38. Swamiji entre et s'installe.
# **S**wamiji entre et s'installe
La foule commence à bombarder Swamiji de toutes sortes de questions.
Swamiji, quel est votre message pour nous?
Quand les gens me demandent mon message, je leur dis en deux mots : la félicité.
Si vous pouvez vivre en Ananda, ce sera plus que suffisant.
Une petite histoire:
Lorsqu'Alexandre le Grand envahit l'Inde, il rassembla beaucoup d'or et de trésors pour les ramener avec lui. Puis il se dit que ce serait une bonne idée de ramener aussi l'héritage spirituel de l'Inde. Au lieu de transporter tant de livres et tant d'objets, il se dit Pourquoi ne pas ramener quelques yogis (saints)? Après tout, il emmèneront tous les textes sacrés dans leur tête, et ils pourront aussi les expliquer! Bien sûr, ce n'est qu'une légende, nous ne savons pas si cela s'est vraiment passé! Un jour Alexandre aperçut un yogi qui méditait au bord d'une rivière. Il s'approcha du yogi et lui ordonna de venir avec lui. Le yogi refusa. Alexandre était furieux. Jamais personne n'avait
résisté à ses ordres!
Dans sa colère il tira son épée et la mit contre la gorge du yogi. Viens avec moi, ou je te tue! rugit-il. A son étonnement, le yogi se mit à rire. Tu es un menteur, tu ne peux pas me tuer! dit-il à Alexandre. Pourquoi? demanda Alexandre. En réponse, le yogi cita le shloka (verset) de la sainte Bhagavad Gita sur l'impérissabilité de l'âme: "Ce que le feu ne peut brûler, qu'une flèche ne peut percer, qu'une épée ne peut trancher... cet Être demeure en nous."
Vous voyez, il est très facile de parler de l'âme immortelle quand on est bien assis dans la sécurité de sa maison. Mais cet homme sut le faire avec l'épée d'un roi contre sa gorge! Il savait clairement que blesser l'égo d'un roi était un sûr moyen d'inviter la mort. Si le roi le tuait, qui allait pouvoir le questionner? Le roi était la loi!
Alexandre lui-même fut surpris de la contenance du yogi, de son integrité. Réalisant son erreur, il posa son épée et présenta ses excuses. Il dit au yogi : Un homme d'un tel courage devrait être sur le champ de bataille à conquérir des nations et atteindre la renommée! Pourquoi perds-tu ton temps assis dans ce coin perdu? Le yogi lui demanda alors : Qu'êtes-vous venu chercher ici?
Alexandre décrivit toutes ses conquêtes. Il avait pratiquement conquis toute l'Inde. Où iras-tu ensuite? s'enquérit le yogi. Oh, je m'en vais conquérir d'autres terres, à l'est comme à l'ouest! Et puis? Puis d'autres, au nord et au sud. Et puis? Alors le monde entier sera mon royaume! Et puis? Je rentrerai dasn mon pays, je bâtirai de grands palais et des forteresses. Et puis? Alors je vivrai heureux le reste de ma vie!
Ceci, dit tranquillement le yogi, c'est ce que je fais MAINTENANT.
Toutes nos épreuves, nos efforts, nos batailles, nos guerres même, ne sont donc que la poursuite d*'Ananda* (la félicité)! Vous le voyez, même nos méditations sont une lutte pour le bonheur entre nous-même et notre Soi!
Les vrais sages sont ceux qui ont su trouver cette Ananda.
Comment puis-je vivre dans la félicité?
C'est la question que chacun se pose le plus souvent, directement ou indirectement, chaque jour. Le Sanatana Dharma appelle l'homme Amritasya putra! (Ô Enfant d'Immortalité!)
Ananda est notre royaume! Il est à nous! Nous y sommes déjà.
La question de savoir comment y entrer n'a pas de sens.
La question n'est pas Comment créer le bonheur? Car, ce qui est créé par des facteurs externes, combien de temps durera-t-il?
Quelques heures? Quelques années?
