient comme des animaux, des barbares. Toute civilisation commença avec l'avènement de la relation maître-disciple. Même les maîtres qui enseignèrent qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un gourou, comme J.Krishnamurthy, devinrent gourous eux-mêmes ! Toute connaissance (et pas seulement la connaissance spirituelle), nécessite un gourou, quelqu'un qui puisse nous guider de l'obscurité à la lumière, de l'ignorance à la connaissance.
De nos jours, les gens ont tendance à remettre en question la nécessité d'avoir un maître spirituel, mais ils ne contestent pas les autres types de maîtres. Les gens respectent ceux qui enseignent un savoir-faire qui leur permet de gagner de l'argent, mais les maîtres spirituels deviennent optionnels. La spiritualité n'est pas une option, ni une pratique ésotérique, ou magique, que l'on ne peut pratiquer. La spiritualité est un état dans lequel nous sommes mentalement et physiquement en parfaite santé et heureux, nos rapports avec les autres sont productifs et fructueux et nous sommes conscients de ce que nous faisons à ce moment précis. Cette conscience nous rend spontanés, nous maintient dans le présent, et nous rend responsable de nos pensées et de nos actions. Chaque individu devrait atteindre cet état dans son propre intérêt et dans l'intérêt des gens autour de lui.
Si vous comprenez cette vérité et respectez la connaissance spirituelle, vous ne remettrez plus en question la nécessité d'avoir un maître spirituel. L'homme a besoin d'un maître. Choisir un maître spirituel ou une personne illuminée en tant que gourou est votre choix. Si vous n'êtes pas guidé par votre maître, quelqu'un d'autre vous guidera et si cette personne n'en n'est pas capable, alors vous souffrirez.