1. VOUS N'ÊTES PAS PÉCHEUR!
# VOUS N'ÊTES PAS PÉCHEUR!
Paramahamsa Nithyananda
PUBLIÉ PAR LIFE BLISS FOUNDATION & NITHYANANDA VEDIC SCIENCES UNIVERSITY PRESS Une division de Nithyananda Vedic Sciences University, USA Florida.
Table Des Matières
| La Culpabilité Détruit l'Intelligence! | 7 |
|---|---|
| Aimer Pour Survivre | 31 |
| Le Style De Vie N'est Pas La Vie. | 51 |
| La Vie est une Eternelle Célébration. | 71 |
| Faites Confiance- Même si Vous Etes Exploités | 91 |
| De la Subconscience à la Superconscience | 107 |
| Lâchez et Envolez-vous! | 135 |
| Du Désir à L'amour | 157 |
| Annexe | 163 |
La Culpabilité Détruit L'intelligence
J e vais vous raconter une petite histoire.
Dans un petit village, le prêtre du Temple vivait avec sa famille un peu à l'écart des habitations. C'était un homme pieux qui passait tout son temps à s'occuper de la divinité locale. Il lui faisait prendre le bain, la décorait de fleurs fraîches et lui offrait le puja quotidiennement. Tous les villageois respectaient sa famille.
Une nuit pluvieuse, juste après le repas du soir, le prêtre se détendait avec sa famille. Il entendit quelqu'un frapper insistamment à la porte. Il fut surpris, car d'habitude, aucun villageois ne venait à cette heure de la nuit. Il ouvrit la porte et trouva une jeune femme debout là, complètement trempée. Elle était superbe et très bien habillée.
Elle demanda au prêtre, 'S'il vous plaît, puis-je rester chez vous pour la nuit? Je voyage vers la prochaine ville, mais il pleut trop maintenant. Je serai partie demain. Je partirai demain.'
Le prêtre ne savait pas que faire. Il appela sa femme et lui fit part de la situation. La femme aperçut la pauvre fille debout et tremblante sous la pluie. Pleine de compassion, elle lui fit immédiatement signe de rentrer, lui donna des habits secs, un repas chaud et un lit confortable pour la nuit.
Le lendemain matin, la femme les remercia pour leur générosité et s'apprêta à partir. Alors qu'elle attendait une calèche, le prêtre et sa femme commencèrent à lui parler. Ils lui dirent, 'En Inde, nous n'hésitons pas à poser des questions personnelles. Qui êtes–vous ? D'où venez-vous ?'
La femme répondit, 'Je suis la favorite du roi. Ma mère vient de tomber subitement malade, je vais donc lui rendre visite.' Comme la calèche arrivait, elle partit.
Le prêtre et sa mère furent boulversés. Ils se dirent, 'Quel grand péché nous avons commis en nourissant et en hébergeant cette courtisane.' Ils se précipitèrent au puit, puisèrent de l'eau et nettoyèrent toute la maison ! Ils brulèrent le lit
VOUS N'ÊTES PAS PÉCHEUR!
dans lequel elle avait dormi et se lavèrent complètement afin de se purifier du péché d'avoir hébergé une courtisane dans leur maison remplie de statues de Dieux.
Ils se sentaient si coupables qu'ils se rendirent même au temple et commencèrent à pleurer : 'O Seigneur, s'il te plaît pardonne-nous d'avoir offert un repas et un lit à cette femme de petite morale. Même si elle n'est restée qu'une nuit, nous sommes coupables d'avoir péché contre toi ! Pardonne-nous !
Soudain, le prêtre entendit une voix venant des cieux. La voix se lamentait également. Le prêtre et sa femme furent surpris. Le prêtre demanda, 'Qui pleure donc ?'
La voix répondit ; 'Je suis Dieu. Je pleure.' Le prêtre fut choqué. 'Mais pourquoi pleurez-vous?' Dieu répondit, 'Vous avez hébergé une courtisane toute la nuit et vous pensez que c'est un grand péché. Je lui donne à manger et l'héberge tous les jours, elle et bien d'autre aussi ! Où vais-je expier mes péchés? Voilà pourquoi je pleure !'
Contemplez la morale de cette histoire. Le prêtre et sa femme croyaient en fait qu'ils étaient plus saints que la courtisane. Ils lui offrirent un lit avec un sentiment de supériorité et non pas par compassion réelle. Cette attitude était motivée par l'ego.
Toutes les culpabilités qui nous paralysent, nos règles, nos moralités, tous nos concepts du bien et du mal ont été créés par ce type de personne. Je parle ici des personnes qui se croient plus saintes que les autres, celles dont la morale est en fait très superficielle, celles qui pensent être plus pures que les autres et se sentent supérieures sous prétexte qu'elles sont prêtres. Ce sont ces personnes qui ont créé les règles qui génèrent de la culpabilité en vous.
Selon moi, la culpabilité est le plus grand péché que l'homme puisse commettre! Cette culpabilité vous torture alors que vous êtes vivants, tandis que les autres péchés ne vous punissent qu'une fois que vous êtes mort ! Mais cette culpabilité vous torture alors que vous êtes encore vivant!
Regardez un peu plus en profondeur. D'où provient la culpabilité? Et bien, elle provient de notre idée du bien et du mal- de notre conception de ce qui est bien et mal. La culpabilité provient de là. Qu'est-ce qui est bien? Qu'est-ce qui est mal? Analysons cela de plus près. Existe-t-il une échelle capable de mesurer le bien et le mal?
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Dans l'Hindouisme, le régime végétarien est de rigueur. Par contre, la viande est permise dans le Christianisme. Dans l'Hindouisme, on ne peut se marier qu'une seule fois, tandis que dans l'Islam, on peut se marier jusqu'à quatre fois. Il est interdit aux Hindous de boire de l'alcool, alors que les chrétiens consomment du vin de manière rituelle! Il existe tant de règles, tant de réglements qui diffèrent selon l'endroit, selon les situations, selon les sociétés.
Pour l'un, un aliment est tel l'amrita- un nectar- et pour l'autre, le même aliment est un poison!
En Inde du Sud, le poisson est un plat non-végétarien. Au Bengale, on appelle le poisson 'Gangaphal'- le fruit du Gange sacré ! Les brahmins (la caste des prêtres) Bengalis mangent du poisson et ce poisson est considéré être une nourriture végétarienne. Au Bengale vous ne trouverez jamais de maison sans un petit étang devant l'entrée! Ils y élèvent des poissons. Ils mangent du poisson frais ! Ramakrishna Paramahamsa avait pour habitude de manger du poisson régulièrement. Pour les Bengalis, le poisson, les sucreries et le tabac sont des denrées de base. Ramakrishna fumait également ! Vivekananda fumait ! Pourtant, tous deux étaient réalisés, bien sûr, ils ne fumaient pas par dépendance, mais utilisaient cette technique pour rester dans le corps. Les maîtres illuminés créent des habitudes qui les aident à rester dans les limites de leur corps et sur la planète Terre, car sans cela, l'état de samadhi dans lequel ils vivent peut leur faire quitter le corps.
Alors dites-moi, quelle est la soit disante 'morale'? Elle est juste relative aux coutumes et traditions locales! A la longue, ces coutumes se standardisent et perdurent sous la forme de principes moraux. Si vous lisez les écritures anciennes, les épiques Indiens, comme le Mahabharata, vous constaterez que la princesse Draupadi était mariée à cinq hommes! Kunti avait cinq fils de cinq pères différents! Aujourd'hui on la mettrait derrière les barreaux! Il existe tant de styles de systèmes différents, tant de coutumes.
Il existe tant de différents types de morale, tant de structures de vie et tant de manières de penser différentes. Au cours des époques, des lois différentes ont été érigées par différents leaders. Pour une société, une chose est considérée morale, alors que pour la société voisine, la même chose est immorale.
Ici, aux USA, dans un état particulier, les casinos sont autorisés alors que dans l'état voisin, ils sont interdits! Une rivière sépare les deux états et la frontière entre ces deux états est au milieu de cette rivière. Et d'un côté de la rivière en question, il y a un énorme casino! D'un côté, c'est légal, de l'autre c'est illégal! Une chose est légale d'un côté et la même chose est illégale de l'autre côté.
Section 2
Alors comment peut-on mesurer le bien du mal ? Où est l'échelle de mesure du bien et du mal ? Il n'y a pas d'échelle. C'est pourquoi nous possédons deux écritures au sein de Sanatana Dharma - le système de la vertu. Sanatana Dharma est un autre nom de l'Hindouisme. Sanatana Dharma est le seule dharma assez courageux pour avoir deux types d'écritures. Dans toutes les autres religions de la planète, il n'y a qu'une écriture, qu'un livre ultime. Et dans la plupart des religions, l'écriture ne peut pas être réactualisée.
Sanatana Dharma est la seule religion annonçant que ses livres saints peuvent être réactualisés. Les écritures sont divisées en deux catégories : Sruti -constitués des Védas et des Upanishads- et Smriti les récits épiques, les livres relatifs au 'comportement' etc. Sruti expriment les lois ultimes de l'illumination, de l'Atman, du Soi, de Brahman, de la divinité et du concept de la réalisation de Soi, les lois de l'univers, etc. Smriti traitent des lois sociales ainsi que des réglements journaliers.
Les Hindous sont les premiers à déclarer que les Smriti peuvent être changés. Selon les époques, les maîtres illuminés peuvent créer des nouveaux Smriti, car ils savent qu'aucun principe moral ne peut être principe moral éternellement. Aucune loi ne peut être une loi pour toujours car la morale et les lois sont deux choses basées sur les circonstances, l'environnement et les gens qui sont investis dans toute l'affaire ! Par exemple, on autorise la chasse quand la population de biche devient trop importante. De la même manière, dans le passé, quand la population de vache devenait trop importante en Inde, on décidait de les offrir en sacrifice. Et dès que le nombre de vache tombait à son niveau le plus bas, on recommençait à nouveau à les adorer! Tout cela était effectué avec une conscience de l'harmonie.
Ces lois sont créées pour maintenir l'équilibre dans la société, pour maintenir l'harmonie dans la société. La vie communautaire requiert un certain bon sens. Par exemple, vous n'essaierez pas de me tuer et
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je n'essaierai pas de vous tuer. C'est une règle de base. Nous pouvons ainsi vivre ensemble sans peur. Au début, des accords tacites sont mis au point. Petit à petit, ces accords deviennent des règles. Puis, ces règles deviennent des principes moraux.
Tant que vous comprenez la source de ces principes moraux, vous ne vous comportez ni de manière immorale, ni vous ne vous sentez étouffés par ces règles. Les problèmes commencent lorsqu'on ne nous renvoie pas à la source de ces règles. Non seulement, nous essayons alors d'enfreindre ces lois, mais créons aussi une profonde culpabilité en les enfreignant. Parce que nous manquons de clarté, nous nous retrouvons piégés dans une spirale de culpabilité.
Vous essayez toujours d'enfreindre les lois qui vous sont imposées! Par exemple, vous dépassez toujours les limitations de vitesse lorsque vous ne voyez pas la police aux alentours! En fait, faire ce que vous n'êtes pas supposé faire a comme un goût d'aventure et met du piment dans votre vie!
Un jeune garçon était dépendant à la cigarette. Il vint me voir pour me demander mon aide. 'Maître, aidez-moi à arrêter de fumer. Je ne sais pas comment je suis devenu accro à la cigarette! S'il vous plaît, aidez-moi! '
Je lui demandai,' Comment as-tu commencé?'
Il répondit, 'Maître, je n'ai jamais vraiment voulu fumer. En fait, j'ai toujours détesté l'odeur de la cigarette! Un jour, mon ami et moi parlions dans un coin. Mon ami fumait. Mon Père nous vit de loin et pensa que je fumais avec lui. Dès que je rentrai à la maison, il commença à me disputer. J'essayai de mon mieux de lui expliquer que je ne fumais pas, mais il n'était résolument pas prêt à m'écouter. Je me dis alors, puisqu'il m'a déjà disputé et refuse de m'écouter, pourquoi ne pas fumer? Je suis déjà puni de toute façon! Voilà comment je me suis mis à fumer. '
La plupart du temps, nous nous sentons poussés à faire ce qu'on nous demande de ne pas faire. Nous éprouvons une sorte de satisfaction à le faire. C'est une tendance de base chez tous les êtres humains. Vous prouvez que vous êtes un 'homme' lorsque vous dites non à vos parents. Tant que vous dites oui, vous restez un enfant. Vous vous sentez immature. Et dès que vous dites non, vous vous sentez adulte! C'est une tendance très répandue.
Vous pouvez observer cela très bien chez les adolescents,
spécialement dans les pays occidentaux. Ils se sentent adulte et matures à partir du moment qu'ils disent non! Ils se sentent matures car ils sont capables de dire non à leurs parents. Voilà pourquoi il y a tant de groupes rebelles, tant de 'gangs'. Dire non est une profonde satisfaction.
Dire non peut nous rendre dépendants. Lorsque nous disons non, nous cherchons à prouver que nous sommes quelqu'un de spécial, quelqu'un de différent. Aussi longtemps que nous nous nourrissons de morale à la petite cuillère, sans conscience, nous réagissons de deux manières différentes : premièrement, nous essayons de la fuir, et secondement, nous créons une profonde culpabilité en nous-même.
Deux enfants parlaient de leurs grand-parents. L'un d'eux dit, 'Ma grand-mère parle beaucoup. Je ne comprends pas comment elle peut parler autant. Qu'en est–il de ta grand-mère ?'
L'autre enfant répond, 'Ma grand-mère est tout le temps en train de potasser la Bible.'
'Comment cela ? Pourquoi fait-elle cela ?' 'Elle dit qu'elle se prépare pour l'examen final.'
La morale et la religion nous sont imposées de telle façon que nous finissons par prier par peur et culpabilité seulement. C'est un vrai problème.
Une petite autre histoire :
Un pundit émérite -un homme cultivé- désirait prendre un bain dans la rivière sacrée du Gange. Il possédait un kamandalu (un pot qui transporte l'eau). Il devait le mettre dans un endroit sûr pendant qu'il se baignait. Il chercha un endroit approprié ici et là. Mais il n'y avait personne à qui il pouvait confier le kamandalu*. Il fit un petit trou dans le sable des berges du Gange, y plaça son* kamandalu*, recouvrit le trou, et fit un tas de sable supplémentaire sur le tout pour se rappeler de l'endroit où il avait placé son* kamandalu*. Puis il alla prendre son bain.*
Un fermier regardait la scène de loin. Il vit ce que le pundit avait fait. Il pensa 'Oh! Je ne savais pas qu'il fallait faire un petit tas de sable avant de se baigner dans le Gange !' Il fit immédiatement un petit tas de sable similaire à celui du pundit*, puis alla se baigner.*
Une autre personne arriva sur les lieux et vit ce qui se passait. Il pensa également, 'Oh! Cela semble être une tradition de faire des petits tas de sable avant d'aller se baigner dans le Gange. ' Il fit donc un petit tas et alla se baigner. Petit à petit, tous les gens qui venaient à la rivière pour leur bain commencèrent à faire des tas avant d'entrer dans le Gange.
Quand le pandit sortit de l'eau, il vit une centaine de tas de sable tout autour du lit du Gange! Il avait un problème maintenant. Où était son kamandalu*? Sous quel tas était-il? Il commença à le chercher en vérifiant tous les tas.*
Soudain le fermier apparut et cria, ' Pourquoi détruisez-vous nos Shivalinga (des symboles du Dieu Shiva)? Pourquoi détruisez-vous nos tas de sable? Vous êtes un pundit*, vous devriez avoir un peu de jugeaute! Ne savez-vous pas que vous êtes sensé créer des* Sivalinga avant de vous baigner? Avez-vous perdu la tête ?'
