11. La purification du Paramahamsa
# La purification du Paramahamsa
Durant toutes ses années de parivrajaka, le corps de Paramahamsa se dirigeait là où ses pensées le menaient. L'énergie de ses pensées le conduisait naturellement à l'action. Il n'y avait jamais d'inaccomplissement.
Vous me demanderez: Que voulez-vous dire par inaccomplissement ?
Lorsque ce que nous désirons est pleinement satisfait et lorsque aucune trace de ce désir ne subsiste insatisfaite, tous nos samskara associés à ce désir et à cette expérience sont dissous, réduits en cendre et éliminés. Il ne reste plus rien en nous, aucun bagage, aucun désir, il n'en reste aucun résidu.
Imaginez que votre être soit un sac de graines. Toutes les graines qui sont à l'intérieur représentent les bija karma, des graines de désirs et de vasana (qui sont à l'origine de nos attitudes mentales). Lorsqu'elles tombent, le sac commence à s'affaisser. Dans notre cas, si nous nous sentons affamés, nous mangeons même sans être conscient de ce que nous mangeons. La plupart du temps, nous ne mangeons pas parce que nous avons besoin de manger ou parce que le corps à faim, mais parce qu'il est l'heure de manger ou parce que nos amis ou notre famille veulent que nous mangions. L'acte de manger se passe inconsciemment, sans attention, souvent sans un réel besoin. Il n'est pas étonnant que nous nous sentions fatigués après avoir mangé, alors que l'énergie de la nourriture est sensée nous donner du tonus !
Lorsque nous mangeons, nous nous concentrons rarement sur la nourriture. Nous faisons autre chose: nous parlons, nous regardons la télé, nous lisons le journal et si nous n'avons rien d'autre, nous passons en revue ce que nous avons fait plus tôt dans la journée. Quoique nous mangions, peu importe la quantité, lorsque nous mangeons comme cela, sans attention, nous demeurons insatisfaits. Nous mangeons sans satisfaction, sans nous sentir exaucés et sans
dissoudre notre samskara. Pratiquement toutes les activités auxquelles nous nous adonnons s'effectuent de la sorte. Lorsque nous pratiquons une activité, notre esprit est occupé à faire autre chose. Souvent, nous faisons plusieurs tâches en même temps, sans nous concentrer sur une activité en particulier.
On demanda à un maître Zen illuminé quelle était la différence entre lui et un être ordinaire. Il répondit simplement, 'Quand je mange, je mange, quand je dors, je dors. Voilà la différence'.
Dans le cas de Paramahamsa, dès que son corps avait besoin d'être nourri, manger se produisait consciemment. La pensée découlait naturellement de ses besoins corporels et non pas de stimuli extérieurs. Notre corps est un organisme si fantastique qu'il est capable d'exécuter plusieurs tâches complexes sans que nous soyons conscients de ces activités. Pourquoi un corps qui peut digérer de la nourriture sans que nous en soyons conscient aurait-il besoin d'être incité à manger par des stimuli extérieurs ? Lorsque nous mangeons à cause de l'envie que des stimuli extérieurs ont crées en nous, nous ignorons notre corps et restons inconscients de ses besoins. Nous lui imposons des désirs que nous avons empruntés aux autres. Puis ensuite, nous en souffrons.
Même chez l'incarnation, il existe tout de même des samskara minimes, des désirs inaccomplis, jusqu'à l'illumination, l'alliage est encore dans l'or. Au moment de l'illumination, ces samskara, aussi insignifiants qu'ils soient, sont complètement brûlés, ne laissant plus que de l'or pur derrière eux.
Vous pouvez constater la différence avant et après l'illumination sur les photographies de Paramahamsa. La grâce est tout simplement descendue au moment de l'illumination, et cela se voit.
Quelqu'un lui demanda ce qui serait arrivé s'il avait résisté aux pensées quand elles s'élevaient en lui. Il dit que la situation ne s'est jamais présentée, et il semblait qu'il n'avait pas le choix. La conscience témoin en lui le mena à suivre les pensées alors qu'elles apparaissaient, et à les observer lorsqu'elles étaient satisfaites. Tout cela se produisait sans qu'il ne le choisisse. C'était l'Existence qui incitait ses actions.