5. Chapitre 10 Très Bien !
# **Chapitre 10 Très Bien !**
Maître bien-aimé,
Je Vous ai beaucoup entendu parler de la grâce. Ca semble être un mot magnifique revêtu d'une belle signification, bien qu'il me semble que je ne sache pas grand chose à son sujet. Pouvez-Vous nous en parler un peu?
Un des plus grands mystères de la vie est la grâce. Elle ne peut jamais être crée. Soyez clair sur ce point, si c'est une grâce fabriquée, c'est faux, c'est pas réel. La grâce doit venir d'elle-même. Elle va venir sous la forme de l'éclosion de votre Etre.
Vous voyez : lorsque la méditation arrive à un pic, beaucoup de choses apparaissent : le silence, la compassion, la félicité. L'effet du silence, la compassion et la félicité est la grâce. Alors, lorsque ces choses se produisent en vous, leur effet sur le corps physique est cette grâce qui commence à rayonner de chaque cellule de votre corps.
Même si la personne n'est pas belle physiquement, un type de beauté tout différent va rayonner de l'intérieur. Cette beauté est ce que nous appelons la grâce.
C'est comme une lampe ; la flamme est à l'intérieur. Jusqu'à ce que la flamme ne soit allumée, vous ne vous soucierez que du verre. Vous ferez une différence en disant, 'Elle est jolie, elle est laide'. Quelle absurdité ! Ce n'est que le verre que vous voyez. Ce n'est que lorsque la flamme intérieure est allumée que la beauté est visible. C'est ce que J'entends par grâce : c'est votre beauté intérieure, votre flamme intérieure. Cette flamme intérieure est bien plus vaste que votre corps. Cette lumière va rayonner à travers tout votre corps. Et le corps ne va plus avoir d'importance. Il y aura une lumière toute différente, une aura tout différente autour de vous.
Et la grâce est une chose si merveilleuse qui a souvent été mal comprise. La grâce n'est pas la beauté extérieure comme vous le pensez, elle est intérieure. Toutes les cellules de votre corps rayonnent cette beauté. Vos yeux vont rayonner ce nouveau silence, cette extase. Lorsque vous ouvrirez la bouche, vos mots ne sonneront pas comme un langage connu, mais comme une musique, et un silence immense et vibrant rayonnera de vos mots. En fait, même quand vous allez crier de rage, ça sonnera comme de la poésie ! Lorsque Je me mets en colère à l'ashram, les ashramites vont me regarder en souriant. Lorsque Je rigole, ils vont me regarder fixement. Et moi, pauvre de moi, que puis-Je faire ?!
En tous cas, les mots ordinaires vont se mettre à sonner comme de grandes écritures, parce que votre expérience intérieure leur donne de l'autorité.
C'est comme un récipient remplit de chocolats. Avec ou sans les chocolats, le récipient est le même. Avec les chocolats, le récipient semble être attrayant. Mais sans les chocolats, il ne ressemble plus qu'à un simple récipient.
Vous êtes comme cela. Avant, vous êtes comme un récipient vide, et après, vous êtes comme un récipient remplit de chocolats. Les mots peuvent être les mêmes avant et après, le récipient peut bien être le même, mais ce n'est qu'après avoir eu le chocolat qu'il y a un quelque chose en plus. Ce n'est que lorsque vous aurez atteint la félicité que les mêmes mots revêtiront une toute nouvelle signification. Le récipient est le même ; mais le contenu a changé. Le nouveau contenu ne se retrouvera pas dans les mots ; mais dans le langage du corps. Tout ce que vous ferez revêtira une sorte de beauté appelée 'la grâce'. Et cette grâce ne semble pas être extérieure mais intérieure.
Ce qui est au-dedans va rayonner à l'extérieur. Regardez : si une personne est agitée intérieurement, que va-t-elle émettre ? Son langage du corps montrera toujours l'empressement. Elle ne sera jamais capable de se détendre. Mais quand une personne est dans la félicité et le silence intérieur, elle rayonnera la grâce. Elle a l'air calme indépendamment de ce qui arrive.
Lorsqu'un homme est entouré de grâce, son aura est radieuse et pleine de son expérience, et vous en oubliez sa beauté physique. Il a l'air magnifique sur un plan complètement différent.
En fait, la seule raison pour laquelle vous ne rayonnez pas cette grâce est votre agitation, votre impatience. L'impatience est une chose qui vous rend laid. Vous devez apprendre à attendre. Vous devez apprendre à faire confiance à l'Existence. L'Existence va prendre soin de vous, alors pourquoi vous faire du souci ? Vous faire du souci est une autre dimension de l'impatience.