Un tas de sable ressemble naturellement à un Shivalinga*. Le* pundit pensa 'De quoi cet homme parle-t-il ? Quand ce rituel a-t-il commencé? J'ai moimême lancé ce rituel. J'ai fais cela pour protéger mon kamandalu*.' Il n'était pas autorisé à détruire les tas. Il quitta les lieux sans son* kamandalu!
Si vous contemplez votre vie, vous constaterez combien de tas se sont formés de la sorte.Avec le temps, des régles devinrent des lois qui ont complètement perdu leur sens aujourd'hui!
Section 3
En Inde, dans le passé, ils ne faisaient pas de couture après le coucher du soleil. Comme ils utilisaient des petites aiguilles pour coudre à la lumière d'une lampe à huile, ils leur étaient difficile de voir quoique ce soit, donc on arrêta définitivement de coudre après le coucher du soleil. Même encore aujourd'hui, on peut voir qu'après le coucher du soleil, les gens ne font aucune couture ! Même pas dans les magasins de tailleurs où les lampes sont puissantes ! Il existe tant de magasins de tailleurs qui disposent de lampes électriques, mais aucun ne coudra à la main après le coucher du soleil. On utilisera des machines à coudre, mais ne coudront jamais à la main.
J'ai vu des gens qui pratiquent la méditation. Avant leur méditation, ils créent tout un drame à la maison ! 'Tais-toi, ne crie pas, éteint la musique, fais ceci, fais cela!' Ils retournent la maison sans dessus dessous juste pour méditer 10 minutes! Dès qu'ils commencent, soit ils sont distraits, soit ils se plaignent des moustiques, soit ils commencent à se gratter partout. Puis, ils finissent par penser qu'ils
ont assez médité pour la journée. Ils feront tout un foin pour un tout petit effort. Ils retournent toute la maison sans dessus dessous sans comprendre que la méditation est pratiquée dans le but d'acquérir la paix et le silence! Leur méditation devient une torture pour les autres !
Certaines personnes font tout un tapage pour essayer de faire taire les autres. Ils ordonnent bruyamment aux autres de se taire! On peut le voir dans les écoles, les professeurs font plus de bruit que les enfants en essayant de les faire taire !
La plupart du temps, nous vivons de façon morne car nous ne comprenons pas la racine des principes moraux. Selon moi, n'importe quelle règle, si elle est intériorisée, créée de la culpabilité en vous. Comprenez bien! N'importe quelle règle! Je pèse mes mots. Toute règle suivie sans que l'on ait expérimenté son essence, va créer une profonde culpabilité en nous car, de nature, nous aspirons à la liberté. Svabhava swatantrata signifie que notre nature même est la liberté. Notre nature même est libre. Nous sommes nithya muktaséternellement libre. Nous n'avons jamais voulu être enfermés en cage ! Nous n'avons jamais voulu être esclaves des règles !
En fait, si vous regardez de près, la société toute entière travaille seulement pour la liberté. Même notre course à l'argent est une recherche de la liberté. Si nous avons plus d'argent, nous pouvons faire de plus grands choix, nous pouvons acquérir de plus grandes maisons, de plus grandes voitures et plus de liberté. En fait, nous cherchons à avoir plus de liberté, elle est notre vraie recherche. Notre poursuite de l'argent n'est rien d'autre que la recherche de la liberté. Nous n'avons jamais voulu être piégés par les règles et les principes moraux. Lorsqu'un principe moral nous est donné sous forme de règle, soit nous essayons de l'enfreindre, ou si nous ne le pouvons pas, nous essayons de nous venger des gens qui nous l'ont imposé. Nous nous vengeons toujours d'une manière ou d'une autre. Nous attendons juste le moment propice pour cela.
Les gens viennent me voir, ils me disent, 'Maître, mon fils ne prend pas soin de moi.' Que ce soit bien clair, votre fils est peut-être votre pire ennemi et vous êtes peut être son premier ennemi, car vous lui imposez plein de règles, plein de réglements. Vous étiez comme un maître pour lui lorsqu'il était enfant. De ce fait, une part de lui aura du respect pour vous, tandis que l'autre part aura du ressentiment
envers vous. Cette part de lui-même manifestera son agressivité au moment opportun. Ce ne sera peut être pas toujours apparent, mais cela sera vrai au niveau inconscient.
Certaines personnes essaient de vous imposer des règles de manière subtile, maline. Ils exploitent vos peurs et vos désirs en pointant l'enfer et le paradis. Ils vous font aspirer au paradis et vous font craindre l'enfer. Ils créent une multitude de concepts sur l'enfer et le paradis. Ils disent, 'Si vous adoptez ce style de vie, vous serez récompensé et irez au paradis. Sinon, vous irez tout droit en enfer.' Ce concept de paradis et d'enfer est une manière subtile d'exploiter notre être.
Lorsqu'on nous impose des règles basées sur l'envie et la peur, une culpabilité se produit en nous. C'est une loi systématique qui est très difficile à comprendre. Le fait est que personne ne peut vivre une vie basée sur des lois! Quand je dis personne, je veux dire personne! Quand je dis n'importe quelle loi, je sous-entends n'importe quelle loi!
La vie est bien supérieure aux lois. Chaque loi, chaque règle est basée sur une compréhension relative de la vie. Mais la vie est audelà de tout entendement et de toute logique. Les gens me demandent, 'Pourquoi la vie a-t-elle été créée?' Je leur réponds que ce pourquoi ne peut pas être élucidé. Parce que ce pourquoi est issu de votre logique!
La vie est basée sur la logique Divine. Votre logique et la logique Divine ne peuvent jamais se rencontrer. La logique Divine est si vaste et si infinie! Vous ne pourrez jamais la cerner. Dieu a créé la vie. Les lois sont créées par vous.
Naturellement, vos lois ne pourront jamais s'harmoniser ou s'intégrer dans la logique Divine, dans la vie créée par le Divin. La vie est naturelle. Les lois sont relatives à la société. La vie est physique, les lois sont le produit du mental. Ainsi, toutes vos idées, toutes les choses que vous devez faire et ne pas faire, toute moralité, tout ce que vous pensez être bien ou mal est imposé par la société.
C'est la société qui vous qualifie de saint ou de pécheur! Aussi longtemps qu'elle nous considère comme un saint, nous sommes saint. Mais à partir du moment qu'elle nous place dans la catégorie pécheur, nous devenons pécheur! Si nous tuons quelqu'un dans nous sommes appelés meurtriers. Nous allons naturellement être punis. Si nous
tuons quelqu'un sur le champ de bataille, nous sommes un héros et on nous donne une médaille!
Alors comprenez bien que ces choses sont purement sociales. Lorsque nous commençons à intérioriser les lois de la société dans notre esprit, nous créons une blessure profonde en notre être, nous détruisons notre intelligence. Selon moi, les règles sont superficielles!
Dans certaines religions, on fait croire aux gens qu'ils sont nés pécheurs et de ce fait ils vivent toute leur vie dans la culpabilité. Le seul idéal qu'ils servent est celui de leur leader religieux qui les maintiennent dans cette peur.
Le seul péché, 'le péché originel', c'est d'ignorer et de ne pas réaliser que nous sommes Divin, que cette divinité est présente éternellement en nous et que notre nature est la félicité. Lorsque nous croyons que nous sommes pécheurs, nous commettons le plus grand péché. Une fois que nous nous débarrassons de cette culpabilité, la culpabilité qui provient de notre croyance d'être pécheur jusqu'à ce que quelqu'un nous sauve, nous devenons libres et réalisons que nous faisons déjà un avec le Divin.
Notre véritable nature lutte sans cesse pour s'exprimer, au delà des lois, des régles et de tous les principes moraux. Notre conscience essaie sans cesse de pénétrer notre morale. Notre conscience finit par lutter contre notre morale. La morale est sociale. La conscience est naturelle. La morale est un pauvre substitut de la conscience.
Les gens me demandent, 'Que se passe-t-il maître? Vous détruisez toutes les règles! Vous mettez à bas toute la structure des règles. Comment peut-on vivre de façon morale alors? Pourquoi faites-vous cela ?'
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Nous ne sommes plus des enfants ! Il est temps de prendre nos responsabilités et de dévelloper une morale basée sur notre compréhension des choses, et non sur les peurs et l'avidité. Tant que la morale est basée sur les peurs et l'avidité, vous pouvez être sûr que cela est très superficiel. Tant que vous suivrez les lois par peur et avidité, vous ne pourrez être moraux. Si les peurs et l'avidité sont à la base de nos valeurs morales, nous essayerons par n'importe quel moyen de les fuire. Par exemple, nous dépasserons les limitations de vitesse d'au moins 30 km/heure et penserons, 'Dès que je verrai la police, je ralentirai.'
Vous avez besoin d'imposer parfois une morale aux enfants! Vous avez parfois besoin de leur dire, 'Si tu te tiens tranquille, et que tu es sage, tu auras un bonbon.' Bien sûr, les enfants d'aujourd'hui diront, 'Ca me plaît. Je ne veux pas de ton bonbon. Je suis heureux de sauter partout! ' Parfois, vous devez imposer une règle basée sur les peurs et l'avidité.
Comprenez bien cela, aussi longtemps que votre morale est soutenue par vos peurs et votre avidité, vous êtes encore un enfant. Vous n'êtes pas mature. Si vous étiez adulte, votre morale serait basée sur votre entendement. Selon moi, une personne mûre est une personne qui vit heureuse, dans la félicité, une vie calme, ne connaissant ni la peur ni l'avidité. Dès que vous abandonnez tout cela, une toute nouvelle morale émerge de votre être, une morale qui n'est pas superficielle. Elle émerge de notre être. Notre être tout entier expérimente un bien-être tout nouveau .
Voici une magnifique histoire :
Il y avait un maître Zen. Sans raisons apparentes, le roi déclara un beau jour qu'il devrait être exécuté le lendemain matin même. Il envoya quelqu'un l'en informer. Le Roi lui donna carte blanche jusqu'au lendemain matin.
Mais le maître continua sa routine quotidienne jusqu'au dernier jour. Il fit le même jardinage, alla chercher de l'eau au puit, cuisina et servit ses disciples, comme d'habitude.
Des disciples lui demandèrent: 'Vous allez mourir demain matin. Ne désirezvous pas faire autre chose?' Le Maître répondit, 'Ma vie est basée sur mon entendement. C'est la meilleure façon de vivre pour moi. Je suis complètement satisfait. Je n'ai rien d'autre à faire, que je vive 24 heures ou 2 heures. C'est ce que je veux faire. Je n'ai pas d'autre plaisir.'
Admettons que quelqu'un vous annonce 'Vous allez mourir demain matin, d'ici là, faites tout ce que vous voulez.' Regardez en vous, regardez toutes les choses que vous voudriez faire ! Vous voudriez peut-être vivre une vie comme vous ne l'avez jamais vécue auparavant, car vous avez réprimé tant de choses au nom de la moralité. Voilà pourquoi je dis : notre morale est superficielle. Nous nous empêchons de faire les choses pour des raisons dont nous ne sommes pas complètement convaincus. Nous ne vivons pas notre vie. Tant que
nous ne vivons pas notre vie, nous sentons que nous ratons quelque chose. Ce sentiment est la première raison pour laquelle nous craignons la mort. Nous n'avons pas peur de la mort elle-même. Nous avons peur de ne pas vivre notre vie pleinement. Alors, nous avons peur de mourir ! En fait, cette peur n'est pas la peur de la mort. C'est la peur de ne pas avoir vécu la vie pleinement.
La culpabilité est à l'origine de la peur de la mort. Nous devrions bien le comprendre ! La culpabilité est à la source de l'avidité également ! Tant que nous souffrons de la culpabilité, nous ne pouvons malheureusement jamais apprécier quoi que ce soit.
Une de nos dévotes vint me voir, elle me dit 'Maître, à chaque fois que je vois une glace, je commence à développer un rhume. Je n'ai même pas besoin de la manger pour cela!' Mais cela est devenu un problème très sérieux. Elle en souffre depuis 12 années! Je commençai à lui parler pour retourner à la source du problème, comme le ferait un psychanalyste, mais d'une manière encore plus profonde. Quand elle était toute petite, sa mère ne voulait pas qu'elle mange trop de glaces, alors elle créa en elle une culpabilité profonde. Cette attitude négative qu'elle dévellopa face aux glaces lui donnait des allergies à la simple vue de celles-ci. Alors que je lui parlais, elle dit, 'Quelques fois, lorsque je vois des glaces, j'entends la voix de ma mère qui me dit : N'en mange pas! Je peux entendre sa voix encore aujourd'hui! '
Chacun d'entre nous entend des voix en lui. En fait, nous ignorons combien de fois nous entendons des voix ! Nous ne sommes pas si sensibles, c'est pourquoi nous ne réalisons pas que nous pouvons entendre des voix. Notre être est un assemblage de voix. Comprenez bien : votre être n'est pas seulement votre être. Il est une totalité d'une foule de voix. Toutes les voix sont là : la voix de votre mère, la voix de votre père, de votre professeur, la voix de votre voisin, la voix de votre héros etc…Nous sommes la somme d'une foule de voix. Voilà pourquoi nous vivons dans les dilemmes. S'il n'y avait qu'une voix, nous n'aurions aucun problème. Notre esprit serait clair comme de l'eau de source. S'il n'y avait qu'une seule voix, nous ne rencontrerions pas tant de problèmes! Notre esprit serait beaucoup plus fluide!
Voici un exemple que vous devriez bien comprendre.Votre esprit est comme une rivière. Il bloque le flot de la vie, créée des tourbillons,
créé des blocages énergétiques. La culpabilité est comme le rocher dans la rivière. Elle bloque le flot, elle crée un tourbillon. Toute culpabilité que nous transportons dans notre être bloque le flot de notre énergie. Elle crée un blocage énergétique, tout comme le sang forme un caillot dans nos veines. Toutes les voix qui résonnent dans notre esprit sont à la source de notre culpabilité. Et cette culpabilité annihile notre intelligence.
Tant que nous sommes fluides comme une rivière, nous manifestons une intelligence vive. Nous exprimons un nouveau style d'intelligence, une toute nouvelle énergie, nous rayonnons la félicité. Dès que nous créons de la culpabilité en nous-même, dès que nous sommes stoppés dans notre fluidité, nous créons un blocage énergétique en notre esprit. Plus la culture est ancienne, plus la culpabilité est grande. Un grand nombre de règles ont été créées au fil du temps et donc nous sommes prédisposés à souffrir de la culpabilité.
Plus la culture est ancienne, moins nous en saisissons ses principes moraux car au cours des générations, la compréhension se retrouve diluée. Si nous vivons en fonction des règles issues du passé, sans comprendre pourquoi elles ont été créées, nous créons une blessure profonde en notre esprit.
Après avoir parlé à cette femme, je conclus que la voix de sa mère était le problème. Je lui donnai une technique toute simple. Je lui demandai d'acheter cinq glaces, sans penser à sa mère le moins du monde. Je lui dis : 'Si vous entendez la voix de votre mère, mettezvous en colère et mangez la glace!'
La colère est la technique la plus efficace pour se décharger de la culpabilité. Elle s'évapore du moment que nous exprimons notre colère. En fait, la colère et la culpabilité sont deux faces de la même médaille.
