Books / Nithyananda Vol. 1 French merged

47. L'éveil spirituel

# L'éveil spirituel

Paramahamsa pratiqua cette technique avec beaucoup d'engagement et de discipline. Swamigal lui avait dit, 'Pratique cette méditation et tu auras tes réponses', et il attendait désespérément d'obtenir les réponses.

A peu près un an plus tard, Paramahamsa avait alors environ douze ans, il était comme à son habitude assis et méditait assis sur une pierre que l'on appelle localement Pavazha Kunru (la pierre de la perle) sur la montagne d'Arunachala, en fait, il s'amusait avec cette technique. Une expérience étrange se produisit. Cela se passa le jour de Bouddha Purnima (le jour de la pleine lune) du mois de Vaikasi (Mai–Juin selon le calendrier Tamoule), à l'heure du coucher du soleil.

Au milieu de sa méditation, il sentit quelque chose s'ouvrir en lui, quelque chose était en train d'être broyé, et quelque chose d'autre se créa. Il eut l'impression qu'à l'intérieur de lui un récipient venait de se briser, et simultanément, qu'une porte venait de s'ouvrir. C'était en même temps un sentiment de création et de destruction, qui lui procurait un plaisir intense. Une grande paix descendit sur lui.

Il pouvait tout voir autour de lui-même avec les yeux fermés. Il n'avait pas besoin d'ouvrir les yeux. En plus de cela, il eut une vision à 360 degrés tout en gardant les yeux fermés. Avec la même clarté, il pouvait voir la montagne en face de lui, les arbres sur sa gauche, une partie de la montagne sur sa droite, tout était dans son champ de vision, sans qu'il ait à ouvrir les yeux !

Paramahamsa déclare:

'Je pris conscience à ce moment, que je ne faisais qu'un avec l'Existence et que tout était le Soi.' Il dit en pointant l'arbre en face de lui, 'C'était comme si cet arbre était devenu ma colonne vertébrale et cette chaumière au-dessus de moi semblait être l'un de mes nerfs !'

Il resta dans cet état un plus d'une heure et demi. Il rentra chez lui ivre d'excitation et raconta à Kuppammal ce qui s'était passé. Kuppammal comprit immédiatement que le garçon avait eu une expérience spirituelle profonde, ce qui était très inhabituel pour une personne de son âge. Il avait besoin que l'on s'occupe de lui. Elle prit bien soin de lui. La suite des effets de cette expérience spirituelle que Paramahamsa nomme aujourd'hui satori, dura à peu près trois jours. (Satori dans le contexte Japonais Zen signifie illumination). Cette expérience de satori fut le commencement d'une nouvelle phase de développement spirituel dans la vie du garçon.

A partir de cette période, il pouvait voir tout ce qui se passait autour de lui toutes les fois qu'il le souhaitait. Peu de temps après cette expérience de satori, il appela un ami proche, le fit entrer dans le temple et s'assit avec lui, le dos contre un arbre. 'Regarde ici,' demanda-t-il à son ami, 'il m'est arrivé quelque chose d'étrange. Je peux voir tout autour de moi maintenant.' Son ami le regarda sans trop comprendre. Il dit à son ami qui était assis en face de lui, 'Regarde l'arbre qui est derrière moi. Peux-tu voir la fourmi qui se déplace là ?' et lui précisa avec exactitude l'endroit où la fourmi grimpait. Son ami plaça des pièces de monnaie et des objets derrière lui: Il put les identifier sans jamais se tromper. Son ami, effrayé par ce qui se passait, partit en courant prétextant qu'il avait soif. Plus tard, ce dernier relata aux parents de Paramahamsa ce qui s'était passé avec leur fils.

De nos jours, Paramahamsa fait référence à cette expérience comme étant un aperçu de l'illumination. Il utilise le mot Japonais Zen satori pour en faire la description. Cette expérience qui est arrivée à beaucoup de gens autour de lui semble se produire avec la grâce et la présence du maître. Dans le cas de Paramahamsa, cela ne se manifesta sans l'aide d'aucun maître, mais juste sur la base de la pratique spirituelle qu'il poursuivait, et principalement grâce à son état spirituel avancé.