Tout sentiment de bonheur créé à partir de raisons extérieures est sûr de céder la place à dukkha (la misère) lorsqu'il s'arrête. Rechercher Ananda à l'extérieur est donc le plus sûr moyen d'avoir Dukkha. Ananda est notre nature. La question ne peut être que Comment redécouvrir l'Ananda dont nous avons oublié qu'il est en nous? La réponse tient aussi en une seule phrase :
Lâchez votre culpabilité.
L'essence de tout ce que j'ai dit ces derniers jours, mon seul message, est ceci : Soyez dans la Félicité. Soyez en Ananda. Et la clé qui débloque Ananda au-dedans de vous, c'est : abandonnez votre culpabilité.
Notre mental est si branché sur l'idée de culpabilité, que quoi que nous fassions, pour tout ce qui arrive dans notre vie, bon ou mauvais, nous trouvons le moyen de culpabiliser. Toute notre dukkha n'a pour cause que ce sentiment de culpabilité.
Quand vous êtes en colère, par exemple, vous vous punissez vous-mêmes plus que vous ne punissez la personne avec laquelle vous êtes fâché! Car vous finissez par vous sentir coupable de votre colère. Mais cela veut-il dire que vous cessez de vous mettre en colère? NON! Nous continuons de répéter les mêmes actions, et de nous culpabiliser ensuite. Plus votre culpabilité est profonde, plus votre auto-puniiton sera dure, plus grande sera la probabilité que vous répétiez la même action.
Comme la tige crantée et le piston du moteur, l'action et la culpabilité sont également responsables de faire tourner la roue du Samsara.
Swamiji, vous nous dites d'abandonner notre culpabililté. Et si nous avons réellement commis un péché?
Qu'appelle-t-on péché? Toute l'idée du péché est en soi un non-sens. Faire ou ne pas faire quelque chose par simple peur est le signe de l'ignorance totale. Ces concepts de péché et de punition sont créés par la société pour vous garder dans la crainte.
Je vous dis ne faites pas confiance à votre peur. Faites
confiance à votre intelligence.
Réveillez votre conscience.
Utilisez votre intelligence pour discerner le bien et le mal.
Suivez votre direction intérieure.
Même sans crainte ni remords, vous resterez automatiquement sur le bon chemin.
Une petite histoire:
Un sannyasi vivait dans une cabane dans les environs d'une ville. Par une nuit pluvieuse, on frappa à sa porte.
Le sannyasi ouvrit, et vit un homme trempé de pluie qui attendait dehors.
Puis-je passer la nuit dans votre hutte? demanda l'homme.
Le sannyasi l'accueillit et partagea son repas avec lui. L'homme dormit là et partit le lendemain, après avoir remercié le sannyasi.
Au cours de la journée, the sannyasi apprit qu'un un voleur était entré la veille dans la ville, avait volé des objets de valeur, et avait disparu. D'après la description qui était donnée, the sannyasi comprit que c'était bien l'homme qu'il avait abrité la veille. Le sannyasi débordait de remords et de tristesse. Oh, Dieu! Qu'ai-je fait! Pardonne je te prie ce pécheur! se lamentait-il tout haut.
Soudain une lamentation encore plus forte s'éleva dans le ciel!
Le sannyasi était choqué.
Pourquoi te lamentes-tu, mon Dieu? demanda-t-il, surpris.
Et la voix du ciel de répondre : Si toi, qui as offert un simple repas à un voleur, qui l'as accueilli juste une nuit, tu te sens coupable - que dire de ma position, moi qui ai pris soin de lui chaque jour de sa vie!
Soyons clairs : votre culpabilité n'est rien d'autre que votre égo, qui agit sous une forme subtile et trompeuse. Alors que Parashakti, l'Existence, nous accepte tous inconditionnellement, qui êtes-vous pour imposer votre moralité à deux sous à vous-même et aux autres? Pour qui se prend la société qui implante en vous cette morale? Toutes ces lois sociales ont pour but un fonctionnement sans heurt de la société.
Mais nous avons tendance à confondre ces lois sociales et nos lois spirituelles!
