16. Des présages du futur
# Des présages du futur
Le Bhagavatam est l'un des plus grands récits épique de la mythologie Hindoue. Avant de commencer son récit, le sage Vyasa dit à Krishna: 'De qui d'autre que vous puis-je me rappeler avant de commencer votre histoire, l'histoire du Divin !' De la même façon, alors que nous débutons cette histoire, l'histoire d'une incarnation, rappelonsnous de cette énergie qui atterrit sur cette planète sous la forme de Paramahamsa Nithyananda.
Il nous dit une fois, 'Quand je parle de ma naissance et de ma vie, je ne sais pas du tout comment je vais m'exprimer. Je ne sais pas du
tout comment CELA va s'exprimer. Moi aussi, je ne peux que m'incliner devant cette énergie, comme vous tous et la laisser travailler de la façon qu'elle le désire.'
La naissance de Paramahamsa fut consciente. Il n'existait aucune différence entre l'expérience, celui qui expérimente, et la chose expérimentée, tout était un.
Il n'y avait pas de dualité, l'expérience fut comme l'obscurité qui couvre l'obscurité, la lumière qui couvre la lumière, la Conscience pure, l'énergie vivante, l'attention pure, satchit ananda. La Conscience pure est comme cela. Elle est vivante (sat), elle sait qu'elle est vivante (chit), et elle est dans la félicité d'être vivante (ananda), ceci est la définition de satchitananda.
Dans ce contexte, Paramahamsa a parlé de l'expérience qu'il eut avec un naga sadhu dans la région d'Uttar Kashi, durant son parivrajaka. Ce sadhu ne disait jamais rien. Paramahamsa demanda au sadhu de lui enseigner quelque chose, mais le vieil homme n'ouvrit jamais la bouche. Un jour, le sadhu fit ses préparatifs pour partir. Paramahamsa lui demanda la permission de l'accompagner. Le sadhu lui fit signe que 'non'. Il lui donna la pipe qu'il avait l'habitude de fumer. Paramahamsa dit: 'La pipe pourrait bien être égarée, mais vos mots ne le seront jamais, s'il vous plaît, dites-moi quelque chose. Quoique vous disiez, je l'honorerai comme on honore un mantra, comme un chant, même si vous me traitez d'imbécile !'
Alors, le sadhu dit, 'deham naham, koham soham' et se prépara à partir. Cela signifie, 'Je ne suis pas le corps, qui suis-je ? Je suis le Tout.' Paramahamsa reçut cela comme une bénédiction. Il dit au sadhu, 'S'il vous plaît, expliquez-moi ce que vous voulez dire, j'ai besoin de digérer et d'intérioriser ce que vous venez de dire.'
Le sadhu souffla un anneau de fumée en direction du jeune homme et dit, 'Voilà pourquoi je n'ai jamais rien dis auparavant. Si je dis une parole, tu vas me questionner plus, tout comme tu le fais à présent.'
Soudainement, il vint à l'esprit de Paramahamsa qu'il était vivant, qu'il savait qu'il était vivant, et qu'il jouissait d'être vivant, il comprit la signification de satchitananda. Satchitananda est l'état de samadhi où il n'existe plus que la conscience, pas seulement sat, la vérité d'être vivant, mais chit, la conscience d'être vivant, et ananda, la félicité d'être vivant. Même dans le sommeil profond, nous sommes vivants,
Un Paramahamsa apparaît
nous sommes en sat, mais contrairement à l'état de samadhi, nous ne sommes pas en chit ni en ananda.
Paramahamsa décrit sa naissance comme une séquence de trois scènes, de trois kshana (une mesure de temps). La première scène fut la perception d'une lumière, une flamme qui émane d'un lieu en Inde du Sud. La seconde scène fut lui-même, sous forme d'énergie, flottant dans cette lumière. La troisième scène, fut la vision de la conscience d'Arunachala, l'endroit, la montagne et la déité de Tiruvannamalai. Il sut qu'il était arrivé.
Lorsqu'un esprit quitte un corps pour entrer dans un autre, il dispose de trois kshana pour le trouver. L'esprit entre dans un nouveau corps juste trois kshana avant que le corps ne soit mis au monde, trois kshana avant que le corps ne quitte celui de la mère. Jusque là, le corps de l'enfant fait partie de l'énergie de vie de la mère. Jusque là, il n'a lui-même aucune énergie individuelle.