Lorsque nous créons de la culpabilité à cause de l'opinion de quelqu'un d'autre, que se passe-t-il ? Nous la créons car nous respectons cette personne. Du moment que nous nous mettons en colère contre cette personne, naturellement, ce respect est perdu. Nous comprenons que nous avons été éxploités et en sommes
Quel choc! Finalement, je m'arrangeai pour le convaincre parce que sa mère me suppliait. Je pense que la prochaine génération va poursuivre ses parents en justice s'ils tombent en dépression. Ils diront : 'Mes parents ne m'ont pas donné la tournure d'esprit correcte. C'est la raison pour laquelle je suis déprimé maintenant. Soyez bien vigileant! Nous devons trouver le moyen de ne pas créer de culpabilité dans la tête des enfants. Nous devons trouver une méthode qui créera
plus d'intelligence, plus de compréhension et plus de félicité dans leurs
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vies. Selon moi, l'expérience a plus de poids que la morale. La Conscience est plus solide que la morale. Il nous faut travailler sur nos enfants, il nous faut leur expliquer chaque pas, nous ne pouvons pas seulement les nourrir à la petite cuillière. La conscience n'est pas quelque chose qui se dispense à la petite cuillière. On peut forcer la morale, les 'il faut', 'il faut pas'. Mais on ne peut pas faire ça avec la concience. Il nous faut travailler avec les enfants. A moins que nous n'ayons cette patience, nous ne sommes pas en droit d'amener une nouvelle vie sur cette planète. Les gens viennent me demander, 'Maître, vous ne savez pas ces choses là. C'est très difficile. Si vous aviez un enfant, vous comprendriez ! Vous dites toutes ces choses, mais il est très difficile
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dérangés. Bien souvent, la personne ne réalise même pas qu'elle nous exploitait !
Un petit incident qui s'est produit il y a quelques mois:
Un petit garçon Américain fut amené à moi. Sa mère dit : 'Maître, il ne m'obéit pas. S'il vous plaît, dites lui quelque chose!'
Je me sentis un peu gêné. Moi-même, je n'ai jamais obéit à ma mère! Comment pouvais-je alors lui demander d'obéir à sa mère?
Ce garçon avait l'air très intelligent. Sa mère me harcelait. Je n'avais plus le choix. Alors je commençai à lui parler. Je lui demandai, 'Pourquoi n'obéis-tu pas à ta maman? Elle m'a même fait obéir à sa requête. Pourquoi ne lui obéis-tu donc pas?'
Il me regarda et dit, 'Maître, elle n'est pas du tout heureuse! Si je suis ses mots, où vais-je terminer? Je vais devenir comme elle! Pourquoi me demandezvous de lui obéir? Pourquoi devrais-je l'écouter?'
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de les gérer et d'éveiller leur intelligence. Il est très difficile de dévelloper leur l'intelligence. Il nous faut créer de la culpabilité et leur imposer des règles.'
Si vous ne pouvez prendre cette responsabilité, réfléchissez-y à deux fois avant de donner naissance à un enfant. Comprenez-moi bien! Avez-vous réglé vos problèmes? Avez-vous trouvé toutes les solutions à vos problèmes? Si c'est le cas, alors allez-y, faites descendre la prochaine génération sur cette planète! Sinon, attendez ! Il y a toutes les chances que la prochaine génération vous demande des comptes, 'Qu'-est-ce que tu fais ? Pourquoi m'as-tu mis au monde ?' Les enfants demandent déjà, 'Elle n'est pas heureuse elle-même. Pourquoi devraisje l'écouter ?'
Il est très probable que les enfants de demain n'écoutent plus nos concepts moraux.
Pas seulement pour le bien de nos enfants, mais pour notre propre bien aussi, nous devrions regarder nos vies de plus près. Je crois que Vivekananda était le maître le plus courageux du monde. Il n'avait rien à voir avec les soit disantes conventions sociales. Il brisa toutes les règles et jetta une nouvelle lumière sur l'humanité. Je crois qu'il était le Manu- le sage qui créa un livre sur les lois sociales- des temps modernes. Il était le smriti kara -le créateur des lois sociales- des temps modernes.
Il dit dans l'un de ses discours sur la raison et la religion : 'Faites en sorte que la logique infuse la religion. Puisse votre religion être saturée de logique. Débarrassez-vous de tout ce qui peut être remis en question par la raison. Le plus tôt elle en sera débarrassée, le meilleur cela sera pour l'humanité!'
Il conseille de passer les concepts religieux au crible de la raison. Laissez la conscience être une torche. Plus tôt serons-nous débarassés de nos superstitions, plus saine sera l'humanité. Si elles ne peuvent tenir le test de la logique et de la raison, débarassons-nous en. Cela vaut mieux pour l'humanité.
Une petite histoire :
Galilée découvrit que la terre n'était pas plate, mais un globe. Suite à ses recherches, il écrivit dans son journal que la Terre était ronde, un globe et
non pas plate. Mais la Bible mentionne que la terre est plate et que le soleil tourne autour de la Terre, et non le contraire! A cette époque, cela était la seule information disponible.
Un homme illuminé expérimente le fait que toute l'existence tourne autour de lui. Lorsque Jésus dit que toute l'existence tourne autour de lui, il en est devenu le centre! Lorsque quelqu'un atteint la réalisation, il en devient le centre, il experimente tout l'univers qui bouge autour de lui! Lorsque Jésus atteint l'illumination, il partagea son expérience à travers ces affirmations. C'est la raison pour laquelle il déclara que le soleil tourne autour de la terre. C'est une déclaration métaphysique. Mais postérieurement, ses disciples retranscrirent ses déclarations sous forme de fait physique. Ce que Jésus déclara est la vérité. Les disciples le concevèrent comme un fait.
Alors la cour condamna le scientifique. Ils le convoquèrent et lui dire, 'Non, vous ne pouvez pas dire que notre planète Terre tourne autour du soleil. La Bible dit que le soleil seul tourne autour de la Terre. Vous devez changer vos déclarations, sinon vous serez éxécuté!' L'homme répondit, 'Très bien, je vais changer mes déclarations!' Il changea ainsi ses affirmations : 'Mes déclarations précédentes étaient fausses. Le soleil tourne autour de la Terre.' Puis il ajouta en bas de la page : 'Parce que je suis Chrétien, j'ai changé ma déclaration. Mais le soleil et la Terre ne sont pas Chrétiens. Alors ils tournent de la manière qu'ils veulent. Ils ne vont pas changer le sens de leur mouvement à cause de ma déclaration.'
Lorsque quelqu'un montre la lune du doigt, si vous regardez le doigt, vous manquez naturellement la lune! Et la génération suivante finit par regarder ailleurs. Rendre physique le métaphysique, c'est ce que j'appelle créer une morale fondée sur la compréhension. Aussi longtemps que ces morales sont comprises, elles sont comme un nectar pour votre vie. Elles créent une intelligence profonde en vous. Mais à partir du moment qu'elles sont réduites à l'état de croyances superstitieuses, dès qu'elles sont réduites à l'état de morale, elles créent de la culpabilité en nous. Et la culpabilité tue l'intelligence. La culpabilité ne nous permet pas d'avancer dans la vie.
J'aimerais vous raconter un petit incident. Une dévote avait une tumeur à la base de la colonne vertébrale, à côté du chakra racine. Elle en souffrait depuis vingt ans! Elle vint à moi en se plaignant, ' Maître, s'il vous plaît, guérissez-moi. Je souffre de cette tumeur depuis tant d'années!' Elle s'était fait opérer. Mais la tumeur était revenue après l'opération. Je commençai à lui parler afin de définir l'origine du problème.
Finalement, elle ouvrit son cœur et commença à pleurer. Je lui demandai si elle avait bien intégré son energie sexuelle. Elle confessa que l'un de ses parents l'abusa sexuellement lorsqu'elle était très jeune pendant plusieurs années! Cette culpabilité resta en elle et elle dit ' Je commençai à détester cette partie de mon corps. Je commençai à sentir que cette partie de mon corps ne méritait pas d'être ce corps. J'ai même souhaité que cette partie de mon corps n'existe pas. Elle ne fait pas partie de mon être. Ma haine envers cette personne se redirigea contre mon propre corps.'
Sa haine était devenue très profonde. Elle se confia à moi petit à petit. Je continuai à lui parler peu à peu, elle s'extirpa peu à peu de cette culpabilité. Psychologiquement, elle était guérie. Je lui expliquai à quel point l'abus d'enfant était fréquent. Les études révèlent qu'un enfant sur quatre est abusé sexuellement aux Etats-Unis. Bien sûr, les enfants n'en parlent pas, ils ne s'ouvrent pas. Ils ne nous disent rien.
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Cette dame fut guérie psychologiquement une fois que je lui expliquai toutes ces choses. Vous allez être surpris d'entendre ça, mais cette dame fut guérie en 10 jours seulement. La tumeur disparut ! En dix jours après lui avoir expliqué la nature de toutes ces choses! Je lui donnai une petite technique de méditation. Je lui dis de méditer sur cette partie tout en exprimant sa colère envers la personne qui l'abusa. Je lui dis de pleurer, de crier et même de frapper la personne mentalement, de fermer les portes de sa chambre, de prendre un coussin, d'imaginez qu'il s'agit de cette personne, et de gémir, de crier, d'hurler, de frapper le coussin ! Après cela, je lui dis de s'asseoir et de sentir que cette partie de son corps fait partie intégrante de son corps. Vous allez être surpris : en dix jours, la tumeur disparut! Elle ne réapparut jamais. C'est peut être difficile à comprendre, mais c'est la vérité!
La même chose nous arrive psychologiquement dans la vie. Nos maladies ne sont pas toujours causées par la mauvaise santé. Souvent, nous sommes dérangés psychologiquement. La plupart du temps, notre énergie se bloque en raison de cette culpabilité. Nous souffrons de maladies psychologiques à cause de notre culpabilité. Si nous regardons en profondeur, à chaque fois que nous avons peur, à chaque fois que nous ne pouvons aller de l'avant, à chaque fois que nous ne
pouvons prendre une décision, la culpabilité est là. Et nous tombons malade à cause de cela.
Il y a trois types de culpabilité , la première, la culpabilité créée par la famille proche, la seconde, la culpabilité créée par les lois sociales et la troisième, la culpabilité que vous créez pour vous-même. Ce sont les trois types majeurs de culpabilité qui entravent votre intelligence. La culpabilité concernant la sexualité est provoquée par la famille immédiate. C'est la première culpabilité. La culpabilité associée à l'avidité est crée par la famille immédiate. La culpabilité basée sur la peur est crée pas les lois sociales. La troisième est la pire, il s'agit de celle que nous créons nous-même. Lorsque nous intériorisons la culpabilité basée sur l'avidité et la peur, nous créons un nouveau genre de culpabilité en nous. Si nous analysons de quelle manière nous nous retrouvons bloqués, ou dans quel domaine nous sommes bloqués, nous trouverons ces trois types de culpabilité présentes à la racine de ces problèmes.
Nous devons nous libérer du passé. Le passé est mort. Non seulement il est mort, mais il est un poids obsolète sur notre être. Tant que nous souffrons de la culpabilité, nous ne sommes pas capables d'avancer joyeusement dans nos vies, nous ne pouvons jamais avoir une vie profondément extatique. Que ce soit bien clair, nous ne pouvons jamais être moraux si nous construisons notre vie sur la peur. Si notre attitude est basée sur la culpabilité, toute notre morale devient immature et superficielle. Il est temps d'être mature. Nous ne nous comporterons pas de manière immmorale si nous comprenons que les lois sont créées dans notre propre intérêt. Par exemple, imaginez que vous appreniez qu'il n'y a pas de punition pour les criminels dans ce pays. Allez-vous tuer votre prochain pour autant ? Si vous le pensez, que ce soit bien clair, vous êtes immature! Vous n'êtes pas adulte. Une telle vie ne vaut la peine d´être vécue. C'est comme une mort vivante. Au moins, les gens morts ne dérangent pas les autres.
Dans le passé, je vécu dans des cimetières. Pendant neuf années, j'ai traversé l'Inde en long et en large, de Tapovan au Nord, jusqu'à Kanya Kumari au Sud; d'Ahmedabad à l'Ouest à Ganga Sagar à l'Est. J'ai traversé l'Inde en long, en large et en travers! Je me reposais toujours dans les cimetières. Je n'avais pas besoin de faire de
réservations! Les gens me demandent toujours, ' Vous n'avez pas eu peur? Avez-vous rencontré des fantômes? ' Je leur réponds, 'Les gens morts ne dérangent pas les autres. Seuls les vivants dérangent les autres!' Si nos principes moraux sont basés sur l'avidité et la peur, alors soyons clair, une telle vie est bien pire que la mort. Elle ne vaut pas la peine d'être vécue.
Faisons en sorte que notre moralité soit basée sur notre compréhension des choses, sur notre conscience et non sur notre morale*.*Tant que nos principes sont basés sur les 'il faut et il faut pas', nous ne sommes que des enfants. Ces règles basées sur notre manque de compréhension forment un obstacle entre l'illumination et nous. Nous ne pourrons atteindre la libération tant que ces obstacles existent. Dès qu'ils sont enlevés, nous expérimentons une liberté totale, une félicité totale, une extase totale… Une fois que ces obstacles sont enlevés, l'illumination s'ensuit naturellement. Nous n'aurons même pas besoin d'atteindre l'illumination, l'illumination nous atteindra d'ellemême. Comprenez bien, la culpabilité est la mort certaine de l'intelligence. Puissions-nous tuer la culpabilité et expérimenter l'intelligence ultime!
Nos Upanishads déclarent : 'prajnanam brahma' (l'intelligence est Existence). Puissiez-vous atteindre cette Existence et expérimenter la béatitude éternelle- nithyananda !
Nous disposons encore de quelques minutes. Je vais maintenant essayer de répondre à vos questions, et de questionner vos réponses.
QUESTIONS - REPONSES
Q : Vous avez expliqué qu'il n'est pas nécessaire de pratiquer de longues périodes de tapas (pénitence) pour atteindre l'illumination. Que doit-on faire lorsque l'on est un homme 'ordinaire'?
R : Ce que je dis s'adresse à l'homme ordinaire. Comprenez-moi bien! Lorsque je dis que l'on devrait pratiquer le tapasya (des austérités), les gens me demandent d'expliquer de manière pratique pourquoi cela n'est pas nécessaire. La compréhension même vous conduit à l'expression de l'illumination. L'écoute et la compréhension peuvent nous mener à l'expression de notre nature intérieure- qui est l'illumination.
Selon moi, l'illumination signifie 'être éternellement dans la félicité'. Lorsque vous êtes installé dans la félicité, rien ne peut vous déranger dans le monde extérieur. Votre monde extérieur ne peut jamais entrer votre monde intérieur. C'est ce que j'appelle l'illumination. Comprenez que votre monde extérieur est votre monde extérieur. Votre monde intérieur est votre monde intérieur. Tout ce que vous entreprenez dans le monde extérieur, faites le un peu comme vous faites le ménage dans vos rêves. Que restera-t-il du ménage que vous avez fait dans vos rêves lorsque vous vous réveillerez? Cela aura tout simplement disparu ! C'est tout ! Mais lorsque vous êtes en plein rêve, c'est intense. Si vous pouvez maintenir cette compréhension, non seulement ferez-vous les choses plus intensément, mais vous n'y serez pas attaché.
Maintenant, vous poserez encore plus de questions. Par exemple, 'Comment puis-je mener ma vie de manière pratique?'
Lorsque je parle de faire le ménage dans les rêves, je ne sous-entends pas de ne pas faire le ménage du tout! Faites-le.
Mais comprenez bien ce que vous faites. Faites le sans en être perturbé. Si vous continuez à faire le même ménage avec une compréhension claire des choses, vous serez alors capable d'exprimer l'illumination. Vous n'avez pas besoin de travailler à refouler votre avidité ou vos peurs, ni de réprimer quoi que ce soit d'autre. Vous devez juste travailler dans ce schéma de pensée là. Vous serez alors automatiquement libéré de la peur, de l'avidité et des autres émotions.
Dites-vous simplement: 'Je fais mon ménage parce que j'aime ça. 'Point. Enfant, nous jouions avec des jouets. A l'âge de dix ans, nous nous sommes débarassés de tous nos jouets. Ne donnons-nous pas pour
autant des jouets à nos enfants aujourd'hui? Leur disons-nous, 'J'ai joué avec des jouets quand j'étais jeune, puis je les ai tous jetés. Alors ne joue pas' ? Non, nous ne disons pas cela! Nous les laissons jouer.