Et c'est alors que se présente notre grand ennemi - la culpabilité.
En elle se trouvent la graine de toute la dukkha.
En réalité, la colère, comme l'obscurité, n'a pas d'existence positive. Mais quand vous persistez à la rappeller par la culpabilité, vous l'amenez à votre
conscience. Vous lui donnez votre énergie.
Malgré vous, vous lui donnez vie.
Vali était un personnage de l'épopée du Ramayana. On dit que dès qu'une personne était debout devant Vali, la moitié de son énergie allait directement à Vali. Comme Vali, ces émotions - colère, luxure, avidité - ont le grand pouvoir de s'accaparer de votre énergie. Mais pour cela, il leur faut votre aide, votre culpabilité.
Section 2
Examinez-vous simplement. Combien de personnes sont assises dans votre tête, et vous donnent des instructions sur la manière de vivre?!
Vos parents. Vos enfants. Votre conjoint. Vos amis. Des étrangers. La societé. La loi. Tous les auteurs de tous les livres de morale que vous avez lus, tous les orateurs dont vous avez entendu les discours! On exploite vos envies ou on exploite votre peur. Votre avidité de récompense, ou votre peur de la punition. Envie du ciel, ou peur de l'enfer. Notre vie est tirée par ces deux ficelles : l'envie et la peur.
Savez-vous qu'un sondage a été récemment effectué sur internet, au sujet de la maladie ma plus mortelle du siècle. Savez-vouis quelle est cette maladie? Qui peut me dire? Pas le SIDA. Pas le cancer. Pas la tuberculose. C'est la dépression!
C'est la dépression.
Et la cause, la racine de la dépression, c'est la culpabilité.
Parfois les gens viennent me dire : Je me sens déprimé sans raison!
La raison, c'est qu'au départ vous éprouvez de la culpabilité pour une certaine raison. Si vous admettez toujours la culpabilité en vous, elle devient une qualité de votre être. Puis elle remonte même sans raison extérieure - car vous ne connaissez pas d'autre manière d'être. Et quand vous culpabilisez sans pouvoir en discerner la raison, vous mettez l'émotion sous le compte de la dépression.
Alors comment abandonner la culpabilité?
Tout d'abord, rejetez toutes les voix de la societé qui vivent à l'intérieur de vous, qui vous réprimandent, qui vous font des louanges, qui vous servent de guide. Une petite histoire:
Un homme s'approcha de Bouddha, il voulait devenir sannyasi.
Bouddha lui dit : D'abord, va tuer ton père et ta mère, et reviens me voir.
L'homme était éberlué. Que voulait dire Bouddha? Qui peut me le dire? Bouddha demandait-il à l'homme d'aller tuer physiquement
ses parents?
NON! Il lui disait : Va tuer les voix de tes parents qui vivent en toi, qui t'enseignent et te perturbent continuellement. Tue-les psychologiquement, pas réellement. Chasse leur influence de ton Être.
Une autre histoire:
Un journaliste mourut et arriva aux portes du Ciel. Saint Pierre lui dit :
Nous avons déjà pléthore de journalistes ici. Ils n'ont pas assez de travail, et ils ne veulent pas que leur nombre augmente. Au ciel il n'y a pas vraiment de nouvelles. Tout le monde mange, dort, prie, et reste sagement assis.
C'est en Enfer qu'il y a toute l'action! Si tu y allais plutôt?
Le journaliste était déçu - il voulait tant rester au Ciel. Mais c'était un homme ingénieux. D'accord, dit-il à St Pierre*, je suivrai tes ordres. Mais permets-moi de passer vingt-quatre heures au Ciel. Pendant ce temps, si j'arrive à convaincre un des journalistes à partir pour l'Enfer, tu devras me laisser prendre sa place*. L'idée parut raisonnable à Saint Pierre, et il accepta. Le journaliste entra au Ciel, et il fit tranquillement circuler la rumeur qu'une nouvelle revue allait être lancée en Enfer, qu'on demandait des journalistes là-bas. Le travail était passionnant, et qui plus est, bien payé!