Faites confiance à l'Existence. Il ne devrait y avoir aucune pensée et aucun saut d'humeur, mais seulement une conscience profonde. La grâce est destinée à se produire. Mais ne vous attendez pas à ce qu'elle vienne et s'annonce avant d'arriver ! Elle va arriver comme un murmure. Vous allez commencer à la sentir en votre coeur. Vous allez la sentir dans tous vos mouvements, vous allez la sentir dans vos discours, elle va vous entourer, elle sera avec vous où que vous alliez.
Attendez patiemment. Cela viendra.
Maître bien –aimé,
Je ne sais pas pourquoi, mais soudain, je commence à douter de ma réalité. Comment puis-je faire confiance à ce que je connais de moi-même, parce que ce que je connais de moi-même ne me semble pas être moi. S'il Vous plaît, ditesmoi : que suis-je ?
(Nithyananda rie et commence à répondre.)
Vous voyez, vous commencez tout juste à comprendre ! Vous dites vrai : ce que vous connaissez de vous-même est faux ; en fait, c'est complètement opposé à ce que vous êtes. Et vous me demandez de vous dire ce que vous êtes. Vous voyez : j'ai essayé de vous le montrer, de vous en donner l'expérience. C'est vous qui vous retenez !
Une petite histoire :
Il y avait une fois une lionne. Elle était enceinte et sur le point d'accoucher. Un jour, alors qu'elle chassait, elle rencontra un troupeau de mouton. Elle se mit en position d'attaque, mais commença à mettre à bas à cet instant même. L'effort fut trop intense, et elle mourut. Le troupeau de mouton se sentit triste pour le lionceau, car il n'avait plus de mère. Ils décidèrent de l'élever. Il grandit en mangeant de l'herbe, apprit à bêler comme un mouton, et acquit même la peur des lions ! Il ne réalisait même pas qui il était!
Un jour, un lion remarqua le troupeau de moutons en train de brouter, et décida d'attaquer. Il remarqua le lionceau au beau milieu des moutons. Il l'attrapa et l'emmena dans la forêt. Tout au long du voyage, le lionceau criait, 'Reposes moi, ne me manges pas, ramènes moi d'où je viens !' Finalement, le lion perdit patience et dit, 'Idiot ! Je ne vais pas te manger. Tu es toi-même un lion.'
Le lionceau ne fut pas capable de croire ce qu'il entendait. Alors, n'ayant pas d'autre alternative, le lion ramena le lionceau au troupeau de moutons.
La scène se reproduisit tous les jours. Chaque jour, le lionceau faisait un petit peu plus confiance au lion. Il commençait à aimer sa compagnie.
Un jour, le lionceau attendit le lion avec une poignée de la meilleure herbe qu'il avait ramassé. Comme d'habitude, le lion vient, mais lorsque le lionceau offrit l'herbe, le lion dit, 'Viens avec moi !'
Il emmena le lionceau au bord d'un étang, et lui dit de regarder leurs deux reflets côte à côte dans l'eau. 'Que vois-tu ? Regardes ici, c'est moi, et là, c'est toi.'
Le lionceau continuait cependant à nier ce qu'il voyait. 'Non, ce sont tes deux reflets. Je suis un mouton !'
A ce moment précis, le lion fourra un morceau de viande dans la bouche du lionceau. Lentement, le lionceau commença à savourer le goût du sang et commença à l'apprécier. Subitement, il comprit qu'il était un lion et poussa un rugissement.
Le lion dit, 'Maintenant, tu réalises qui tu es ! Tu vois, toi et moi sommes identiques.'
Maintenant, me comprenez-vous ?
Je vous répète et vous répète encore: regardez votre reflet. C'est ce que vous êtes. C'est votre réalité. Maintenant, vous allez demander, 'Comment dois-je me regarder ?'
La méditation crée le miroir intérieur. Elle vous donne la capacité de vous regarder. Je ne parle pas de la personne que vous pensez être. Je vous parle de votre Soi intérieur, votre véritable identité.
Section 2
Alors, regardez en vous. Comprenez bien ce que vous êtes. Expérimentez ce que vous êtes. Ce ne sera que lorsque vous aurez fait cela que vous comprendrez que l'expérience était en vous depuis toujours. Elle a seulement été recouverte par votre fausseté.
Maintenant, découvrez cela. Maintenant, regardez. Vous allez comprendre.
Merci.