Un jour, Paramahamsa demanda à l'un de ses disciples pourquoi il ne pratiquait pas sa méditation avec rigueur comme cela devrait être le cas. Il lui dit, 'Si j'avais été aussi paresseux que toi, je n'aurais jamais atteint l'illumination.' Le disciple répondit, 'C'est parce que tu

Premier Eveil Spirituel

n'as pas eu un maître comme celui que nous avons. Nous sommes bien plus chanceux que tu ne l'as été !'

Paramahamsa dit lui-même que s'il s'était abandonné à un maître, sa croissance spirituelle aurait peut être été plus rapide. Il dut expérimenter dix milles techniques avant de trouver celle qui puisse résoudre le mystère de l'illumination. Par contre, comme il le dit, il a déjà donné la clef à ses disciples, tout ce qu'il leur reste à faire, c'est de la mettre dans la serrure pour ouvrir la porte sur la liberté.

Après cette profonde expérience, il se rendit compte qu'il n'arrivait plus à garder son équilibre sur un vélo ou une motocyclette. Il n'avait perdu tout sens d'équilibre. Son frère aîné l'emmenait à l'école à vélo sur le siège arrière. Tous les jours, ses deux frères se plaignaient en riant d'avoir à pédaler en supportant son poids sur le vélo. Quand ils refusaient de l'emmener, il marchait jusqu'à l'école. Plus tard, il nous raconta, 'Les enfants de cet âge, sous le poids de la pression exercée par les autres, auraient quand même essayé d'utiliser un vélo, mais je me suis résolument accroché à mon incapacité afin de permettre aux choses de suivre leur propre cours, quitte à marcher sur plusieurs kilomètres pour atteindre le lieu où je devais me rendre si nécessaire.'

Après cette expérience profonde, il ne pouvait plus supporter les vêtements serrés. Il remarqua que tous les vêtements qui séparaient la partie supérieure de son corps de la partie inférieure le mettait mal à l'aise. Il portait des vêtements amples et les élargissait en les tirant vers le bas jusqu'au niveau de sa ceinture.

Un jour, Paramahamsa raconta à notre groupe les conséquences hilarantes de son incapacité à faire du vélo:

Mon frère aîné m'emmenait à l'école tous les jours à vélo. Il m'y emmenait et me ramenait aussi à la maison. Sur le chemin de l'école je m'arrêtais à chaque temple pour offrir mes prières. Il me maudissait, et disait que c'était déjà assez difficile d'avoir à pédaler pour m'emmener jusqu'à l'école, mais qu'en plus, je l'obligeais à s'arrêter à chaque temple qui se trouvait sur le chemin de l'école !

Après avoir visité ces temples, nous arrivions finalement à l'école, et il était déjà presque l'heure de repartir à la maison. J'étais perpétuellement en retard. Je

faisais toujours en sorte d'être à l'heure pour les déités, ensuite j'allais à l'école. A chaque temple, je me prosternais devant chaque déité avant de m'en aller. J'avais un long mantra spécial pour chacune d'entre elles. S'il m'arrivait de manquer la routine du matin à cause de quelque travail important, je récitais le mantra deux fois le matin suivant, afin de rattraper le jour que j'avais manqué, de peur que les déités ne soient fâchées contre moi. Je leur demandais de réajuster les comptes adéquatement !

Dans mes poches, j'avais des bouts de camphre enveloppés soigneusement dans du papier, sur lesquels étaient inscrit le nom de chaque temple ainsi que le nom des déités correspondantes. Les pastilles de camphre coûtaient chers, donc j'achetais de gros bouts de camphre que je coupais en petits morceaux. Je les coupais de manière égale avec beaucoup d'attention, de peur d'avoir des disparités. Si par malheur, un morceau venait à être trop gros, ce dernier était consacré à Annamalayar – la déité principale d'Arunachala. Je n'avais aucune difficulté à donner ce morceau de camphre à Annamalayar.