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Nous sentons qu'un enfant devrait jouer avec les jouets aussi longtemps qu'il le désire. Jusqu'à ce qu'il atteigne la maturité. Une fois qu'il est mûr, il abandonne les jouets automatiquement. De la même façon, nous devons comprendre et accepter ce fait: ' Laissez-moi faire le ménage dans mes rêves jusqu'à ce que je comprenne'. Cette acceptation même vous conduira à l'illumination. Si vous n'êtes pas capable d'accepter, le fait d'accepter que vous ne puissiez accepter vous aidera à sortir de l'ornière du passé et du futur. Vous êtes écartelé entre le passé et l'avenir parce que vous ne comprenez pas ce qui est!
L'autre jour, un dévot proche me demanda, 'Maître, comment estce possible? Vous êtes si insouciant, si innocent, si joueur. Mais chaque mot que vous exprimez devient réalité. Comment autant d'intelligence et d'intuition peuvent-elles se produirent continuellement?'
Mais vous ne vous détendez jamais. Il y a un désir profond en vous de parvenir à quelque chose dans le monde extérieur ou le monde intérieur. Le désir de réussir quelque chose dans le monde intérieur vous projette dans l'avenir. Votre désir pour l'illumination est aussi un souci par rapport à l'avenir. A cause de ces désirs en tous genres, nous ne 'tombons' jamais dans le moment présent. L'éternité ne pénètre que le moment présent.
La première chose à faire est d'accepter l'existence du monde extérieur, acceptez l'existence du monde intérieur. Quels que soit les problèmes que vous rencontrez dans le monde extérieur ou intérieur; acceptez les! Tant que vous n'acceptez pas ce qui est, il y a un problème.
Faite l'expérience suivante : détendez-vous complètement pendant trois jours, juste trois jours. Détendez-vous à l'extérieur et à l'intérieur. Si vous vivez une vie pleine de satisfaction pendant trois jours, perdrezvous toute votre fortune en si peu de temps? Sûrement pas! En trois jours, vous n'allez rien perdre! Pourquoi ne pas essayer? Juste trois jours, sincèrement, complètement, laissez tout tomber à cent pourcent, acceptez tout. Et si vous n'êtes pas capable d'accepter à cent pourcent acceptez que vous ne soyiez pas capable d'accepter à cent pourcent!
Même l'acceptation que nous ne soyons pas capables de nous accepter dans le monde intérieur et le monde extérieur nous libérera de ce va et vient constant entre le passé et l'avenir. A partir du moment où nous réalisons que nous ne sommes pas capables d'accepter notre réalité et que nous ne pouvons rien y faire, ce va et vient constant devient notre réalité. A chaque fois que nous acceptons, nous tombons dans le moment présent. Quand nous tombons dans le moment présent, le temps est sous notre contôle. Aussi longtemps que nous sommes tributaires de la chaîne du temps, elle nous gouverne. Dès que notre conscience s'aligne sur le moment présent, nous pénétrons la chaîne du temps. Lorsque nous pénétrons la chaîne du temps, nous pouvons voir clairement le futur et le passé. Nous arrivons à la réalisation fantastique que cette chaîne n'existe qu'en raison de la projection de notre esprit !
Essayez donc cette expérience juste trois jours et si vous pouvez tomber dans le moment présent, relachant toutes vos tensions liées au monde intérieur et extérieur, vous aurez alors une révélation.
Qu'est-ce que la vie? Que signifie 'Vivre dans le moment présent'? Vous expérimenterez tant d'extase, un espace si différent, une vie si différente lorsque vous vivez dans le moment présent. Trois jours! N'essayez pas de changer quiconque dans le monde extérieur. Après tout, vous avez vécu votre vie basée sur la philosophie que vous avez développée ces 30 dernières années. Donnez-vous trois jours de test. Dès que vous expérimenterez ces techniques, vous réaliserez combien elles opèrent des miracles dans votre être, combien elles opèrent une alchimie en lui.
Soyez sincère pendant trois jours, et si vous n'êtes pas capable d'être sincère, acceptez que vous ne soyiez pas capable d'être sincère. Cette sincerité même est suffisante. Vous commencerez à voir un nouvel espace s'ouvrir en vous. Ce nouvel espace est ce que j'appelle nithyal'éternité.
Puissiez-vous expérimenter nithya- l'éternité et nithyananda -la félicité éternelle!
Aimer Pour Survivre
B eaucoup d'entre nous pensons que l'amour est un choix. Nous pensons que l'expérience et l'expression de l'amour est un choix que nous pouvons faire. Nous pouvons l'obtenir quand nous voulons. Quand nous ne le voulons pas, nous pouvons l'abandonner. Mais cela ne se passe pas comme cela. En tant qu'être humain, l'amour est une necéssité aussi basique que rester en vie.
Pouvons-nous penser qu'expérimenter l'amour et ensuite l'exprimer est un choix? Non! Ce n'est pas un choix comme nous le pensons. Lorsque nous expérimentons l'amour, nous sommes immédiatement poussés à l'exprimer. Si nous n'expérimentons pas l'amour ni ne l'exprimons, alors nous respirons, mais nous ne pouvons pas prétendre être vivants.Pour se sentir vivant, l'amour est une nécessité de base.
Regardons plus en profondeur la signification du mot amour. Le terme 'amour' est bien trop contaminé et chargé d'interprétations et de commentaires différents. Sans parler de l'idée de l'amour inconditionnel, spirituel et désintéressé. Nous n'avons même pas besoin de nous embêter avec cela! Considérons d'abord l'amour normal, simple, accompagné de toute sa possessivité, de ses jalousies et de tous les effets secondaires qu'il peut produire. Cet amour affecte beaucoup notre corps et notre esprit. Après cela, nous pouvons regarder de plus près l'amour spirituel et l'amour mature.
Premièrement, analysons l'amour, ce sentiment d'affection que nous partageons dans notre vie de tous les jours, qui a tant d'effets secondaires comme la jalousie, la possessivité et la colère. Hormis cela, cet amour peut agir beaucoup sur votre corps, il peut faire beaucoup de bien à notre esprit.
Je lisais un article l'autre jour qui contenait un rapport d'enquête. Je fus stupéfait de lire ce rapport. Le titre annonçait Vivre toujours. Il donnait onze techniques, onze instructions importantes pour prolonger la vie d'au moins vingt années, tout cela corroboré par des
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statistiques classiques et des rapports d'enquête. Les onzes techniques traitaient de l'amour. Elles démontraient que s'occuper d'un animal domestique nous permet de libérer des hormones qui nous permettent de vivre plus agréablement avec notre corps. Si s'occuper d'un animal domestique peut produire un tel effet, s'occuper de votre mari ou de votre épouse peut faire bien plus encore!
Un des sujets abordé concernait comment les gens meurent plus tôt si ils sont célibataires ou veufs et comment la vie s'allonge si l'on prend soin de nous. Aussi, dans le deuxième cas, il est dit qu'il existe moins de chance de dévelloper un cancer et la dépression. Même ce que nous appellons l'amour ordinaire, l'engouement, peut faire des miracles sur notre corps et notre esprit. Cet amour ordinaire peut vous guérir et vous octroyer un bien être profond. Ultimement, tout engouement devrait se transformer en amour pur.
Le Tantra- un ouvrage de la philosophie Hindoue, offre une analyse sur ce sujet. Le Tantra dit que nous souffrons de cinq types d'anxiétés qui peuvent être guéries par l'amour ordinaire- l'amour simple ; ordinaire et humain- le sentiment de prendre soin les uns des autres. Je ne parle pas d'amour spirituel élevé, que nous appellons bhakti ou dévotion, l'amour désinteressé- qui consiste à voir le monde entier comme une manifestation de Dieu- cela se passe plus tard.
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Parlons avant tout de l'amour ordinaire que nous partageons conditionnellement, soit parce que la personne 'aimée' nous soutient socialement, soit parce que cette personne peut nous aider si nous faisons face à des difficultés, soit parce que cette personne nous soutient mentalement et psychologiquement ou simplement parce que nous voulons l'approbation de cette personne. L'une de ces raisons sera à l'origine de notre manifestation d'amour. Même l'amour exprimé pour des raisons égoïstes peut nous guérir de cinq types d'agitation différente.
Le premier type d'agitation se produit lorsque nous sommes dans des lieux particuliers. Parfois, dans des endroits ou des situations particulières, nous nous sentons agités. Dès que nous quittons cet endroit ou cette situation, nous nous détendons à nouveau. Dans de telles circonstances, une expression d'amour- un langage du corps traduisant l'amour peut arranger les choses.
Etre à l'aise dans l'espace autour de nous, nous rend moins tendus. Une maison devient un foyer quand nous y vivons dans l'amour. De même, n'importe quel lieu peut devenir notre foyer si nous choisissons de l'aimer et de nous en occuper. Nous devrions nous proccurer des choses simples que nous aimons, des choses qui sont chères à notre cœur, des choses qui peuvent nous faire sourire. Une fois que cela est fait, le reste s'en suit simplement, l'amour s'épanouit naturellement.
Le deuxième type d'agitation est causé par des raisons physiques. L'agitation physique se traduit sous forme de tension dans notre corps. Cette gêne peut être libérée quand nous exprimons notre amour envers la personne qui est en face de nous. Vous me demanderez : comment l'amour peut-il libérer de l'agitation? Nous pouvons constater cela dans notre vie- une mère qui s'occupe de son enfant se sent constamment régénérée, pourtant s'occuper d'un enfant n'est pas une tâche facile! Elle se sent régénérée par l'amour et les soins qu'elle porte à son enfant.
La sensation de tension ou d'agitation dans notre corps s'en va lorsque nous prenons soin de quelqu'un, lorsque nous sourions à quelqu'un ou lorsque nous exprimons l'amour dans notre langage du corps. Nous pouvons constater cela dans notre vie quotidienne. Nous nous sentons quelque fois déprimés ou malades, mais si des amis nous rendent visite, si quelqu'un que nous aimons nous rend visite, nous nous mettons assis et passons un moment agréable avec eux. Cela nous ressource. Nous nous sentons plus frais. Lorsque nous aimons vraiment quelqu'un, nous exprimons notre énergie. Même un simple sourire émanant du coeur peut lancer ce processus. Ce n'est pas pour rien que l'on dit : 'Si vous croisez quelqu'un qui a perdu son sourire, donnez lui le vôtre.'
Il vous faut bien comprendre les quatre points suivant : l'amour, l'intelligence, l'énergie et la béatitude. Ces quatre sentiments sont les quatre faces du même pilier. Lorsque nous exprimons un sentiment au niveau de notre mental, il s'agit de l'intelligence. Lorsque nous l'exprimons à travers notre cœur, il s'agit d'amour. Lorsque nous l'exprimons à travers notre être, il s'agit d'énergie. Lorsque notre être se détend sans raison, c'est la félicité! Ces quatres sentiments sont un seul et même phénomène, exprimé sous quatre formes différentes.
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Ainsi, à chaque fois que nous exprimons l'amour, nous exprimons également de l'énergie. L'amour est une énergie concentrée et nourricière. Alors naturellement, à chaque fois que nous exprimons l'amour, nous devenons un canal d'énergie. Lorsque nous devenons un canal d'énergie, nous ne faisons pas seulement qu'aider, mais nous sommes aidés également.
N'importe quel trouble mental peut être guéri par l'amour. Lorsque nous nous occupons d'animaux, ou jouons avec les enfants, nous diminuons les risques de crises cardiaques et retardons n'importe quelle maladie fatale. Les animaux nous aident à libérer nos tensions. Ils ne nous répondent jamais. Ils nous écoutent et expriment l'amour. Leur énergie nous guérit.
Le troisième type d'agitation est l'agitation émotionelle. L'agitation mentale est bien différente car elle est intellectuelle. L'agitation émotionnelle ne peut être contrôlée par quelques mots de consolation. Elle ne peut être guérie que lorsque nous exprimons l'amour. Lorsque nous commençons à rayonner l'amour, notre être est inondé d'énergie. Notre être devient alors réceptif aux énergies plus élevées et cela apaise complètement notre agitation émotionnelle.
Ultimement, nous en venons à l'agitation spirituelle. Votre amour pour le maître peut soigner et guérir l'agitation spirituelle ! Un grand nombre de gens viennent à moi et me disent, 'Maître, votre simple présence est capable de nous faire méditer. Pourquoi ne sommes nous pas capables de méditer à la maison ?' A chaque fois que nous visitons des Swamis et des saints, nous commençons à établir des liens avec eux, nous commençons à exprimer notre amour envers eux. Ce processus a le pouvoir de guérir notre agitation spirituelle complètement. Qu'est-ce que signifie 'l'agitation spirituelle' ? C'est l'inabilité de s'asseoir confortablement avec soi-même, seul et en silence.
Je vois tant de gens, ils peuvent s'asseoir avec les autres, devant la télévision, avec un journal, mais ils ne peuvent pas s'asseoir avec eux-mêmes ! C'est ce que j'appele l'agitation spirituelle. Ils sont toujours disponibles pour les autres, mais jamais pour eux-même!
Si vous m'observez bien, je laisse de grands blancs entre mes mots lorsque je parle. Je fais cela pour diminuer le sentiment d'agitation spirituelle de l'audience. Les gens qui n'ont pas un penchant spirituel,
les gens qui ne sont pas assez mûrs pour entendre ces idées ne peuvent jamais s'asseoir et écouter des discours spirituels. En tous cas pas les miens! C'est parce que leur esprit a continuellement besoin de nourriture qu'il saute sans arrêts d'une idée à l'autre. Lorsque je laisse un blanc, un sentiment de lassitude mentale émerge dans l'esprit de ces gens ! Leur esprit se dit, ' Je dois partir. Il ne se passe rien ici '. Seul un homme capable de s'asseoir avec lui-même peut écouter ces grandes vérités. S'il ne peut même pas s'asseoir avec lui-même, comment peut-il être aidé par mes mots?
Le mental est tel qu'il est en demande constante d'information, il attend patiemment le mot qui va suivre. Pourquoi nous sentons- nous si à l'aise devant la télé ou au cinéma? Et bien c'est parce qu'on nous remplit à raz bord! Tant d'informations, tant d'idées sont envoyées dans notre être sans arrêts, voilà pourquoi. Tant d'information, tant d'idées sont envoyées dans notre être et nourrissent notre agitation. Nous nous sentons bien. Pourquoi aimons-nous tant la nourriture épicée? Et bien c'est pour la même raison : elle vous fait ressentir des sensations fortes! Cela 'brûle.' Vous vous sentez à l'aise quand ça 'brûle'. Vous appréciez le déluge de sensations qui inonde votre esprit, et cela est très confortable.
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Vous devriez comprendre quelque chose à propos des films et séries télévisuels. Lorsque vous roulez à 30 km à l'heure sur une route, vous pouvez lire les panneaux, vous pouvez voir les arbres clairement ainsi que toute la scène autour de vous… Mais si vous conduisez à 130 km à l'heure, vous ne voyez plus rien du tout! Pourquoi? Parce que les informations sont beaucoup trop nombreuses pour que vos sens puissent les traiter. Si le nombre d'informations que vous captez est inférieur à 6 par seconde, vous pouvez encore lire et comprendre clairement. Par contre, au-delà de 6, votre conscience ne peut plus établir de liens. La télévision et les films proposent entre 12 et 16 informations par seconde! Alors naturellement, votre conscience est mise de côté ! Et parce que nous sommes disconnectés de notre conscience, nous nous identifions à la scène et nous nous fondons complètement avec la scène. Si le héro du film meurt, même si nous sommes conscient que l'acteur est bel et bien vivant et en train de tourner son prochain film, nous pleurons tout de même devant sa mort ! Nous avons beau être une personne éduquée, logique, intellectuelle, nous savons que cela est juste une
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comédie, mais nous rions, nous pleurons et nos humeurs changent en fonction de la scène!