Vingt-quatre heures plus tard, Saint Pierre fut choqué de voir le journaliste qui se précipitait vers le portail perlé. Eh, toi là! lança-t-il, Où vas-tu? À cause de ta rumeur stupide, tous les autres journalistes ont déjà quitté le Ciel. Tu es le dernier qui me reste, je ne peux pas te laisser t'en aller!
Je dois partir dit le journaliste*. Vous ne savez pas, pour la nouvelle revue de l'Enfer?*
Mais, idiot, c'est toi qui a lancé cette histoire! cria Saint Pierre*.*
Le journaliste répondit : Oui, je sais. Mais maintenant tant de gens croient à cette histoire qu'elle me semble avoir un parfum de vérité. Je dois aller vérifier!
Voilà comment nous fonctionnons tous! Lorsque nous n'avons aucune confiance dans nos propres idées, nous leur cherchons un soutien extérieur. Dans nos coutumes, notre vie sociale, à chaque pas que nous faisons, nous recherchons toujours l'approbation des autres.
Lorsque des milliers de gens souscrivent à quelque chose, cela passe automatiquement pour correct. Hitler l'a bien dit dans son autobiographie :
Un mensonge répété une centaine de fois devient vérité. Dans tout ce que vous suivez, utilisez d'abord votre balance intérieure, servez-vous de votre intelligence. Faites-vous la chose parce que mille autres personnes la
| font? |
|---|
| Croyez-vous une idée parce qu'elle jouit de |
| l'approbation de la société? |
| Testez toutes les philosophies qui vous sont présentées. |
| Mettez tout à l'épreuve. |
| Et lorsque je dis tout, je m'inclus moi-même aussi. |
| Avec cette balance, essayez de voir si je suis en train de |
| rassembler dix mille adeptes! Ne croyez pas |
| aveuglément. |
| En affûtant votre lame sur un morceau de bois, vous |
| pouvez tester son fil sur le même bois. |
| Utilisez de la même façon cette balance que je vous |
| donne pour me soupeser aussi. |
| Si je passe votre test, bien et bon! Mais si vous avez |
| l'impression que je ne fais pas le poids sur votre |
| balance - laissez moi tomber, pas votre balance. |
| Soyez bien clair. |
| Placez votre confiance dans des principes, pas en des |
| personnalités. |
| Le Sanatana Dharma, les Védas, sont dits Apourushya. |
| Ils ne dépendent pas des paroles ou des idées d'une |
| seule et même personne. De nos jours, si les historiens |
| apportent la preuve que personne du nom de Krishna n'a |
| jamais existé, cela ne changera en rien la valeur de la |
| Bhagavad Gita. La Gita vit de la force de ses propres |
| principes, pas de l'attraction personnelle de celui qui en |
| énonça les paroles. |
Nous passons au dernier chakra?
SAHASRARA CHAKRA
(Sahasrara = "aux mille pétales", d'après l'expérience du lotus aux mille pétales qui s'épanouit sur la couronne lorsque ce chakra est activé.)
Siège : la couronne de la tête Verrouillé par : le mécontentement, prendre la vie comme allant de soi Se débloque par : la gratitude et la félicité.
Toute notre vie, nous prions Dieu.
Mais notre relation avec Dieu n'est qu'un marchandage, un échange commercial.
Un homme prie Dieu chaque jour : O Dieu, je n'ai pas assez d'argent! Aide-moi à gagner dix millios d'euros à la loterie! Si je gagne je te promets d'offrir 20% à ton temple sacré !.. et si tu ne me crois pas, déduis toi-même tes 2 millions, et ne me donne que le reste, 8 millions?! (l'assistance rit à tout rompre)
C'est exactement ainsi que se passent toutes nos transactions avec Dieu !
Un jour, un fakir, un pauvre mendiant, se rendit au palais de l'empereur Akbar. Il voulait demander à Akbar de lui donner une terre pour construire un lieu saint. Akbar avait la réputation de ne jamais rejeter celui qui lui demandait son aide. En arrivant au palais, Akbar offrait ses prières à Dieu. L'homme attendit donc comme les autres à l'extérieur de la salle des prières.
