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43. La peur primale et l'attaque des hyènes

# La peur primale et l'attaque des hyènes

À cette période de son enfance, Paramahamsa avait l'habitude de se promener autour de la montagne d'Arunachala tous les jours. Il commençait à marcher très tôt, vers 4 heures du matin, pendant trois à quatre heures, tout en chantant des chansons. Il vivait totalement dans le présent, sans se soucier le moins du monde de ce qui allait se produire dans l'avenir –tel un enfant innocent qui joue sur les genoux de sa mère, un enfant innocent se réjouissant dans l'atmosphère de son bien-aimé Arunachala !

Un matin, il commença à marcher très tôt, peu de temps après minuit. A cette époque, il n'y avait pas de routes ni de lumière autour de la colline. Il y a avait juste une sorte de jungle, une forêt dense. A un point proche de Sona Nadi, un ruisseau, un groupe de hyènes s'approcha de lui. Il avançait jusque là tête baissée en chantonnant des chants dévotionnels. Il était si absorbé par ces chants qu'il ne remarqua pas leur présence, jusqu'à ce qu'elles soient vraiment proche de lui. Quand il leva la tête et les aperçut, elles étaient déjà sur le point de bondir sur lui.

Il poussa un cri de terreur du plus profond de son hara (le chakra Swadisthana, que l'on nomme aussi le centre du point d'énergie du spleen). Ce cri provenait d'une peur brute dont il n'avait jamais fait l'expérience auparavant, ni par la suite d'ailleurs. Ce cri fut accompagné d'un abandon total à Arunachala. Il était profondément convaincu qu'Arunachala prendrait soin de lui.

Et tout à coup, de nulle part, un sanyasi munit d'un bâton apparut devant lui, et chassa les animaux. Le vieil homme disparut dès qu'ils prirent la fuite en courant. Paramahamsa ne sut jamais d'où venait cet homme, ni comment il disparut.

Grâce à ce cri primal, Paramahamsa trouva que son corps était subitement devenu plus léger, il reprit sa marche, presque en flottant,

comme si la fréquence de son être avait augmentée. (La thérapie du cri primal est un traitement psychothérapeutique par lequel les patients crient depuis le hara, afin de relâcher en catharsis la peur et d'autres émotions réprimées).

Et ultérieurement, Paramahamsa nous répéta souvent la nécessité de s'abandonner complètement à l'Existence, sans aucune trace d'ego, avec une confiance absolue, qu'elle prendra soin de toute éventualité. Cet incident n'est rien d'autre qu'une des expériences qu'il vécut avant d'avoir atteint l'illumination, quand la confiance pure en l'Existence fit ce qui était nécessaire de faire.