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49. Comment l'environnement d'un Ashram peut-il aider l'évolution spirituelle ?

# Comment l'environnement d'un Ashram peut-il aider l'évolution spirituelle ?

La famille de Paramahamsa était l'une des grandes familles unies de Tiruvannamalai. Il y avait bien plus de 20 familles vivant ensemble dans une grande maison qui s'étendait sur près deux acres dans l'agglomération.

Paramahamsa déclare:

'Les gens me demandent maintenant pourquoi je possède des ashrams. A quoi cela sert-il de vivre dans un ashram, en tant que communauté ? Quelle différence y a t-il entre vivre dans un ashram et vivre dans une grande famille ?'

Il nous faut concevoir l'être humain en tant qu'être conscient, et non comme une utilité sociale. Si vous êtes médecin, votre être n'est pas médecin. Le maître essaie de vous aider à récupérer votre espace intérieur, votre être. Vous êtes plus qu'un médecin, vous êtes votre espace intérieur. Dans son ashram, Paramahamsa aide les gens à retrouver leur espace intérieur. En comparaison à cet espace intérieur, l'espace extérieur dans lequel nous évoluons, semble petit et insignifiant.

La vie extérieure n'est qu'une partie de notre vie. Il se peut que vous posiez la question suivante, 'Pourquoi ne puis-je pas atteindre cet état chez moi ? Pourquoi un ashram est-il nécessaire ?'

Votre maison est basée sur les concepts de la société. Elle vous fait oublier la vérité. L'idéologie de l'espace intérieur est l'épine dorsale de l'ashram, son ambiance, sa structure, tout en elle projette cette

idéologie. Ni vos amis, ni le maître ne vous laisseront oublier cela. Après avoir rencontré le maître et entendu son discours, nous sommes d'humeur très positive à la maison pendant dix jours.

Puis la société prend le dessus sur nous, l'asservissement se rétablit. Le langage du corps est la nourriture de l'esprit. Il est très important que le langage du corps des gens avec lesquels nous évoluons nous garde sur la bonne voie. A l'ashram, la nourriture est positive. Les gens avec lesquels nous sommes, nous aident à surmonter nos faiblesses au lieu de les exploiter. Ils ne nous jugent pas, ni ne nous critiquent. La société d'un autre côté nous juge constamment, elle nous punit.

L'ashram propose une réalité plus élevée. Bouddha parlait de suivre Bouddha (le maître lui-même), sanga (la communauté créée par le maître) et dhamma (les enseignements du maître) dans le but d'atteindre la vérité ultime de l'Existence. Sanga, impliqué par la vie de l'ashram, procure l'environnement propice à la voie de la sagesse. Même si nous n'arrivons pas à nous rappeler de notre voie, sanga, la communauté, l'ashram, nous le rappelle. Quelqu'un autour de nous nous rappelle constamment les idéaux élevés que nous nous sommes fixés. Nous avons à notre disposition un lieu agréable pour notre croissance spirituelle. Dans le monde extérieur, les gens nous dérangent et peuvent être des obstacles qui nous détournent de notre voie spirituelle. Alors qu'à l'ashram, les gens nous encouragent à atteindre la vérité.

Les êtres humains ne peuvent vivre isolés. Aucun homme n'est une île isolée, avait déclaré John Donne. L'être humain est un animal social. Si on nous rappelle constamment les vérités les plus élevées, nous finissons par les vivre, et les rayonner. Sanga nous aide à acquérir la félicité et à la rayonner. C'est la raison pour laquelle on crée des ashrams.

Les ashrams sont des épicentres de vibrations puissantes de félicité, ces vibrations permettent à l'espace intérieur de changer, tout ce que nous avions bâti auparavant est brisé et remis à niveau.

Quand on s'assied aux pieds du maître, tous les doutes sont dispersés et l'énergie pour réaliser les désirs qui nous permettent d'atteindre des niveaux spirituels plus élevés est créée. Il est facile d'aimer un maître, mais il est plus difficile d'aimer son prochain. A l'ashram les gens apprennent à s'aimer mutuellement sans conditions ni raisons. La félicité est partagée indépendamment du maître.

L'ashram est une famille unie idéologiquement. Ce n'est pas une relation asservie par les liens de sang. C'est une connexion émotionnelle et idéologique profonde. La vie de l'ashram est un mode de vie qui nécessite de la maturité. Il ne s'agit plus d'une théorie mais d'une réalité qui doit être exprimée et expérimentée.

Il n'est pas nécessaire de renoncer au monde ni à la vie matérielle pour faire partie de la communauté de l'ashram. Dans les ashrams de Paramahamsa à travers le monde, des couples et des familles vivent en harmonie, poursuivant un rêve commun tout en suivant en même temps leur vocation. C'est une famille jointe non par le sang, mais par la conviction et le lien au maître. C'est un lien qui est bien plus fort que les liens de consanguinité.