De la même façon, la nourriture épicée, les films, sont toutes des choses qui inondent notre système d'informations et de sensations. Cela produit une agitation profonde en contrepartie. Si cette agitation profonde est en nous, nous ne pouvons pas nous asseoir et écouter les grandes idées spirituelles. Et je m'assure que les gens agités ne s'assoient pas ici, parce qu'ils ne comprendront non seulement pas mes idées, mais ils les interprèteront mal également!
Mal comprendre ces grandes vérités est très dangereux, une moitié de vérité et bien pire qu'un mensonge. Alors si l'on a la patience de s'asseoir et d'écouter ces mots, notre agitation spirituelle s'abaisse, et la probabilité que notre mental attende la pensée suivante s'abaisse également. Nous devenons si passifs, que ces pensées ne touchent pas seulement notre tête, mais également notre cœur. Si nous sommes totalement passifs, notre être s'ouvre au niveau émotionnel. Si nous sommes complètement détendus, à l'aise avec nous-même, libre de pensées, nous verrons que notre être absorbera ces grandes vérités.
Nous déclarons dans la philosophie du Védanta, 'shravana, manava, et nididhyasam' pour décrire ce processus de détente. Cela signifie écouter, méditer et pratiquer. Si notre esprit est calme, il n'y a pas besoin de méditer. L'écoute même peut créer la même expérience, l'écoute peut devenir l'expérience, shravana -l'écoute, peut nous amener à l'expérience. Selon moi, même si notre shravana n'est pas correcte, même manava- la méditation, ne nous aiderons pas, contempler en silence ne nous aidera pas.
J. Krishnamurthi dit que l'écoute est Dieu- une écoute profonde, totale et sans agitation est Divine. Ceci même est Dieu.
Si nous regardons profondément en notre être, nous verrons que la simple présence du maître est capable de calmer notre agitation. L'amour pour le maître guérit l'agitation spirituelle.
Ainsi, notre amour, même s'il est ordinaire, guérit tous les cinq aspects de l'agitation.
Jetons maintenant un œil sur l'aspect le plus élevé de l'amour, l'amour qui fut expérimenté par Mirabai, par Chaitanya, par Ramakrishna, par Ramanana Maharishi, par tous ces grands saints.
Ramakrishna dit : 'Mon amour pour le Divin est l'amour de l'avare pour son argent, l'amour d'une femme chaste pour son mari, et l'amour d'une mère pour son enfant- tout cela mis ensemble plus quelque chose en plus, représente mon amour pour le Divin .' Bien sûr, il nous est très difficile de comprendre un tel amour. L'amour pour le Divin est un sentiment de faire un avec l'autre, de tomber en complète résonnance avec l'autre, c'est le sentiment le plus extatique, l'expression la plus élevée de notre être.
Par le simple fait de prononcer le mot Krishna, Mirabai était transportée dans l'extase. Il est dit dans les écritures : 'Si vos larmes coulent lorsque vous entendez le nom de Dieu, soyez sûr que c'est votre dernière janma (naissance).' Ramakrishna dit aussi la même chose dans le livre 'l'Evangile de Sri Ramakrishna'.
Lorsque nous écoutons les chants devotionnels chantés par Annamacharya pour le Seigneur Balaji, nous réalisons qu'il ressent que le Divin est présent devant lui, c'est une expérience concrète pour lui.
Ramana Maharishi se lamente devant Arunachala (la colline qui incarne le Seigneur Shiva dans le Tamil Nadou). Il dit : 'Tu es le propriétaire de ma maison, mon mari, comment peux-tu rester là sans rien faire à regarder passivement les voleurs qui font irruption et m'enlèvent, O Arunachala?' Quel vers magnifique! Ils comparent les cinq sens à des voleurs qui rentrent dans la maison et dérobent l'être. Arunachala est l'âme, le Soi Divin en nous.
Quelqu'un demanda à Ramana Maharishi, 'Bhagwan, comment pouvez-vous dire toutes ces choses à Dieu?' Bhagwan répondit, 'Pour vous, Dieu est une croyance, pour moi Il est un être vivant.'
Une petite histoire :
Cela faisait 10 ans qu'un dévot priait Vishnou afin de recevoir son darshan (vision). Alors il décida d'arrêter son adoration pour prier Shiva à la place. Il mit la statue de Vishnou de côté et plaça une statue de Shiva devant lui, puis commença à l'adorer.
Un jour, il alluma l'encens et la fumée s'éleva en direction de Vishnou. Il pinça le nez de Vishnou ne voulant pas que celui-ci sente le parfum de l'encens. Il était furieux, celui-ci ne lui avait jamais offert le darshan*, malgré toutes*
ses années de prières zélées.
Alors qu'il pinçait le nez, il sentit soudain qu'il pinçait un nez vivant. Il ouvrit les yeux et vit Vishnou devant lui. Vishnu lui offrait le darshan*! Il retira les mains de son nez et s'exclama, ' O Seigneur! Tu ne m'as jamais donné le* darshan pendant toutes ces années et maintenant, alors que je te refuse le doux parfum de cet encens, tu te manifestes à moi? Pourquoi? '
Vishnou répondit, 'Lorsque tu me priais toutes ces années, tu ne me sentais pas vivre dans cette statue ; c'est seulement maintenant, alors que tu me punis, que tu as le sentiment intense que je suis en fait ici, dans cette statue. Devant tant d'effusion de sentiments, je suis descendu t'offrir le darshan*!'*
Il y a tant de circonstances étranges, d'incidents, qui expriment le pouvoir de l'amour. L'amour peut produire des miracles dans votre être, pas seulement au niveau mental, mais également au niveau physique. Ramakrishna disait souvent que parfois, après avoir pratiqué la puja à Mère Kali, il se demandait si Mère était vivante dans la statue ou s'il perdait son temps à adorer une pierre. Alors, il mettait une cordelette devant le nez de l'idole, pour voir si elle respirait ou non. Il dit que la cordelette bougeait toujours au gré du flot d'air.
Lorsque nous exprimons notre amour profondément, nous réalisons que l'Existence ne manque jamais de nous répondre et de rentrer en contact avec nous! Avec l'amour, nous pouvons donner vie à tout l'univers. Avec ce sentiment, il est possible de donner vie au monde entier. Tout ce que nous voyons, sentons et expérimentons est teinté de joie.
Un autre petit incident qui illustre ce que l'amour peut faire.
Il y a une histoire dans la vie de Sadasiva Brahmendra, l'un des grands saints du Sud de l'Inde. Il voyageait toujours nu, et n'utilisait jamais d'habits. Il vivait simplement, comme un enfant. Un jour, il marchait dans une extase profonde, lorsque le Nawab*- le souverain Musulman du territoire- vint dans sa direction. Le saint était dans une telle extase qu'il ne le remarqua pas et ne présenta pas ses respects au* Nawab*. Le* Nawab devint furieux et coupa la main du Saint avec son épée.
Section 10
Sadashiva Brahmendra continua à marcher, remarquant à peine la perte de sa main. Mais une de ses dévotes commença à se lamenter, 'O maître, vous avez perdu votre main car vous n'avez pas offert les honneurs au Nawab*!'*
AIMER P OUR SURVIVRE
Le saint fut surpris et lui demanda d'apporter la main coupée. Il la remit en place et elle se reconstitua au bout du poignet ! La dévote fut abasourdie. Le Saint expliqua, 'La haine du Nawab détruisit ma main, ton amour l'a guérie!'
L'amour a le pouvoir de guérir.
Ramana Maharishi disait toujours, 'C'est l'amour de mes dévots qui me garde dans le corps'. Tous les maîtres descendent et restent dans le corps juste pour l'amour des dévots. Les maîtres en tant que tel n'ont pas de karma. Ils n'ont rien à prouver, rien à gagner. Ils n'ont rien dont ils puissent jouir. Alors restent-ils dans un corps? Seulement pour l'amour de leurs dévots.
Lorsque nous exprimons l'amour ordinaire avec toutes les attentes qui lui sont rattachées, il peut guérir cinq différents types d'agitation. De quelque manière que ce soit, l'amour sans attentes fait des miracles dans la vie. L'amour ordinaire nous donne vie, l'amour desintéressé peut même donner vie à une statue de pierre que nous adorons ! Même une pierre peut devenir Dieu, même un homme ordinaire peut devenir un maître. Voilà le pouvoir de l'amour.
Un bel incident issu du récit épique Hindou de la Ramayana :
Rama, le héros de ce récit épique devait se rendre à Lanka, avec toute son armée, afin de ramener sa femme Sita. Sita était retenue captive par le vilain Ravana. Il devait traverser un Océan afin d'atteindre Lanka. Un pont dû être construit au dessus de l'océan pour accomplir cette tâche.
Rama ordonna à l'un de ses dévots, Jambavan- le grand ours- de prendre soin de la construction du pont au dessus de l'océan.
Il demanda à son dévot le plus remarquable, Hanuman, de voler par delà les mers afin de localiser Sita. Hanuman dit, 'Oh Seigneur, vous demandez à Jambavan de construire un pont et me demandez de voler vers Lanka. Comment puis-je faire cela ?'
Rama répliqua, 'Chante juste le nom de Rama et tu seras capable d'accomplir ta mission. Chanter le nom de Rama est plus puissant que ma forme physique.' Hanuman lui obéit sans l'ombre d'un doute et accomplit sa tâche!
- VOUS N'ÊTES PAS PÉCHEUR! AIMER P OUR SURVIVRE
L'amour donne naissance à la foi et peut même donner vie à une pierre. L'amour égoiste, lorsqu'il s'exprime, peut guérir cinq types d'agitation et peut vous donner vie. L'amour désintéressé donne la vie à toutes choses autour de vous. Lorsque vous exprimez cet amour désintéressé, vous donnez vie aux autres êtres également.
Par conséquent n'oubliez jamais d'aimer, pour survivre, pour donner vie. Peu importe que l'amour soit égoïste ou désintéressé! Commencez à exprimer l'amour. Qu'il devienne votre langage du corps. Qu'il devienne votre style de vie. Qu'il devienne la sève de votre vie. Puissiez-vous sentir et expérimenter la béatitude éternelle, nithyananda!
QUESTIONS - RÉPONSES
Q : Maître, pourriez-vous expliquer quelle part de la Divinité joue un rôle dans les miracles? Vous dites que les miracles se produisent. Est-ce la divinité qui les fait se produire? A quoi vous referrez-vous lorsque vous parlez de Divinité?
R : On conçoit trois choses dans chaque action: la personne qui fait les choses, l'acte même et ce qui est fait, celui qui fait, l'action et le résultat. Logiquement, ces trois choses peuvent être comprises comme étant séparées sur le plan physique.
Mais sur le plan ultime, ces trois choses ne sont pas différentes.Vous demandez quel rôle la divinité joue dans les miracles. Mais le miracle lui-même est la divinité. Lorsque vous posez cette question, vous demandez quelle est la cause, l'effet et l'acte, si la divinité est la cause, l'acte ou l'effet. Dans le langage de la divinité, il n'existe pas de différences entre ces trois choses.
Normalement, pour que je puisse lever la main, le cerveau doit tout d'abord en donner l'ordre. Puis l'ordre doit être apporté à la main, et la main doit agir. Dans le language des êtres humains ordinaires, ces trois choses se produisent. Mais pour la divinité, tous trois sont une chose et n'existent pas séparement. La Divinité elle-même est un miracle.
Nombreux sont les gens qui viennent me voir et me demandent qui a créé le monde. Il n'y a pas de créateur. S'il vous plaît soyez clair : l'Existence s'est crée elle-même. L'univers est une entité auto-créée. La création elle-même est le créateur, elle est intelligence, en perpétuelle création.
C'est un peu difficile à comprendre. Elle 'crée' simplement : le processus se déroule constamment grâce à sa propre intelligence. Il n'existe pas trois choses séparées: le créateur, la création et le crée. Il y a juste l'acte de création, une auto-expression de l'intelligence. Alors quelque soit le miracle, le miracle lui-même est Divin. La cause du miracle est la Divinité, l'événement est la Divinité, et le résultat est également la Divinité.
VOUS N'ÊTES PAS PÉCHEUR!
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Q : Si une personne ne ressent pas le besoin de chercher un gourou, cela signifie-t-il que cette personne a un problème?
R : Il y a un sérieux problème! Lorsque vous savez que vous ne savez pas, vous savez au moins que vous ne savez pas. Lorsque vous ne savez pas que vous ne savez pas, vous ne savez même pas que vous ne savez pas! Lorsque nous ne savons pas que nous ne savons pas, nous ne cherchons pas de maître. C'est seulement lorsque nous savons que nous ne savons pas que nous pouvons commencer à savoir, et lorsque nous commençons à savoir, le maître arrive dans notre vie.
Une petite histoire pour relater ce qui se passa dans la vie du professeur Ouspensky. Ouspensky devint illuminé grâce à la logique et aux mathématiques. Si nous allons au fond de n'importe quel sujet, nous pouvons atteindre l'illumination, car tous les chemins mènent au même but. Il n'est pas nécéssaire de ne pratiquer que les pujas ou la méditation pour étteindre l'illumination.
Même si vous faites des recherches scientifiques à fond, vous pourrez atteindre l'illumination. Je dis toujours, ' Si vous êtes logiquement logique, vous irez au delà de la logique.' Ouspensky rencontra son maître, George Gurdjieff, d'une manière très ordinaire. A cette période là, Ouspensky était un mathématicien de réputation mondiale et Gurdjieff était un simple homme. Une énergie en Gurdjieff poussa Ouspensky à venir à lui. Il lui dit, 'Je sens que vous connaissez quelque chose que je ne sais pas, pouvez-vous me l'enseigner?'
Gurdjieff répondit, 'Vous êtes l'auteur du magnifique livre Pentium Organ- que puis-je donc vous apprendre?' Ouspensky maintint que Gurdjieff pouvait lui enseigner quelque chose.
Gurdjieff lui demanda d'aller dans une pièce adjacente et de dresser une liste de toutes les choses qu'ils connaissaient et ne connaissaient pas, afin qu'il puisse lui enseigner les choses qu'il ne connaît pas. Le crayon à la main, Ouspensky essaya de faire une liste des choses qu'il connaissait. Il essaya longtemps et réfléchis autant qu'il pu, mais il n'arriva pas à dresser une liste des choses qu'il connaissait. Il réalisa alors que toute sa connaissance était superficielle, et qu'il avait besoin de chercher un Maître.
Aussi longtemps que vous croyez à l'illusion que vous savez tout, vous êtes en grand danger. C'est la raison pour laquelle vous ne cherchez pas un maître, ou vous ne vous intéressez pas aux enseignements spirituels. Si un homme n'est même pas en quête d'enseignements, vous pouvez être sûr qu'il ne sait même pas qu'il ne sait pas. Cela montre qu'il est dans une obscurité profonde, sans même savoir qu'il est dans l'obscurité! Si vous avez un aperçu de la lumière ne serait ce qu'une fois, alors vous saurez que vous êtes dans l'obscurité. Si vous n'avez jamais entrevue cette lumière, vous ne saurez même pas que vous êtes dans l'obscurité.
Une petite histoire :
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Un homme né aveugle rendit visite à un docteur et lui demanda s'il pouvait retrouver la vue. Le docteur l'examina et dit qu'il ferait une opération pour lui redonner la vue, et qu'il serait alors capable de marcher sans sa canne.
L'aveugle répondit, 'Docteur, je comprends deux choses. Je comprends que vous allez m'opérer. Je comprends aussi qu'ensuite je retrouverai la vue. Mais je ne comprends pas comment je pourrai marcher sans ma canne?'
Il avait utilisé une canne pour marcher toute sa vie, et donc pensait que la canne était liée à l'acte de marcher même. Le docteur lui dit, 'Lorsque vous retrouverez la vue, vous comprendrez mieux.'
