30. *arriver?*
# *arriver?*
Et donc l'avidité le remit en course.
A quatre heures de l'après-midi, son corps criait de douleur : Stop! Maintenant tu as assez de terre pour sept générations! Mais l'avidité reposa la question : Et la huitième? Encore une colline! Un champ de plus! Après, je me reposerai. Il ne restait que quelques minutes avant le crépuscule. Mais l'homme ne se raisonnait plus. Il continuait de courir, de courir comme un fou.
Au loin il y avait une grande rivière.
J'irai jusqu'à cette rivière. Là, je m'arrêterai, je boirai un peu d'eau, et je prendrai du repos, enfin du repos! pensa l'homme.
Au moment précis où le soleil se couchait, l'homme atteignit la rivière.
Mais avant qu'il puisse prendre l'eau et la boire, son corps s'effondra sur la rive.
Il ne se releva jamais.
Nous n'en faisons pas autrement de notre vie! Nous sommes si pris par nos acquisitions qu'il ne nous reste plus le temps d'en profiter!
Swamiji, nous vivons dans une société compétitive. Comment cesser de comparer? Bonne question.
Nous fonctionnons tous autour de ces trois axes : faire, avoir et être.
Faire pour avoir, sans jouir d'être, voilà la seule cause de toute notre souffrance. Le faire ne rattrape jamais l'avoir! Pour chaque désir realisé en travaillant dur, il y en a encore d'autres pour nous faire courir. Mais ne pensez pas : Pour le moment je travaille, j'en profiterai plus tard. Ne pensez pas que vous reviendrez pour en profiter! Je vous le dis, cela n'arrivera pas. Ne remettez pas à plus tard! Célébrez, profitez de la vie : c'est maintenant ou jamais.
Courir tout juste, sans en tirer de profit, mène à coup sûr à la frustration. Quand on a passé sa vie à courir après quelque chose et qu'on finit par l'obtenir, on a toujours le sentiment que cela n'en valait pas la peine!
Comme on dit, il y a plus de plaisir dans la poursuite que dans la réalisation! Vous remarquerez toujours que tandis que vous courez après un but, il semble valoir tout l'or du monde - mais qu'une fois atteint, il semble ne plus avoir d'importance!
Encore un beau passage de Ramana Maharshi: Adaivadar mun kadugey Aanaalum malayaay kaatti Adainda pin malayey Aanaalum kadugai kaattum maya manam
L'esprit est cette illusion qui fait prendre un minuscule grain de moutarde pour une énorme montagne tant qu'on ne l'a pas atteint, et une montagne aussi insignifiante qu'un
grain de moutarde une fois qu'on l'a atteinte!
Ce n'est pas que gagner de l'argent, avoir du confort, ne soit pas important. Je ne vous dis pas de rejeter tous vos désirs. Je ne vous demande pas de ne pas comparer. Mais que ce qui vous fait courir soit clair. Même votre comparaison doit être éclairée.
Il y a en effet il y a deux sortes de comparaison : la comparaison constructive et la destructive.
La constructive est essentielle, elle est bonne.
Sur le plan pratique, elle vous fournit une toise pour vous mesurer vous-mêmes.
Elle apporte le stimulus du progrès.
Sans comparaison, comment aurez-vous une compréhension réaliste de vous-mêmes?
La comparaison destructive n'est que l'incapacité d'accepter la réalité. Quelque part, quelqu'un fait sûrement mieux le même travail que vous. Il y a 99,99% de chances que vous ne soyiez pas le meilleur ingénieur, le coureur le plus rapide, le peintre le plus talentueux au monde. Est-ce à dire que vous profitez moins de toutes ces choses? Ne penser qu'à ce qui vous manque, c'est le plus sûr moyen d'attraper un complexe d'infériorité totalement inutile!
Quelle est la cause, la racine de la comparaison? La comparaison vient du fait que nous ne nous connaissons