45. La rencontre avec Rudraksha Muni
# La rencontre avec Rudraksha Muni
Paramahamsa avait entendu parler d'un sage que les gens nommaient Rudraksha Muni. Il avait l'habitude de se rendre au temple d'Arunachaleswara le soir et d'occuper une place près de Rudraksha Mandapam. Pendant plusieurs jours, Paramahamsa l'attendit à ce lieu sans succès. Un soir, un homme recouvert de rudraksh apparut dans le temple. (Rudraksh sont les graines d'une plante que l'on considère sacrée et capable de stocker l'énergie existentielle). Pensant que l'homme était Rudraksha Muni, Paramahamsa lui courut après, et suivit l'emploi du temps de cet homme chaque jour afin de le servir et de lui parler.
Un jour, il suivit l'homme alors qu'il quittait le temple. L'homme rentra dans une maison qui ne se trouvait pas très loin du temple. Il avait une famille et des enfants ! Ce qui rendit fou de rage Paramahamsa qui eut le sentiment d'être trompé. Il aborda l'homme et lui demanda pourquoi il ne lui avait pas dit qu'il n'était pas Rudraksha Muni.
Cet homme était un homme très doux. Il expliqua à Paramahamsa qu'après avoir vu l'enthousiasme avec lequel il voulait rencontrer Rudraksha Muni, il avait décidé de jouer ce rôle afin de ne pas
décevoir le jeune garçon. Il lui dit, 'Tu étais si ravi de l'avoir rencontré. Je ne pouvais t'enlever cette joie. Et, j'ai aussi éprouvé beaucoup de joie à t'avoir auprès de moi.'
Au fil du temps, il devinrent de très bons amis. Cet homme faisait face à la dépression et recherchait un réconfort spirituel. Il remit un sac rempli de rudraksh mala (chapelets composé de graines de rudraksh) que l'on peut voir sur certaines des toutes premières photos de Paramahamsa.
A cet âge, Paramahamsa connaissait très bien les épiques et les écritures Hindoues non seulement d'un point de vue historique, mais il connaissait aussi le sens profond de ses écrits. Il avait l'habitude d'assister à tous les discours spirituels donnés à Tiruvannamalai et posait des questions percutantes. A plusieurs occasions, les orateurs avaient des difficultés à répondre aux questions du jeune garçon. Un jour, l'un des orateurs dit aux organisateurs que si le garçon continuait à poser des questions, il se verrait dans l'obligation de mettre un terme à son discours et de s'en aller. C'est de cette façon que Ramakrishna Paramahamsa avait l'habitude de se comporter quand il était enfant. Paramahamsa se mettait aussi debout pour poser des questions aux érudits qui n'étaient que de simples intellectuels sans expérience.
A une occasion, Kripananda Variar, un célèbre gourou, un homme éduqué qui avait l'habitude de donner des cours, vint à Tiruvannamalai. Au cours de son discours, il dit en Tamoule, 'angam veru lingam veru aagakoodaadu', ce qui signifie que quiconque porte un shiva linga autour du cou ne devrait jamais l'enlever, où plutôt ne devrait jamais s'en séparer.
Alors, Paramahamsa lui demanda: 'Même le plus intelligent des hommes doit s'en séparer, c'est le cas quand il l'enlève pour changer le fil qui forme le collier. Ce que vous insinuez, c'est que lorsque l'on devient un avec Dieu, quand on a réalisé Dieu à l'intérieur de nous, le linga et nous-même ne peuvent être séparés, nous et Dieu qui se trouve à l'intérieur de nous ne peuvent être séparés. C'est ce que vous voulez dire. Vous parlez de l'illumination, vous êtes en fait en
Premier Eveil Spirituel
train de faire référence à l'état inhérent d'une personne illuminée, lorsqu'elle est devenue Dieu. En cet état, elle ne peut jamais se séparer de Lui. Comment alors pouvez-vous utiliser une telle déclaration comme technique pour un homme ordinaire ?
Kripaananda Variyar aurait pu donner n'importe quelle réponse intellectuelle pour le faire taire, mais, il ne fit rien de tel. Il accepta avec grâce ce que le jeune homme avait dit, il lui répondit qu'il avait parfaitement raison.
A la fin du discours, quand le garçon se dirigea vers l'homme pour recevoir ses bénédictions, il lui dit, 'appa, avvaykku Murugan madiri nee enakku vandu vazhi kattinai.' Ce qui signifie, 'Mon cher enfant, tout comme Murugan lui-même montra la voie à son dévot Avvairyar, tu es venu pour me montrer la voie.' Il continua en racontant comment le Seigneur Murugan, alors qu'il était encore enfant stupéfia Avvaiyar (une femme illuminée) avec l'une de ses questions bien particulière, ce qui lui permis d'abandonner son ego instantanément. Le jeune homme lui avait posé une question qui l'avait secoué. Lors de cet incident, Variyar se fit remarquer pour son humilité.
Paramahamsa se rappelle de cet incident avec beaucoup d'affection pour cette magnifique personne, qui en dépit de son âge et de ses diplômes, n'avait aucun scrupule à accepter que le garçon ait raison, de plus en public. Un peu plus tard, cet homme déclara qu'à chaque étape, la vie continuait à l'enseigner à travers quelqu'un. Les gens venaient à lui et le touchaient d'une manière appropriée à un moment clef de sa quête.