Similairement, c'est lorsque vous aurez entrevu la lumière que vous comprendrez dans quel type d'obscurité vous vous trouvez aujourd'hui. Vous vous mettrez alors en quête d'un maître, ou vous vous intéresserez aux enseignements spirituels.
Q : Quand tous les grands maîtres sont des manifestations du Divin, pourquoi sommes-nous attirés par un maître en particulier?
R : Ramakrishna donna un magnifique exemple. La mère cuisine le même poisson de dix façons différentes pour ses dix enfants. Elle en cuisinera un avec du sucre, un autre de manière très épicée, un autre sera très grillé… Elle cuisinera le même poisson de dix manières différentes pour satisfaire le goût et les attentes de tous ses enfants. En fait, nous avons tous notre propre configuration mentale, nous avons tous nos attentes. Le divin vous exauce de la manière que vous
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voulez. Si vous avez une passion pour la musique et la danse, alors Meera et Chaitanya qui s'exprimaient à travers la musique vous attirerons ! Une personne intellectuelle sera attirée par Shankara. Mirabai et Chaitanya ne lui conviendront pas, car ils sont toujours en train de chanter et danser! Il pensera que cela est ridicule. De la même manière, celui qui est attiré par l'amour extatique de Mirabai et Chaitanya, pensera qu'il est ridicule de s'asseoir et d'analyser intellectuellement les choses sans arrêts!
L'intellectuel sera attiré par les choses intellectuelles, une personne orientée vers le cœur sera attirée par les choses dévotionnelles, celui qui est orienté vers l'être, sera attiré par la méditation. Il y a tant de voies et tant de maîtres, chaque personne est centrée sur une énergie différente. Celui qui pense en permanence est sur la voie de Gnana yogala voie de la connaissance, l'individu qui est centré sur les émotions est un bhakti Yogi- il suit la voie de la dévotion, la personne orientée vers l'être, silencieux et introverti, la méditation est la voie. Ainsi une personne est attirée par une philosophie et un maître en fonction de son energie personnelle ainsi que sa configuration mentale.
Lorsque vous trouvez le maître approprié, quelque chose va soudainement se produire entre vous et lui : une synchronicité, c'est presque comme tomber amoureux ! En fait, c'est quelque chose en plus que ce qui peut être exprimé par les mots. Ce n'est même pas tomber amoureux, avec le maître, c'est s'élever en amour ! Vous trouverez qu'il exprime ce que vous voulez entendre. Vous trouverez que votre cœur entre en résonnance avec le sien. Alors, en attendant que cela se produise, continuez votre recherche. Ceci est la meilleure attitude, et la seule manière d'être en quête.
Q : Sommes-nous qualifiés pour la quête spirituelle?
R : Ramana Maharishi a répondu à cette question magnifiquement bien. Etes-vous vivant? (La personne répond que oui).
Et bien c'est la qualification requise! C'est la seule qualification car la vie elle-même vous a été confiée par le Divin. Alors cela est plus que suffisant pour obtenir la grâce Divine. Rien de plus n'est nécessaire, le reste sera pris en charge par le Divin.
(La personne nomme deux maîtres et questionne Swamiji à leur sujet.)
Voici une question mentionnant le nom de deux maîtres en Inde. Quelle est la différence entre eux, et quels sont les points communs?
Notre esprit est tel qu'il est constamment en train d'analyser pour trouver les différences, les similarités et les différences et je ne sais quoi. Mais les maîtres sont au delà de notre mental. Lorsque nous essayons de les analyser, nous échouons et tombons de haut. Nous pouvons comparer deux objets. Nous pouvons voir quelles sont les similarités et les différences entre ces deux vases, par exemple, ces deux vases. Vous pouvez voir la taille, la forme, l'avant, l'arrière, et tout ce qui les concerne. Mais dans le cas des maîtres, ils sont infinis, ils sont des dimensions infinies! Pouvez-vous voir les similarités et les différences entre deux espaces infinis? Les similarités et les différences entre deux infinis sont les même qu'entre deux maîtres, voilà tout!
Q : Hier vous avez dis que la différence entre un maître vivant et un maître qui a quitté son corps est que le maître vivant peut vous 'tirer vers le haut'. Mais de nos jours, beaucoup de maîtres ont tant de fidèles qu'on n'arrive pas à avoir de contact avec eux. Cependant un maître qui a quitté son corps est capable de nous guider à travers les rêves. Pourriezvous élaborer à ce sujet?
R : Oui, cela est un problème majeur que les chercheurs spirituels modernes rencontrent. Avant de répondre, je dois confesser quelque chose. Ici, au moins, vous avez une chance de me questionner. Vous pouvez demander à mes dévots en Inde combien de gens participent à mes programmes. Quarante ou cinquante mille! Je ne suis moimême pas capable de leur donner l'opportunité de poser des questions, ou même de m'approcher d'eux! Alors, laissez-moi vous l'expliquer de cette manière.
Avec les maîtres vivants, qu'ils aient beaucoup de fidèles ou non, qu'ils soient proches d'eux ou non, les gens expérimentent toujours que n'importe quel doute ou pensée qu'ils ont en tête est clarifiée par le maître d'une manière ou d'une autre. D'un côté, les gens ne sont pas capables de poser leurs questions ou d'avoir leurs doutes clarifiés individuellement. D'un autre côté les gens trouvent que les questions ou les doutes qu'ils ont dans l'esprit sont d'une manière ou d'une autre résolus ou traités par le maître vivant. A chaque fois qu'une question est sincère, à chaque fois qu'elle est une quête, vous réaliserez que le
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maître répond à cette question. Le maître incarné vous guide. Cela est plus flagrant avec un maître vivant qu'avec un maître qui a quitté son corps.
Ce n'est pas impossible avec les maîtres désincarnés, mais vous avez oubliez le langage dans lequel ils parlent. Leur langage est trop subtil.Vous devez abandonner totalement vos conversations intérieures pour les entendre. Un maître vivant comme moi est un haut parleur! Alors même si votre bavardage intérieur est intense, je peux être plus bruyant que ce dernier! Mais les vieux maîtres deviennent très silencieux, très subtils. Que ce soit bien clair, ils continuent à parler, à communiquer avec vous. Vous pouvez même appeler cela une communion. Le problème est que cela ne va plus que dans un sens. Vous avez oublié comment les écouter, vous avez oublié le langage qu'ils parlent. Ils parlent le langage du silence. Et vous ne connaissez pas ce langage.
Vous parlez peut être plusieurs langues : l'Anglais, l'Hindi, le Tamoule, le Télougou, mais pas le langage du silence. Vous vous référez au dictionnaire lorsque j'utilise le mot silence. La signification donnée dans le dictionnaire est 'absence de son'. Mais cela n'est pas la signification que je veux véhiculer. Ce dont je parle est l'énergie vibrante, vivante qu'est le silence! Vous n'êtes pas capable d'établir un rapport dans cette langue. Avec les maîtres vivants, vous pouvez comprendre ce qu'ils ont à dire parce qu'ils utilisent le langage que vous connaissez. Alors vous pourrez être plus facilement guidé par un maître vivant qu'un maître désincarné.
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L'autre problème avec les maîtres qui ont quitté leur corps, c'est que vous pouvez toujours projeter votre ego sur eux et vous en satisfaire. Cela n'est pas possible avec un maître vivant car il cogne constamment sur votre égo pour le détruire.
Q : Comment expliquez-vous le phénomène, des individus qui retransmettent des messages de Dieu?
R : La télépathie, les gens qui déclarent 'j'ai reçu l'ordre de vous communiquer quelque chose', sont des expressions de l'ego la plupart du temps. Ici, notre ego joue un double rôle.Vous parlez pour vousmême, et vous parlez pour Dieu également! Vous êtes debout devant
la statue, et priez Dieu : O Seigneur, donnez-moi vos bénédictions! Et puis, vous vous mettez derrière la statue et dites : Je te bénis mon fils!
La plupart du temps, c'est votre intellect qui joue les deux rôles. Parfois, vous pouvez même devenir schizophrène si vous êtes trop intense! En Inde, c'est ce qui arrive lorsque les gens commencent à se comporter comme Dieu. Ils peuvent même commencer à développer des pouvoirs spéciaux. Ils tombent dans un état d'hystérie, et commencent à prédire l'avenir. C'est leur inconscient qui leur révèle toutes ces choses. Ils se comportent comme si Dieu était descendu en eux, et ils deviennent sujets d'adoration. Lorsque Dieu descend, vous ne verrez que la béatitude et la joie sur les visages. Mais ces diseurs de bonne fortune sont toujours sous tension, ils souffrent en permanence. Ils sont agités, ils crient et créent des sons étranges. Cela ne peut en aucun cas être Dieu!
Quand le Divin descend, tout est magnifique, extatique, débordant de félicité, car Dieu est remplit d'amour et d'énergie. Il rayonne cet amour et cette énergie. Il rayonne la compassion, jamais l'agitation. Ne vous leurrez pas, c'est mon conseil! Sinon, vous pouvez continuer à suivre le chemin que vous avez choisit.
Le Style De Vie N'est Pas La Vie
'L e life style' (le style de vie) est relatif à la quantité de choses que vous possédez. La vie est relative à la qualité de notre conscience.
'Le life style' est lié à la façon d'on nous vivons, parlons, nous habillons, nous comportons, comment nous gagnons de l'argent, et comment nous le dépensons. Tout cela est relié à votre vie mondaine, et est une part de votre style de vie. Mais la vie, est bien plus profonde qu'un style de vie. Nous sommes si absorbés par notre mode de vie, travaillant durement pour nos besoins matériels, que nous oublions que nous avons une vie au-delà de ce 'life style' ! Nous mesurons notre vie en fonction de notre compte en banque. Particulièrement, dans le monde d'aujourd'hui, nous pouvons disposer de n'importe quel service pour de l'argent. Vous pouvez tout acheter avec l'argent, et votre vie toute entière est réduite à des transactions monétaires. Les gens commencent à croire que leur être tout entier se cantonne à leur style de vie. Beaucoup de gens viennent me voir, et me disent qu'ils ont obtenus tout ce que l'on peut obtenir dans le monde, pourtant, ils ne ressentent pas de satisfaction. La raison est qu'ils ont obtenu ce qu'ils voulaient afin de satisfaire leur style de vie, mais pas leur vie. La vie n'est pas le style de vie, et le style de vie n'est pas la vie.
En ce qui concerne le 'life style', les choses extérieures sont suffisantes. Mais pour obtenir la qualité de vie, nous devons développer plus d'attention et plus de conscience. A l'école, au collège et à l'université, on nous apprend comment améliorer votre style de vie, mais nous ne pouvons apprendre nulle part comment avoir une vie meilleure! La qualité de votre conscience n'est jamais accrue ni soutenue par cette soi disant éducation. C'est là que réside le problème.
Toute notre énergie est pôlarisée, dépensée ou dirigée en direction de notre style de vie. Les gens sont plus intéressés par leur nom et leur apparence extérieure. Ils ont oublié leur 'être' qui est l'aspect le
LE STYLE DE VIE N'EST PAS LA VIE
plus important de leur vie. Le style de vie est relatif à la taille de votre lit, alors que la vie est concernée par la qualité de votre sommeil! Nous poursuivons le rêve d'un lit plus grand, mais pour cela nous réduisons la profondeur et la qualité de notre sommeil!
Pourquoi sommes nous tant obsédés par notre style de vie? Parce que nous ne connaissons rien de la vie et nous accordons beaucoup d'importance au cadre de notre vie. 'La qualité de vie' est un pauvre substitut à la vie. Lorsque je parle du style de vie, je ne me réfère pas seulement à la vie mondaine seule. Cela s'applique à la vie spirituelle également. Dans le monde spirituel, le style de vie s'applique aux rituels. Si on accorde trop d'importance aux rituels en étant trop absorbé par ces derniers, nous manquons l'essence de la spiritualité. C'est la même chose pour tout, la façon dont nous faisons les choses est ce que nous appellons le style de vie, mais l'espace depuis lequel nous le faisons, s'appelle la vie. Lorsque nous opérons depuis notre être, nous devenons doués d'une compréhension totale de la vie, alors notre 'style de vie' perd de son importance. Il n'a plus d'importance qu'il avait.
Une petite histoire :
Mullah Naseerudin était connu pour sa mémoire, ou plutôt pour ses pertes de mémoires. Il ne pouvait jamais se rappeler de quoique ce soit pendant longtemps.
Un jour, il prévu de faire trois choses dès qu'il arriverait à la maison. Alors, il fit trois nœuds dans son mouchoir pour s'en rappeler.
Après être rentré à la maison, il exécuta deux des choses qu'il voulait faire, mais ne put simplement pas se rappeler de la troisième chose! Il resta assit toute la nuit essayant de se remmémorer à quoi se référait le troisième nœud sur sa liste.
Tôt le matin, il se rappela tout à coup quelle était cette chose : il avait prévu de s'offrir une bonne nuit de sommeil!
C'est ce qui se passe lorsque nous sommes piégés par notre style de vie, nous ratons tout simplement la vie.
Nous vivons notre vie sur sept plans différents. L'autre jour, je lisais un livre sur les films Hollywoodiens. L'auteur avait conduit une étude et trouva que toutes les histoires des films Hollywoodiens peuvent être classées en sept catégories, et chacune de ces catégories
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correspond à sept émotions majeures en nous, qui sont les désirs sexuels, le souci, la peur, le besoin d'attention, la jalousie, l'ego et le mécontentement. Toutes les histoires ne sont que des variantes ou des adaptations de ces sept scripts émotionnels. Je fus surpris de voir que ces sept émotions sont identiques aux sept états émotionnels définis par Patanjali - un grand saint de l'Inde ancienne considéré être le père du Yoga), dans ses Yoga Sutra ! Dans notre programme Life Bliss Program (LBP), nous parlons de ces même sept émotions et les relions aux sept chakras ou centres énergétiques dans notre corps.
Il y a cinq mille ans de cela, Patanjali déclarait que nous établissons notre rapport au monde à travers sept émotions majeures. Il s'agit des sept plans dont je parle.
Dans la mythologie Indienne, on les appelle les septs loka – les mondes. Ces sept mondes n'existent pas sur un plan physique. Ils sont seulement sept façons différentes de regarder le même monde. Lorsque nous portons des lunettes vertes, tout ce qui nous entoure semble vert. Lorsque nous sommes établis dans une émotion particulière, nous voyons le monde sous l'angle de cette émotion particulière.
Le premier plan est celui du sexe. C'est l'espace ou le plan qui est à l'origine de notre naissance. A ce niveau là, votre style de vie est remplit d'imaginations et de fantasmes.
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Si nous sommes centrés sur cette émotion, dans n'importe quelle relation, nous penserons continuellement que notre partenaire nous a trahit. L'autre personne ne nous trahis jamais, c'est nous qui projettons notre imagination et nous leurrons nous-mêmes. Lorsque nous disons que nous cherchons la personne de notre vie, nous cherchons en fait le partenaire de nos rêves. Nous cherchons un écran sur lequel nous pouvons projeter notre imagination et nous en sentir satisfaits. Nous cherchons en fait un partenaire pour notre style de vie, et non un partenaire pour la vie. Alors, quand nous cherchons ce partenaire, nous sommes constamment en train de penser : 'Quand je vais à une fête, il me faut être accompagné de quelqu'un qui glorifie mon train de vie!' Notre compagnon de vie est celui qui fait un avec notre être, avec notre conscience.
La vie est pure énergie, elle est l'expression de notre conscience intérieure. Nous devrions vivre de façon à ressentir une satisfaction et un accomplissement totale.
Cette petite histoire à propos de la vie d'Einstein explique cela très bien. Sur son lit de mort, un collègue lui demanda en quoi il voudrait renaître dans sa vie prochaine. A la fin de sa vie, Einstein est devenu plus mystique que scientifique. Bien qu'il était de foi Juive, il avait commençé à croire aux vies antérieures.