Section 2

S'il m'arrivait d'oublier d'allumer les morceaux de camphre, j'allumais alors deux parts sur le chemin du retour à chaque temple, pour pallier à ce manquement. Quand cela m'arrivait, je mettais beaucoup plus de temps à rentrer à la maison. Je visitais les temples dans un ordre précis... Je commençais par le temple Karpaga Vinayagar, puis le temple Mariyamman à la station de police, ensuite j'allais au temple d'Annamalayar, puis je me dirigeais vers le temple Vallabha, pour ensuite terminer par le temple qui se trouve en face de Sri V. Thaanamal Sowkar Jain, et finalement je rentrais dans l'école, c'est tout !

Mon frère s'ennuyait et continuait à me maudire alors qu'il attendait à l'extérieur des temples. Et en plus, je ne me contentais pas de me prosterner aux pieds de la déité principale et de sortir immédiatement, je me prosternais devant les Dwarabalakars (les deux déités qui sont à l'entrée et servent de gardiens), je prenais des nouvelles et me renseignais sur leur santé, puis offrait une prière à Nandi (le taureau qui orne l'entrée du temple) et ainsi de suite !

Toutes les fois que nous approchions un temple, mon frère pédalait de plus en plus vite, en espérant que je ne verrais pas ce temple, mais je ne le ratais jamais ! Je criais de toutes mes forces, 'Hé, le temple Vinayagar, arrête-toi, arrête-toi !' Et il s'arrêtait. Les jours où sa patience avait atteint ses limites, je me rendais à l'école à pied, mais au bout de deux ou trois jours il éprouvait de la peine et offrait de m'emmener de nouveau à l'école sur son vélo !

Au moins, mon plus jeune frère était disposé à se rendre aux temples et à pratiquer l'adoration. Mon frère aîné par contre, n'avait pas ce penchant, il me lançait des jurons après avoir mis des coups de pieds à la béquille de son vélo pour finalement m'attendre à l'extérieur du temple. Parfois, il m'arrivait de commencer à chanter les mantras appropriés bien avant d'arriver au temple, de peur qu'il ne me réprimande de perdre trop de temps. Quand le vélo arrivait à hauteur du temple, je commençais la récitation de ces mantras. Ainsi cela me permettait de terminer avant d'arriver au temple. Puis, je lui disais que je ne ferais que la circumambulation et allumerais le camphre pour revenir immédiatement.

Je n'ai appris à faire du vélo qu'à l'âge de 12ans. Et après ma première expérience à 12 ans, je ne pouvais plus en faire. (A ce moment de l'histoire, l'un des disciples fit un commentaire, 'Swamiji, à cette époque déjà à Tiruvannamalai, tu avais un chauffeur' ce qui le fit rire et il acquiesça.) Je n'avais pas fais le rapprochement entre mon incapacité à faire du vélo et mon expérience spirituelle. Je n'étais pas conscient que cette expérience ait quelque chose à voir avec la diminution de la conscience du corps, c'est ce qui se passa après cette expérience. Je n'étais pas conscient aussi du fait que j'étais spécial. Je pensais que tout le monde était comme moi. Je ne faisais que prendre toutes ces expériences pour quelque chose d'acquis. Ce n'est que bien plus tard que je me rendis compte que ces choses n'arrivaient pas à tout un chacun.

Paramahamsa se mit à méditer dans les terrains de crémation à la périphérie de Tiruvannamalai. De longues heures, toute la nuit, absorbé par le silence vibrant d'Arunachala. Il s'asseyait en méditation, ressentant ardemment l'intimité avec Arunachala, tout en aspirant à s'unir avec la montagne. Au levé du jour, il rentrait chez lui. Parfaitement convaincu qu'ils n'étaient que des gardiens de leur second fils, ses parents regardaient l'étrange routine de l'enfant comme un pur lila (un jeu divin) de l'Existence.

Shiva apparaît sous forme humaine