Ces trois kshana sont les trois scènes décrites pas Paramahamsa comme étant les scènes qui ont précédées sa naissance. Kshana, dans le concept Hindou du temps, n'est pas un temps chronologique mesuré par les mouvements d'un pendule. Kshana est le laps de temps qui existe entre deux pensées et qui varie selon les individus en fonction de leur état d'esprit.
L'esprit choisit un corps en fonction de ces samskara passés. Dans le cas des êtres illuminés qui n'ont aucun karma résiduel, c'est l'Existence, Parasakti, qui décide où ils vont. Dans le cas de tous ceux qui ont encore des samskara, ce sont les samskara passés, les mémoires enfouies, et les vasana, la configuration mentale née de ces samskara, qui décident du prochain corps, des prochains parents, du prochain lieu de naissance et de la vie suivante. Le nouveau corps naît avec son prarabda karma qui est la force qui le guide à travers la vie et qui résulte de ses vasana passées.
La mémoire des vasana s'efface quand l'esprit quitte le corps à travers la couche d'énergie du corps causal qui correspond au moment où il entre dans le coma: l'esprit perd la mémoire de l'intention avec laquelle il a quitté sa demeure précédente. Il oublie son prarabda karma. Une naissance consciente permet à la mémoire d'être retenue, elle permet à la personne de se rappeler du but de sa vie présente. Lorsque l'on se souvient du prarabda, il est possible de le changer, tout ce qu'il faut, c'est en être conscient.
On dit que Bouddha marchait quand il est né. Ce que l'on veut dire par là, c'est qu'il était pleinement conscient au moment de sa naissance. Il était conscient de son prarabda karma. Tout comme Paramahamsa. Paramahamsa dit qu'il travaille actuellement sur des techniques qui vont permettre le processus de naissances conscientes. Il est né sous les bons auspices de l'étoile nakshatra, appelée aussi chitra, l'étoile 'brillante', le dix-huitième jour du mois du Margazhi, le huitième jour ashtami de la lune montante. Le chiffre 18 a toujours été auspicieux dans les calculs Hindous. La Bhagavad Gita possède 18 chapitres, tout comme beaucoup d'autres écritures.
Lorsqu'une telle énergie auspicieuse descend sur Terre, la Terre et toute l'Existence célèbre. C'est pourquoi on dit que les Dieux et les Déesses célébrèrent la naissance de Krishna.
Le premier janvier, le monde entier célèbre le nouvel an !
C'est comme si un trou était percé dans la couche de la conscience collective afin que l'énergie puisse atterrir. Une telle porte ouverte peut être ainsi utilisée par l'énergie pour s'introduire dans la conscience collective. C'est pourquoi l'anniversaire d'un maître est si auspicieux et est célébré en tant que Jayanthi, qui signifie: il est venu, il a visité cette Terre, il est parti. Méditer sur l'énergie sans forme du maître ce jour là peut octroyer une expérience de la conscience collective. En 45 minutes, ou deux muhurta, Paramahamsa était complètement conscient d'être dans son corps. Il était conscient de tout ce qui arrivait autour de lui. Il perçut toute l'expérience comme une expérience pleine de joie.
J'ai demandé à sa mère comment s'était passé l'accouchement. Elle sourit et dit: 'C'était un gros bébé, mais l'accouchement fut sans douleur.'
Paramahamsa atteint l'illumination exactement 22 ans après être entré dans le corps, rompant ainsi la fine cordelette qui le retenait encore à la planète. Durant 22 années, il visitait les gens sur cette planète de manière détendue et consciente. Il était graduellement en train de perdre le petit guna sattvic dont il avait été pourvu à la naissance, grâce au tapas (les austérités) et au parivrajaka (le voyage) que l'Existence lui assigna.
