28. Yogi Ramsuratkumar -Visiri Swamigal
# Yogi Ramsuratkumar -Visiri Swamigal
Très jeune, Paramahamsa se lia d'amitié avec un grand nombre de sages. L'un d'eux, Saakkupai Swami, ne s'habillait que de toile de jute (que l'on appelle saakkupai en langue Tamoule) et dormait dans le temple. Les enfants avaient peur de lui et l'évitait. Un jour, Paramahamsa alla le voir et lui demanda comment il pouvait concevoir Arunachala comme une forme humaine. Saakkupai Swami rit et dit, 'Ne te moque pas de moi, vas-t-en, vas-t-en'. Paramahamsa effrayé, partit en courant. Quand il se retourna pour voir ce que faisait le Swami, il fut surpris de le voir se prosterner dans sa direction.
Après cet incident, à chaque fois que Paramahamsa le rencontrait, Saakkupai Swami lui lançait des bonbons et des sucreries bien qu'il n'allait pas dans sa direction. Paramahamsa pensait que cet homme était fou. Un jour, Paramahamsa lui lança une pièce d'une roupie. Il répondit qu'il n'avait pas besoin d'argent, alors Paramahamsa lui demanda s'il pouvait lui amener à manger. Saakkupai Swami lui répondit, 'Non, apporte-moi plutôt des beedis' (des cigarettes locales constituées de feuilles de tabac roulées). Paramahamsa lui apporta donc un paquet de beedis qu'il garda à ses côtés. Rapidement, un chien passa par là et s'enfuit avec les cigarettes. Saakkupai Swami demanda au garçon de suivre le chien.
Le chien partit en courant et s'arrêta devant Yogi Ramsuratkumar, que l'on connaît plus couramment sous le nom de Visiri Swamigal,
et posa le paquet de cigarettes à ses pieds. Visiri Swamigal commença à fumer un beedis.
Visiri Swamigal était assis au milieu d'un tas d'ordures qu'il avait récupéré au pied de l'immeuble adjacent de Thermutti, où le char du temple était garé. Ce Swami était un maître illuminé, célèbre et très apprécié à Tiruvannamalai. Il était contemporain à Bhagawan Sri Ramana Maharishi. Visiri Swamigal se tourna vers Paramahamsa et lui demanda s'il était envoyé par Saakkupai Swamigal. Paramahamsa lui expliqua comment il était arrivé là et comment il avait fait la connaissance de Saakkupai Swamigal. Visiri Swamigal apprécia immédiatement le jeune garçon et ils devinrent amis. Au bout de quelques jours, Visiri Swamigal offrit une beedi à Paramahamsa. Il refusa, sachant que fumer est une mauvaise habitude. Qui sait, il aurait peut-être atteint l'illumination instantanément s'il avait accepté l'offre du mystique !
Il était courant que les gens rendent visite à Visiri Swamigal pour lui poser des questions concernant leur avenir. Sur le chemin de l'école, les écoliers s'arrêtaient pour lui demander ce qui allait se passer à leurs examens. Ils arrivaient rarement à obtenir une réponse du mystique intriguant. Un jour, alors qu'il se rendait à l'école, Paramahamsa s'arrêta pour lui demander s'il allait réussir son examen avec succès. Il reçut cette réponse: 'Tu réussiras l'examen de la vie, mon garçon !' Paramahamsa ne comprit pas le sens de ces mots. Une femme qui était assise non loin lui dit, 'Vas, mon enfant ! Tu ne peux pas comprendre le sens de ces mots maintenant, mais tu-t'en rappelleras plus tard !'
L'enfant avait l'habitude de méditer dans certains des cimetières les plus célèbres de la ville sainte de Tiruvannamalai. Il y a deux ans de cela, aux premières heures du jour à Tiruvannamalai, alors qu'un petit groupe d'entre nous marchait avec lui, il nous guida dans des cimetières puis nous montra précisément les différents endroits où il s'asseyait pour méditer. Il nous montra du doigt une énorme tombe et demanda, 'Voyez-vous cette tombe là-bas ? Ce lit à deux places. C'est à cet endroit que Yogi Ramsuratkumar avait pour habitude de s'asseoir. Je me cachais non loin pour le regarder tout en profitant du mysticisme qui émanait de lui. Il me chassait en disant, 'Ce n'est que moi, vas t-en !'
Il se rappela du jour où il rentrait à la maison après avoir fini sa méditation dans un cimetière, il vit un homme au milieu du passage, prosterné en direction d'Arunachala: une pratique assez courante à Tiruvannamalai. Il attendit que l'homme se redresse afin de poursuivre sa route. L'homme ne se releva jamais. Paramahamsa se rendit compte qu'il avait à faire à un cadavre. Sans être perturbé, il sauta par-dessus le corps et continua sa route. Son zèle spirituel ne laissait aucune place à la peur, à la douleur ni à aucune sorte d'émotion qui pourrait éventuellement retarder sa progression dans sa recherche de fusion avec le Divin.