A la question de son collègue, il répondit qu'il désirait renaître plombier. Son collègue fut surpris. Einstein lui dit qu'il avait obtenu tout ce qui pouvait être obtenu dans le monde extérieur, argent, nom, célébrité et respect. Cependant, il sentait qu'il avait raté sa vie. Dans sa jeunesse, il voulait être plombier, mais le destin en décida autrement : il devint homme de science. A force de courir, il avait atteint le sommet de sa carrière, mais ne savais plus pourquoi il se trouvait là.
Einstein dit, 'J'ai découvert la plus grande vérité de ce siècle, mais ma vie est devenue un mensonge!'
S'il était devenu plombier, il n'aurait reçu aucune reconnaissance, il n'aurait pas réalisé un tel niveau de vie, mais il aurait atteint une satisfaction profonde de la vie. Lorsque la vie procure une telle satisfaction et une telle plénitude, on ne se soucie plus du style de vie.
Le style de vie est lié à notre conditionnement. Si on nous enseigne que les modèles et les acteurs que nous voyons au cinéma où à la télévision portent des jeans, nous adopterons alors cette mode. Si on nous montre qu'un accoutrement est le style du moment, nous nous le procurons à la place de l'ancien. Ainsi, votre soit disant 'niveau de vie' est une condition que la société vous a donnée. Ce style de vie est tributaire de la société, alors que la vie est naturelle. Le style de vie est superficiel, mais la vie est le cœur de notre être. Si nous restons en contact avec notre être, même notre mode de vie nous apportera de la satisfaction. Nous serons heureux quel que soit le style que nous adoptons. Mais nous courrons sans cesse après 'le style de vie', pensant que cela nous apportera le bonheur. Nos problèmes ne pourront jamais s'arranger juste en changeant notre style de vie.
Dans mes cours, je demande : 'Qu'est-ce que le souci?' Les gens me donnent toujours les raisons des soucis, au lieu d'une explication
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de ce que sont réellement les soucis. Nous ne trouverons jamais une réponse si nous essayons de travailler sur les raisons de nos soucis. Ce n'est que si nous travaillons sur l'expérience subjective du souci, que nous nous débarrassons du souci. Quand nous avons un problème et essayons de travailler sur notre style de vie, cela ne nous servira à rien. Il nous faut travailler sur la vie elle-même. Il nous faut travailler à créer toujours plus de conscience. L'homme ne pourra jamais se détendre s'il investit toute son energie à dévelloper seulement son style de vie. Il ne pourra jamais se détendre avant d'être dans le cerceuil! Même dans le cimetière, il sera encore en train de se soucier au sujet de la pierre tombale qui va être choisie pour décorer son cerceuil! J'ai entendu dire qu'ici, aux Etats-Unis, des gens achètent des terrains pour leur propre enterrement alors qu'ils sont encore vivants. Je crois que les terrains surplombant l'océan sont plus honéreux! Lorsque nous ne sommes intéressés que par le style de vie, nous courrons naturellement sans arrêt, jusqu'à la tombe.
Une petite histoire :
Dans une ville, l'empereur sortit du palais pour sa promenade du matin. Alors qu'il marchait, il rencontra un mendiant qui lui demanda, 'Que voulez-vous?'
Le mendiant se mit à rire et dit : 'Vous me demandez si vous pouvez satisfaire mon désir !'
Le roi se sentit offensé par cette parole, il dit, 'Qu'est-ce que c'est que cela? Demande-moi ce que tu veux, et je pourrai satisfaire ton désir.'
Le mendiant dit à l'empereur, 'Pensez-y à deux fois avant de promettre quoique ce soit.'
Le mendiant était le maître du roi dans une vie antérieure ! Il lui avait promis qu'il viendrait le rencontrer afin de l'éveiller dans sa vie prochaine. Le roi n'avait pas reconnu le maître dans sa vie passé et ce dernier était revenu afin d'essayer de l'éveiller encore une fois.
Mais le roi l'avait oublié complètement. Personne ne se rappelle ses vies passées.
Alors il insista qu'il lui donnerait tout ce qu'il lui demande.
Le mendiant dit, 'Mon désir est très simple. Vous voyez ce bol. Pouvez-vous le remplir ?'
LE STYLE DE VIE N'EST PAS LA VIE
L'empereur appella un de ses ministres et lui dit, 'Remplis d'argent le bol de cet homme.'
Le ministre partit et récupéra de l'argent et le mit dans le bol, l'argent disparut immédiatement. Une fois de plus, il y déposa de l'argent et encore, l'argent disparut. Peu importait la somme d'argent mise dans le bol, le bol restait
vide.
La nouvelle se répandit dans toute la ville et une foule de gens se rassemblèrent autour du palais. Le prestige de l'empereur était menacé. Il dit à ses ministres, 'Même si tout mon royaume est perdu, je suis prêt. Je ne peux laisser ce mendiant me ridiculiser.'
Des perles, des diamants et des émeraudes furent apportés.
Finalement, le soir, les gens étaient debouts dans le silence le plus total. Le roi tomba aux pieds du mendiant et admit sa défaite. Il dit, 'Vous avez gagné, mais avant de partir, dites-moi de quoi ce bol est fait.'
Le mendiant se rit du l'empereur et dit, 'Ceci n'est pas un mystère. Ce bol est constitué de mental humain. Il n'est rien d'autre que le désir humain!'
Cette compréhension toute simple transforma la vie du roi.
Le mental est un trou noir. Il absorbe sans arrêts et demandent toujours plus. Nous ne nous détendons jamais pour profiter réellement des choses. Vous repoussez à plus tard votre bonheur. A l'université vous dites 'Je m'amuserai après le mariage.' Après le mariage, vous dites 'Après avoir eu des enfants.' Après les enfants vous dites 'Après son éducation ', ensuite vous direz 'Après la retraite, je jouirai de la sécurité sociale.' Mais à ce moment là, vous serez conditionné à courir continuellement. Nous avons créé en nous une configuration mentale qui ne nous permet jamais de nous détendre ni d'apprécier les choses.
Dans bien des cas, j'ai vu des parents bien que leurs enfants et petits enfants soient mariés, ils continuaient à consulter les colonnes matrimoniales. Ils lisent leur journal entièrement du matin au soir. Il se peut que l'éditeur même n'ait pas fait ce travail. Pourquoi? Car ils ne peuvent s'asseoir seuls, ils ne peuvent tolérer leur propre compagnie. Nous pouvons nous asseoir devant le téléviseur, au téléphone, avec un journal, mais jamais seul avec nous-même. La capacité de s'asseoir avec soi-même, l'aptitude d'être avec soi-même
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en silence et jouir d'un certain confort, est ce que j'appelle la vie. Seule cette aptitude nous donne un aperçu de ce qu'est la vie. Si nous n'avons rien d'autre à faire, nous commençons à penser, à planifier ou à nous faire du souci. Ici aussi ; nous nous faisons du souci quant à notre style de vie. Ici, aussi nous nous faisons du souci concernant notre style de vie. Soit nous collectons des données, soit nous les traitons, ou soit nous les communiquons ! Nous sommes sans cesse en train de courir, sans jamais faire l'expérience de la vie.
Si nous expérimentons la vie pleinement, nous n'aurons jamais peur de la mort car la vie et la mort sont les deux faces de la même pièce. Si nous avons experimenté la vie, nous réaliserons que la mort n'est pas la fin de la vie, mais son apogée- une expérience intense. C'est une énergie de transformation intense. La Bhagavad Gita – le discours que le Seigneur Krishna délivra à Arjuna- annonce que la mort n'est rien d'autre qu'un changement de vêtement, c'est comme changer notre corps pour un autre. Et ce changement de corps conduit à une transformation intérieure.
Le deuxième plan est celui de la peur. Si vous observez votre 'style de vie', vous comprendrez qu'il est en fait fondé sur les peurs.Nous avons toujours peur d'une chose ou d'une autre. Même lorsque vous nous apprécions quelque chose, nous avons peur de perdre cette chose! Si nous avons experimenté la vie du plus profond de notre être, alors, nous saurons que nous n'avons pas besoin d'avoir peur de quoi que ce soit, car nous n'avons rien à perdre. S'il y a quelque chose à perdre mieux vaut le perdre le plus vite possible. Tout ce qui peut être perdu n'a guère de valeur!
Nous avons plusieurs types de peurs : peur de perdre nos possessions matérielles ; peur de perdre notre santé mentale et physique, peur de perdre un être cher, peur de perdre l'amour, et peur de plein de choses inconnues, y compris la peur de ne rien savoir. Toutes ces choses produisent beaucoup d'anxiété et de peur chez nous.
Notre peur ultime est celle de perdre notre identité, notre ego. Dans plusieurs études, il a été établi que ce que les gens craignent le plus est la mort, la deuxième peur la plus commune est la peur de parler en public! Bien que ces deux peurs semblent être différentes, elles sont issues de la même source- l'ego a peur de perdre son identité. Au moment de la mort, nous n'avons pas la moindre idée où
LE STYLE DE VIE N'EST PAS LA VIE
nous allons, notre ego est menacé. Au cours des discours publics, l'ego redoute l'échec, il redoute d'être soumis à la honte si la performance n'est pas bonne.
La société et la religion insufflent de plus en plus de peurs dans notre système. La peur du péché, la peur de violer la morale, la peur de l'enfer- est infusée en nous depuis l'enfance par ceux qui souhaitent nous contrôler, et contrôler nos actions. Aucunes de ces peurs n'a de fondement spirituel. La morale devrait être inspirée par la conscience et non pas par les contraintes et les peurs.
On ne peut dépasser ces peurs qu'en leur faisant face courageusement. La peur est comme une ombre, elle nous suit, elle nous traque. Mais une chose est vrai : dès que nous nous retournons pour lui faire face, elle disparaît ! Il nous faut faire face à la peur avec compréhension et conscience. Elle se dissout d'elle-même. Alors, nous déduisons que nous avions peur de quelque chose qui n'est pas réel en soi.
Le troisième niveau, est celui des soucis, ce que j'appelle le bavardage intérieur corrompu. Lorsque notre bavardage intérieur est corrompu et qu'il dérange notre être intérieur, alors les soucis commencent. Tous nos soucis sont liés à notre style de vie. Quand nous sommes centrés sur notre mode de vie, nous nous faisons constamment du souci. La personne qui possède une voiture va s'inquiéter de ne pas avoir les pièces de rechange. La personne qui n'a pas de voiture va s'inquiéter de ne pas en avoir! Ces soucis deviennent des béquilles, des compagnons sans lesquels on ne peut fonctionner.
Ils naissent de l'espace entre nos attentes et la réalité. La réalité se produit comme elle se doit- en accord avecle flot de l'existence. Tout ce qu'il nous faut faire, c'est l'accepter avec révérence. Mais nous commençons à avoir nos atentes quant à comment elle devrait se produire. Voilà où commencent les problèmes. La différence entre la réalité et nos attentes donne naissance à une tension intérieure constante, aux soucis.
Avec la compétition qui s'accroît pour tout- pour l'éducation, pour le travail, pour trouver un partenaire etc- notre niveau de stress et nos soucis s'accroîssent. L'inquiétude est le cachet d'une personne travaillant en entreprise. Si elle se fait du souci au bureau, on considère
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cela comme le travail, si elle se fait du souci à la maison, on parle de problèmes de famille, si elle se fait du souci à la plage, on parle de vacances. Le corps peut être dans différents endroits, mais le mental est toujours centré sur une chose- l'inquiétude!
Nous croyons tous que nous sommes les seuls à être spéciaux, nous seuls avons des soucis. Ce n'est pas vrai. Nous avons tous les mêmes soucis dans l'ensemble, ils s'expriment juste différemment, c'est tout. Nos soucis sont basés soit sur des incidents du passé qui génèrent des regrets et de la culpabilité, soit sur des spéculations concernant l'avenir qui génèrent des incertitudes. Le passé est entérré, il est histoire ancienne. L'avenir n'est pas du tout sous notre contrôle. Si nous comprenons cela entièrement, nous cessons de nous inquiéter pour tout.
Le plan suivant concerne l'attention que les autres nous portent. Maintenant, nos problèmes deviennent un peu plus subtils, ils ont attraits aux émotions. Tant que vous fondez votre existence sur votre style de vie, vous êtes constamment en train de réclamer l'attention des gens. Avec cette attention des autres, nous nous sentons heureux et notre humeur s'accroit aussi longtemps que les gens nous donnent de l'attention. C'est pour cela que les gens donneraient tout ce qu'ils possèdent pour devenir célèbre. Cette énergie les motive. Ils se sentent plus grand que nature. L'attention est l'énergie. C'est la raison pour laquelle les politiciens se sentent si énergétiques lorsqu'ils sont parmi leurs électeurs.
Vous avez certainement entendu parler de psychologie de groupe. Lorsque vous êtes dans une foule, vous sentez que vous pouvez faire n'importe quoi et vous en tirer sans encombres! Une personne criera ' A bas, à bas!' au principal de son collège car il est fait partie d'un groupe. Mais prise à part, elle tremblera tout simplement de peur. Si vous vous sentez plus énergétique en groupe alors votre style de vie est basé sur l'attention des autres.
Nous pensons généralement que les masses sont dirigées par les dirigeant politiques. Mais en réalité, c'est le contraire! Les leaders font ce que les masses veulent! Ils sont les pires esclaves car leur énergie n'est pas centrée sur eux-même, mais sur l'attention des masses. Quand l'attention des autres est retirée, ils se sentent privés et déprimés. Notre opinion sur nous-même résulte de l'opinion des autres.
LE STYLE DE VIE N'EST PAS LA VIE
Si on nous répète constamment que nous ne sommes 'rien', alors nous commençons à ressentir que nous sommes rien! Nous ne savons pas qui nous sommes et dépendons des autres pour nous créer une identité.
Si vous avez eu une expérience solide de vous-même, alors vous savez qui vous êtes. Mais si vous existez en fonction de votre 'style de vie' seul, alors vous dépendez de l'opinion de autres. Plus vous recevez de certificats, mieux vous vous sentez. D'un autre côté, quand vous êtes centré sur votre vie, vous sentez une satisfaction profonde provenant de ce que vous faites, et non de ce que les autres disent. Lorque vous aurez appris à vous connaître et à accorder de la valeur à l'opinion que vous avez de vous-même, vous vivrez dès lors pour la vie elle-même, non pour 'le style de vie.'
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La façon dont nous construisons notre estime de soi décide comment nous allons mener notre vie. Nous faisons beaucoup de choses par pur besoin d'attention des autres, et ne faisons pas certaines choses de peur de perdre leur respect. Tant que nous n'aurons pas développé une bonne estime de soi, nous serons toujours dépendants des autres pour notre bonheur, et nous danserons au rythme de leur musique. Nombreuses sont les choses que nous faisons parce que nous avons besoin de l'approbation des autres et nombreuses sont les choses que nous nous abstenons de faire également car les autres pourraient les désapprouver. Nous devons être politiquement correct pour être approuvés par la société. Au bout du compte, nous ne faisons pas ce que nous espérons faire. Nous faisons ce que les autres attendent de nous et non les choses qui nous passionnent. Nous vivons notre vie dans l'intérêt des autres.
Si nous nous libérons de ce schéma en sortant des sentiers battus et si nous faisons les choses qui nous passionnent, sans se soucier de ce que les autres disent, nous mettrons alors toutes les chances de notre côté pour trouver le bonheur.
Le cinquième plan est celui de la comparaison aux autres. Nous nous comparons jalousement à nos amis, voisins et collègues. Dès que notre voisin achète un nouveau climatiseur, la température dans notre maison monte subitement! Si notre collègue achète le dernier modèle de voiture, notre propre voiture commence à rouler beaucoup plus lentement. Nous avons besoin de changer notre voiture tous les ans,
notre maison tous les trois ans, et notre épouse tous les cinq ans. Nos désirs basés sur la jalousie et nourris d'avidité n'ont pas de limite. Ils sont en expansion constante, et nous enfoncent de plus en plus dans le malheur. La jalousie est une perte d'énergie énorme. Elle nous sape. C'est une émotion futile qui n'a aucune fonction productive.