Section 2
Paramahamsa est né dans la communauté des Saiva Vellalars, une communauté de gens religieux du Tamil Nadou. Les gens de cette communauté ont quatre titres de castes, les Narayanar, Chettiar, Mudaliar, et Pillaimar. Alors que nous passions en revue son arbre généalogique, nous avons été porté à confusion par différents ancêtres ayant différents titres de caste. De plus, ces titres de castes utilisés par les Saiva Vellalars étaient également utilisés plus communément par d'autres groupes de castes.
Selon ses parents, le second enfant ne pleura jamais à la naissance, son esprit était si détendu que le docteur dut le tapoter pour s'assurer qu'il était bien vivant ! Aucune souffrance ne fut ressentie dans la naissance de cet être. A la vue du poids et de la taille de la mère, le docteur s'attendait à la mise au monde de jumeaux, et le bébé justifia cela en pesant 4,5 kg !
L'enfant est né sous la configuration astrologique de Kanya rasi et Kanya lagnam (soleil et lune dans le signe de la vierge), normalement indicatif d'une fille. Lorsque le prêtre de la famille dressa l'horoscope du bébé, il constata que les étoiles et les planètes étaient alignées de manières exceptionnelles, il n'avait jamais vu cela en tant qu'astrologue. Après des études et une consultation plus approfondies afin de s'assurer qu'il ne faisait pas d'erreur, le prêtre déclara que l'enfant allait devenir un raja sanyasi 'un roi parmi les sages'. Le prêtre se considéra béni d'avoir pu dresser le thème astral de l'enfant, et il arrêta sa pratique immédiatement après avoir prédit l'avenir de l'enfant.
Les parents de Paramahamsa n'étaient pas très contents de cette prédiction.
Peu importe combien une famille respecte les saints et révère les saints hommes, aucun parent ne veut que son enfant ne devienne moine, et cela fut le cas des parents de Paramahamsa. Ils n'avaient aucun désir de voir leur fils devenir moine et renoncer au monde matériel. Tout comme les autres parents, ils désiraient une descendance à leur famille à travers la progéniture de leur enfant, et étaient quelque peu embêtés de constater que cela ne se produirait peut-être pas.
Ils demandèrent au prêtre si une telle éventualité pouvait être prévenue grâce à des rituels ou une intervention religieuse. Le prêtre confessa
qu'il ne connaissait aucune méthode qui pourrait empêcher sa prédiction de se produire. Cependant, il suggéra de ne pas parler de ces prédictions à l'enfant, dans l'espoir de reculer l'inévitable le plus longtemps possible.
Plusieurs années plus tard, le grand père de Paramahamsa, Kumaraswami Chettiar avait rencontré un maître illuminé et avait eu une expérience spirituelle. Lorsque cet homme décida d'abandonner la voie du matériel, il jeta toutes ses possessions par la fenêtre, bijoux inclus, pour que les passants puissent les récupérer. Il quitta sa maison et alla vivre près d'un site de crémation, appelé Bhoomandakolam, à Tiruvannamalai. Plus tard, il partit en pèlerinage à Varanasi et mourut là-bas.
Un mendiant errant vint demander l'aumône à la maison de Kumaraswami. Alors que la maîtresse de maison préparait de la nourriture pour servir l'ascète, quelqu'un à l'intérieur de la maison cria sarcastiquement que les personnes valides feraient mieux de travailler et gagner de l'argent plutôt que de mendier. Le saint homme sortit de la maison sans accepter la moindre nourriture et déclara en partant que dans cette maisonnée, au moins une personne dans chaque génération finirait par mendier.
La naissance de Paramahamsa enleva le mauvais sort jeté sur cette famille plusieurs générations auparavant par ce sanyasi errant. Il est dit que la naissance d'un maître illuminé efface le karma de ses ancêtres et de sa lignée pour sept générations avant et après sa naissance.
La femme de Kumaraswami Chettiar disait que Paramahamsa était l'incarnation de Kumaraswami lui-même. Kumaraswami avait l'habitude de porter un grand rudraksh mala avec un kandi, ce qui était une tradition familiale, symbolisant un grand penchant spirituel. Paramahamsa dit que cet homme vécut comme un Paramahamsa, une âme réalisée, et que c'est pour cette raison qu'il put quitter toutes ses richesses sans le moindre regret. La fille de Kumaraswami, Dhanakoti Ammal, appelait Paramahamsa Jnana Pandita, le sage érudit.