Lorsque le roi sortit, chacun présenta sa requête et reçut l'aide d'Akbar. Seul le fakir se détourna et repartit sans rien demander.
Mais Akbar le remarqua et le fit revenir.
Pourquoi n'as-tu rien demandé? dit-il au fakir. Le fakir répondit avec franchise,
Votre Majesté, en attendant dehors, je vous entendais prier Dieu. La liste de vos demandes était si longue! J'ai eu le sentiment que vous étiez encore plus pauvre que moi! Et je me suis dit que si je dois mendier de toute façon, pourquoi m'adresser à un autre mendiant? Pourquoi ne pas m'adresser directement à Dieu, celui qui pourvoit pour vous, pour moi, et pour toute l'humanité?
Section 3
Il y a deux sortes de religions au monde : celles qui se basent sur la prière, et celles qui se basent sur la gratitude.
La religion de la prière peut être suivie par les masses. La religion de la gratitude ne peut être suivie que par un petit nombre choisi.
Et les grandes religions du monde se basent toutes sur la prière et le marchandage.
De rares religions méditatives, comme le Bouddhisme, le Soufisme, se basent sur la gratitude. Elles ont peu d'adeptes, mais ce sont des adeptes de haut niveau.
Il n'y a rien de mauvais dans la prière, mais elle doit être utilisée comme tremplin pour entrer en méditation.
Le maître Soufi Junnaid avait pour habitude d'offrir sa gratitude à Dieu cinq fois par jour. Il arriva que lui et ses fidèles traversent des villages où le Soufisme n'était pas accepté.
Dans le premier village, les gens refusèrent de leur faire l'aumône, et ils furent contraints de rester sans manger ce jour-là. Le lendemain, ce fut la même chose. Le troisième jour, ils passèrent par un village si hostile qu'ils furent pourchassés à coups de bâtons et de pierres.
Mais cette nuit-là, comme à l'accoutumée, Junnaid s'agenouilla et offrit à Dieu ses remerciements. Voyant cela, certains de ses disciples devinrent furieux.
Voilà trois jours que nous sommes sans manger, Maître! Aujourd'hui on nous a chassés de ce village comme des chiens! C'est pour cela que tu offres ta gratitude? lui demandèrent-ils.
Imbéciles! répondit Junnaid. Vous me parlez de trois
jours de famine! Avez-vous remercié Dieu pour la nourriture que vous avez reçue pendant trente ans?
La vie vous a été donnée en cadeau, c'est pourquoi vous n'en réalisez pas la valeur!
Qui parmi nous peut dire qu'il a travaillé dur pour obtenir cette vie? Nous prenons comme allant de soi notre corps, notre nourriture journalière, la belle nature - tout. Chaque jour nous demandons à Dieu des bagues de diamants - mais lui disons-nous merci de nous avoir donné des doigts? L'avidité de l'homme est telle que même sacré roi de la Terre, il se dirait : les mers ne m'obéissent pas, le soleil et les étoiles ne sont pas à mes ordres.
Dans les Shiva Purana, on trouve l'histoire de Shiva et du Brahma Kapala. Le Brahma Kapala était le crâne que Shiva fut forcé d'utiliser comme bol, alors qu'il errait déguisé en mendiant. Chose étrange, toute aumône que les gens déposaient dans le Brahma Kapala était promptement avalée par le bol lui-même! En dépit de tous les efforts de Shiva pour remplir le bol il restait toujours vide.
Ce Brahma Kapala se trouve en nous tous.
C'est simplement notre propre égo. L'égo est tel qu'il avale tout!
Libre à vous de vous baser votre vie sur la quémande ou sur
la gratitude.
La gratitude n'est pas une sorte de moralité qui vous est imposée.
C'est un principe fondamental de votre propre bonheur!