La vie d'ashramite exige une bonne maturité. Il faut être relativement sans ego pour arriver à coexister avec les autres sur un mode d'égalité parfaite. C'est un environnement où chacun compense la faiblesse de l'autre et partage sa force avec les autres. Il n'y a aucune obligation de faire ce qui nous est demandé. Il se peut que certaines personnes fassent tout le travail et d'autres ne fassent rien. La tolérance, la compréhension et l'acceptation de l'autre conduit à la compassion. Ce qui nous permet de comprendre que 'le monde entier est notre famille', Vasudeva Kutumubaha (la famille du Seigneur Krishna), comme Krishna l'avait dit.

Vivekananda déclara, dharma chakra, (la roue de la vertu) est en mouvement. Tout ce qu'il vous faut faire, c'est vous tenir debout à côté d'elle pour bénéficier de son mouvement.' L'environnement de l'ashram vous permet de faire partie du mouvement du chakra perpétuellement.

Une aversion pour l'hypocrisie de la société

Le départ

La grand mère paternelle de Paramahamsa avait à peu près 104 ans quand elle mourut, à cette époque, il avait à peu près 12 ans. Cette femme, qui s'appelait Kannamma, n'avait jamais eu d'enfant. Un des oncles de Paramahamsa prenait soin d'elle. L'oncle et son épouse n'étaient pas très heureux de s'en occuper et trouvait toujours une excuse pour ne pas lui rendre service, car elle était difficile et très déplaisante. Elle était très avare bien qu'elle fût riche. Elle demandait souvent à Paramahamsa de lui acheter du tabac et quand le garçon lui demandait l'argent, elle l'envoyait voir son père. Cette femme âgée était même réticente à donner de l'eau du puit commun qui se trouvait dans la maison à ses voisins quand il y avait une sécheresse. Quand elle mourut, aucun membre de la famille ne versa de larmes!

La personne qui prenait le plus soin d'elle était le médecin du quartier, qu'elle traitait de la façon la plus vile. Elle avait même refusé de lui donner de l'eau dans le passé. Toutefois, il s'occupa d'elle avec grande compassion jusqu'à sa mort. Un peu avant que les proches de la défunte n'arrivent, les femmes de la maisonnée se changèrent et se vêtirent de saris bon marché et rangèrent tous leurs bijoux. Aussitôt que les invités arrivèrent, elles commencèrent à gémir. Une fois la cérémonie des lamentations terminée, comme un simple rituel, elles reprenaient leurs discussions superficielles, et offraient des rafraîchissements et du café aux proches de la défunte. A chaque fois qu'une nouvelle vague de parents arrivait, elles recommençaient à pleurer. Paramahamsa fut choqué et surpris face à l'hypocrisie de tout cela.

Le corps était toujours dans la maison et les proches continuaient à appeler la famille pour faire leurs condoléances. Les membres les plus proches de la famille rentrèrent dans la chambre privée de

Kannamma et se dirigèrent vers son lit sous lequel se trouvait la boîte dans laquelle elle gardait tous ses bijoux. Vingt-sept familles vivaient sous le même toit, chaque famille revendiquait les bijoux ainsi que les autres biens. Elles commencèrent les négociations et le marchandage avant même que le corps ne se soit refroidi. La famille fit appeler le bijoutier pour expertiser et estimer la valeur des bijoux.

Section 2

Ce jour là, Paramahamsa perdit tout le respect qu'il avait pour sa famille ainsi que son conditionnement social. Il commença à rire de toutes ses forces de leur comportement. Un de ses oncles essaya de le frapper pour arrêter son rire, car il pensait que le garçon devenait hystérique à cause du choc émotionnel. Il lui attrapa la main et déclara que s'il essayait de le frapper de nouveau, il annoncerait à la foule ce que les membres de la famille s'apprêtaient à faire, c'est à dire les négociations, le marchandage et le partage du butin avant même que la crémation n'ait lieu. Sa mère demanda à l'oncle de faire attention à son fils, car il était capable de mettre ses menaces à exécution. Elle essaya de le persuader d'aller manger afin de le détourner de ses intentions. Puis les parents proches se déchirèrent pour savoir qui allait payer les funérailles. Le père de Paramahamsa, un homme doux et innocent, avait horreur des disputes. Sans hésiter, il prit la responsabilité et les frais à son compte afin d'éviter toute dispute à ce sujet.

Profondément dégoûté, Paramahamsa prit son livre de la Bhagavad Gita et commença à chanter des versets devant le cadavre. (Il avait déjà eu sa première expérience spirituelle à cette époque). C'était probablement la seule action qui permit à l'esprit de la vieille femme de partir en paix au milieu du drame qui se déroulait dans ce lieu.

Il nous dit plus tard:

Ce fut la première mort consciente qui se produit en ma présence.