Dans la plupart des cas, aucun de nous, n'est le meilleur ou le pire dans ce qu'il fait. Si nous mettions en file Indienne tous les gens de la planète sur la base de leur qualité, la plupart d'entre nous serait quelque part au milieu! Pourtant, nous luttons tous pour être le numéro un ou le numéro deux dans un domaine ou un autre. Mais au final, nous sommes les premiers à rejoindre le cimetière! Cette course aléatoire commence très tôt au sein de notre système éducatif, quand nous commençons à classer nos enfants sur la base de leurs aptitudes telles que nous les perçevons. Une fois que les trois premiers sont désignés, cela signifie-t-il que le reste de la classe est inutile? Non ! A moins que nous arrêtions de classer les gens à partir d'évaluations subjectives dans les domaines qui nous semblent importants, nous ne pourrons jamais prétendre au bonheur communautaire.
Nous devons réaliser que chacun est unique. Se comparer aux autres est inutile. Chaque moment passé à se comparer aux autres est une perte de temps.
Le sixième plan est l'ego, la haute estime- ou la mauvaise estime de soi. S'imaginer être plus important ou moins important que ce que vous êtes en réalité. Encore une fois, cela est basé sur l'opinion que les autres ont de vous.
Hier, des journalistes m'ont demandé comment je pouvais avoir tant de sagesse à un si jeune âge. Je leur dis que la sagesse est indépendante des incidents qui arrivent dans votre vie. Elle est basée sur ce que vous avez appris de ces expériences. Elle ne dépend pas du nombre d'incidents, mais du nombre de choses que nous avons apprises grâce à ces incidents. Si nous sommes conscients et si nos yeux sont bien ouverts, il nous sera alors même pas nécessaire de passer par cette phase d'apprentissage. La vie est trop courte pour commettre plein d'erreurs et en tirer les leçons adéquates. Nous pouvons tout aussi bien apprendre des erreurs et des expériences des autres. Supposez que vous touchiez une cigarette allumée, vous réalisez alors que cela brûle. Puis vous touchez un fourneau et constatez que cela brûle également. Puis vous touchez des charbons ardents et
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réalisez que cela brûle. Ensuite, vous touchez une allumette et trouvez que cela brûle. A partir du moment où vous aurez touché tous les types de feux et réalisé que tous les feux brûlent, votre corps sera lui même prêt à être brûlé! C'est cela apprendre par l'expérience.
L'autre moyen d'apprendre, c'est de toucher un feu et de réaliser que tous les feux brûlent. C'est cela la sagesse. L'expérience est basée sur le style de vie, tandis que la sagesse est basée sur la vie. Lorsque vous aurez développé une conscience raffinée, une intelligence totale, et la conscience de votre être, chaque incident vous révèlera sa vérité. Vous deviendrez plus conscient de ce qui se passe à l'intérieur et à l'extérieur de votre être. Vous deviendrez plus conscient de ce dont vous avez besoin pour satisfaire à la fois votre vie et votre niveau de vie.
Il y a des gens qui courent et courent pour satisfaire leur ego. Ils s'affairent constamment dans l'objectif de réussir quelque chose, mais une fois qu'ils l'ont obtenue, ils se sentent ridicules parce cela ne leur a offert aucune satisfaction. L'autre jour, un homme me dit qu'il avait déjà tout plannifié lorsqu'il arriva aux Etats-Unis la première fois. Il avait une liste de choses qu'il voulait réussir, et il s'était donné 20 années pour les réaliser. Par la grâce de Dieu, il réussit tout ce qu'il voulait faire en 8 ans seulement. Mais maintenant, en dépit de toutes ses réalisations, il sentait un vide profond en lui. Il avait realisé ce qu'il voulait, mais pas le pourquoi de la chose. Il désirait tout cela pour ressentir la joie et la félicité. Mais il ne les avait pas encore atteintes.
Toutes les joies que ces gens expérimentent sont temporaires. Il s'agit en partie de la joie de l'acquisition. Une fois la chose acquise, on doit entreprendre un autre projet pour garder le flot d'adrénaline, sinon, on tombe en déprime.
Lorsque vous entreprenez et entreprenez et ne trouvez malgré tout aucune joie en cela, vous tombez en dépression, la dépression du succès- un sentiment de vide qui s'élève après avoir atteint la réussite sociale. Elle est comme un sentiment de vide qui s'élève même après avoir réussi tout ce que la société qualifie de 'succès'. A peu près toutes les personnes qui 'réussissent' dans le monde 'civilisé' souffrent de cette dépression du succès. Les gens vivant dans les pays dit 'sousdéveloppés' sont encore en train de lutter pour acquérir le succès matériel et leur malheur se transforme en dépression de l'échec !
D'une certaine façon, la dépression de l'échec est bien meilleure que la dépression du succès. Dans cette dépression de l'échec, il vous reste l'espoir que vous pouvez encore réussir, mais la dépression du succès vous conduit tout droit à la vérité. L'espoir nous protège de la vérité. Mais devoir faire face à la vérité directement peut heurter énormément! Vous n'avez alors plus rien d'autre à réaliser, nulle part ou aller, et un profond désespoir vous envahit. A ce stade là s'ouvrent trois voies pour vous. La première est la voie de la dépendance, des drogues, de l'alcool, ou même de la nourriture. Même l'obésité est le résultat de la dépression du succès. Au moins, avec les drogues et l'alcool, vous réalisez que vous êtes accros. Mais vous ne le réalisez pas quand vous êtes accros à la nourriture! C'est pour cette raison qu'il y a un pourcentage d'obésité élevé dans les pays développés.
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Dans ses pays tel que les Etats-Unis, les gens ont accompli tout ce qui est possible d'accomplir par rapport à votre style de vie, mais vous n'avez rien réalisé au niveau de votre vie elle-même! La vie est bradée au profit du niveau de vie. Tout comme Faust qui a vendu son âme pour atteindre la richesse et le confort, vous vendez vos yeux pour acheter une peinture, votre langue pour acheter de la bonne nouriture, vos jambes pour payer le cours de danse! Vous avez atteint un bon style de vie, mais pas la réalité de la vie elle-même. La vie devient une course à l'argent!
Vous courrez continuellement dans le but de soutenir votre ego, mais au final, vous vous sentez ridicule! Vous poursuivez un but, et une fois que vous l'avez atteint, vous réalisez que votre désir pour cet objet a disparu. Si vous désirez ardemment une voiture et restez focalisé sur ce désir, une fois que vous aurez acquis cette voiture, vous réaliserez que cela ne valait pas la peine d'en faire tout un plat! Très fréquemment, vous sentez que vous avez payé bien trop cher le prix d'un désir, trop de temps et trop d'énergie ont été investis. Aussi longtemps que vous courrez derrière un bon niveau de vie, vous serez mis sous pression, sous stress.Vous n'aurez aucune opportunité de vous reposer ; de profiter de la vie, et cela produira un mécontentement profond.
Le septième plan se réfère au mécontentement. Ce mécontentement se produit quand nous ne sommes axés que sur le style de vie. Le Mahabharata- un long poême épique Indien, relate une très belle histoire concernant un Roi appelé Yayati.
LE STYLE DE VIE N'EST PAS LA VIE
Le roi jouit de tous les plaisirs de la vie pendant cent années. Mais lorsque la mort frappa à sa porte, il ne voulut pas partir. Il fit un pacte avec la mort pour vivre cent années supplémentaire. La mort accepta, sous condition qu'un de ces fils meurt à sa place. L'un des fils accepta, et cent années de plus furent accordées à Yayati.
A la fin de ces cent années, la mort vint encore le chercher. Yayati plaida pour cent années de plus. Son voeu fut encore exaucé car l'un de ses fils accepta de partir à sa place. Cela se reproduit dix fois, il réussit à avoir encore quelques sursis, mais il n'était toujours pas satisfait.
A la fin, Yama- le Dieu de la mort- dit : 'Tu jettes de l'huile sur le feu!' A ce moment, Yayati reçut une expérience de l'illumination ou satori.
Votre train de vie ne peut vous satisfaire pleinement car il requiert de posséder toujours plus. La quantité ou le nombre des années ne pourra jamais vous convenir, seule la qualité de la vie peut vous satisfaire.
Je dis toujours aux gens : n'ajoutez pas plus d'années à votre vie, ajoutez de la vie à vos années!
Nous pouvons ajouter de la vie à vos années de trois façons : vivez dans le moment présent, soyez plus conscient de ce qui se passe dans le monde extérieur et soyez plus profondément conscient des changements qui s'opèrent dans le monde intérieur. Ces trois choses vous donneront un aperçu de la vie, de l'énergie de la vie et une expérience de samadhi.
Lorsque vous êtes centré dans votre conscience, vous êtes centré dans une satisfaction profonde. Au niveau de la sexualité, sur le premier plan, plutôt que de développer des fantasmes, vous aurez une intimité plus profonde avec votre partenaire. Vous acceuillerez la mort de façon à ce qu'elle apporte une transformation profonde en vous. En ce qui concerne les soucis, vous développerez une bonne clareté d'esprit plutôt qu'un bavardage intérieur corrompu. Au lieu de vous faire du souci quant à l'avenir, vous plannifierez votre vie au fur et à mesure et intelligement. Vous serez plus efficace. Au niveau de l'attention, plutôt que d'attirer l'attention et l'énergie des autres à vous, vous commencerez à rayonner la paix et l'énergie vous-même. Plutôt que d'avoir une trop haute ou trop mauvaise estime de Soi, vous saurez
qui vous êtes et vous commencerez à vous ouvrir et à vous épanouir à votre façon. Au niveau de l'ego, vous travaillerez en étant complètement conscients de vous-même et des autres, sans tomber dans le piège de l'ego. A un niveau plus élevé, le mécontentement profond fera place à une plénitude profonde.
Nombreux sont les maîtres qui ont quitté leur corps à un très jeune âge- comme Shankara à 32 ans, Vivekananda à 39, Ramakrishna à 50 ans ou Yogananda. Ils étaient intensément satisfaits, parce qu'ils expérimentaient la vie pleinement. Si vous êtes centré sur votre train de vie, vous ajouterez plus de choses et plus d'années à votre vie, mais si vous êtes orienté sur la vie, vous rayonnerez continuellement l'énergie.
La science n'a pas encore prouvé ce fait. Il doit encore être expérimenté, c'est tout. Tout cela est au delà de la logique! Nous ne pouvons pas prouver la présence de Dieu à l'aide de la logique. Si nous essayons de le faire, la logique devient alors plus grande que Dieu! Dieu est grand car il ne peut être prouvé par la logique. De la même manière, la vie est au delà de la logique. Tout cela est très paradoxal. Lorsque nous essayons de voir les choses logiquement, nous ratons la vie! Laissez ces idées pénétrer votre être, laissez cette conscience s'épanouir en vous, puissiez-vous expérimenter la vie dans la félicité éternelle-nithyananda!
QUESTIONS - RÉPONSES
Q : Lorsqu'une personne a très bien réussi dans la vie puis tombe en dépression, vous dites qu'il y a trois façons de traiter cela. La première est la dépendance. Quelles sont les deux autres?
R : La première est la dépendance. La suivante est le suicide : vous vous tuez ou devenir morne, comme une sorte de mort vivant. La troisième méthode, que seul un petit groupe d'élus choisissent, est la méditation ! Voilà les trois chemins qui vous délivrent de la dépression.
Q : Mais n'est-ce pas très difficile?
R : Changez votre programmation mentale, c'est tout! Plutôt que de dire sans arrêt que c'est très difficile, commencez plutôt à dire que c'est facile! C'est vous qui imprimez le mot 'difficile' dans votre esprit. Au début, votre esprit n'acceptera pas cela facilement, il résistera. Mais si vous continuez en vous disant que cela est facile, vous constaterez que vous êtes devenu plus positif dans votre vision des choses.
Ramana Maharishi- un maître illuminé du sud de l'Inde- déclara magnifiquement : ' C'est si facile l'atmavidya- la sagesse née de la connaissance du soi, c'est si facile l'illumination!' Ses fidèles lui demandèrent comment il pouvait prétendre que cela est facile. Il répondit que pour réussir dans le monde extérieur, pour avoir un bon train de vie, tout ce qu'il vous faut faire c'est travailler très dur. Alors que pour arriver à quelque chose dans le monde intérieur, vous devez simplement vous détendre et être calme, rien de plus. Tout ce que vous avez besoin de faire, c'est être, tout simplement.
Nous avons été formés pour accomplir des choses compliquées, mais nous oublions la chose la plus simple qui est de regarder en soi. Vous devriez être capable de vous adresser à vous-même avec calme et gentillesse, en utilisant des mots qui guérissent. Cela n'est pas si difficile que cela.
LE STYLE DE VIE N'EST PAS LA VIE
Q : Pour pratiquer la méditation, un mental serein est nécessaire. On dit que pranayama*- une technique de contrôle du souffle- peut beaucoup aider.*
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R : 'Le repos de l'esprit', 'le pranayama', tout cela sont des grands mots qui créent encore plus de complications! La méditation est très simple. Ici et maintenant, alors que vous êtes assis, devenez conscient de vos limites corporelles! La méditation consiste à ne pas aller là ou vous n'êtes pas. Etre là où vous êtes est méditation. Habituellement, lorsque vous êtes ici, vous pensez à votre maison. Lorsque vous êtes à la maison, vous pensez au discours du soir. Pendant le discours, vous vous demandez quand est ce que vous pourrez rentrer à la maison, vous pensez à votre journée du lendemain au bureau. Au bureau, vous préparez la sortie du soir, et lorsque vous êtes de sortie, vous pensez encore à votre maison. Nous ne sommes jamais où notre corps se trouve. Etre dans le présent, vivre en conscience, c'est ce que j'appelle méditation.
Nous sommes toujours dérangés par trop de mots et d'idées. Détendez-vous et centrez-vous sur le moment présent. Sentez le sol sous vos pieds, sentez comment vous êtes assis et sentez toutes les parties de votre corps. Pénétrez le moment présent! En étant simplement complètement dans votre corps, vous commencerez à expérimenter la vie. Cette idée est si simple qu'elle est difficile à comprendre!
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Q : Nous avons été habitués à cela toute notre vie et il est très difficile d'en sortir!
R : Si vous avez pour habitude de vivre dans le présent et l'avenir, ne vous embêtez pas avec cela! Si vous pensez que cela vous embête, si vous n'êtes pas à l'aise avec cela, cela veut dire que cette habitude n'est pas votre nature. Voici un petit exemple logique, lorsque vous avez une migraine, vous essayez très naturellement de vous en débarasser. Vous prenez alors des cachets pour sortir de cet état, car l'état sans souffrance est votre nature. De la même manière, si penser et vous soucier au sujet de l'avenir est votre vraie nature, alors pourquoi voulez-vous donc en sortir? La réponse est simple. Cela n'est pas votre nature. Pourquoi vous associez-vous avec les soucis? Associez-vous donc plutôt avec le moment présent!
Vous êtes venu d'Hyderabad et vous vous êtes installé ici voilà trente ans. Comme vous n'avez pas pratiqué votre langue natale, vous avez oublié le Télougou. Que se passera-t-il si quelqu'un commence à vous parler en Télougou? Ne vous rappellerez-vous donc de rien?
La béatitude et le moment présent sont des languages plus proches de vous-même que votre propre langue maternelle. Vous baigniez dans cet état jusqu'à l'âge de 7 ans. Alors qu'attendez-vous pour réclamer ce langage que vous avez perdu, cet état que vous avez perdu?