Un jour un homme alla voir Ramana Maharishi et lui dit : Bhagwan, je veux la paix! Ramana répondit : De ce que tu viens toi-même de dire, enlève seulement le mot "je" et le mot "veux", et ce
qui te restera, sera : la Paix !"
Le seul moyen d'avoir une connexion vivante avec la réalité, avec l'Existence, c'est de manifester sa gratitude.
Si vous êtes aimant, fluide, empli de gratitude, vous ressentirez toujours couler en vous la puissante énergie de l'Existence.
Vous n'avez pas goûté à la douceur de la gratitude, à l'extraordinaire sentiment d'accomplissement que on éprouve lorsqu'on offre sa gratitude à l'Existence.
On fait une expérience?
Pendant les deux heures qui vont suivre, laissez de côté vos soucis, et centrez votre attention sur tout ce que l'Existence vous a déjà donné.
Je sais que vous devez être en train de vous dire : Si je ne me soucie pas de mes besoins comment vais-je les satisfaire ? Que deviendra ma famille? Et mon affaire?
C'est vrai, vous devez penser à toutes ces choses. Mais rien que pendant ces deux heures qui vont suivre, déchargez-vous la tête de tout cela.
En tout état de cause, pensez-vous que c'est à cause de vous que votre famille ou votre affaire se portent bien? Laissezmoi vous dire, ces choses vont bien non pas grâce à nous, mais malgré nous! Si l'Existence comptait sur notre intelligence pour prendre soin de nos familles ou de nos richesses, nous aurions déjà tous fait faillite!
Pouvons-nous prendre un moment pour offrir notre gratitude à l'Existence?
(On entend de la musique douce)
Ecoutez cette musique et fermez les yeux.
Pensez à qui vous voulez, à votre déité préférée. La forme n'est pas importante.
Mais rendez grâces à l'Existence pour ce don de la Vie. La vie elle-même est un grand don de l'Existence. Avons-nous travaillé très dur pour mériter la vie? Non! Le simple fait de vivre est donc une raison suffisante pour éprouver de la gratitude.
Lorsque vous rendez grâce à l'Existence, pensez à toutes les personnes qui ont fait de votre vie ce qu'elle est aujourd'hui.
Commencez par vos parents - les personnes qui vous ont
donné la vie. Offrez-leur votre gratitude la plus profonde. Pardonnez-leur s'ils vous ont fait du mal d'une façon ou d'une autre.
Demandez-leur de vous pardonner pour tout le mal que vous leur avez fait.
Pardonnez complètement, n'éprouvez que de la gratitude!
Pensez maintenant à chaque personne qui vous a aidé dans la vie - les médecins de l'hôpital où vous avez vu le jour, vos enseignants à l'école et au lycée, vos amis et vos parents. Offrez-leur à tous votre gratitude. Pensez aux étrangers qui vous ont aidé - les agriculteurs qui cultivent votre nourriture, ceux qui tissent vos vêtements. Remerciez-les tous.
Même vos ennemis ont joué un rôle dans votre vie, vous ont enseigné quelque chose. Abandonnez la colère. Laissez tomber la haine. Pardonnez-leur et demandez pardon. Faites-le en toute sincerité!
Avez-vous remercié l'Existence pour les beautés de la nature?
Avez-vous remercié le soleil de vous réchauffer chaque matin? Avez-vous remercié pour l'eau que vous buvez? Il y a tant de choses pour lesquelles nous avons oublié de montrer notre gratitude! Vous pouvez le faire maintenant.
Remerciez tout un chacun.
Quand vous rendez grâces à toute l'Existence, pensez aussi aux maîtres illuminés qui nous ont fait prendre conscience de la joie de la gratitude. Et la meilleure façon de les remercier est simplement d'être dans la félicité!
Offrez votre gratitude au Sadguru, au maître. Ouvrez les yeux.
Au bout d'une demi-heure, Swamiji chante doucement :
jagrat swapna sushupti manasa vacha karmana sarvam brahmaarpanam bhavatu swaaha Mes états de veille, de rêve et de profond sommeil Mes pensées, mes paroles et mes actions, Tout cela, je l'offre à l'Existence.
