33. Quelques anecdotes
# Quelques anecdotes
Paramahamsa prend un réellement plaisir à raconter une histoire de son enfance:
Dans les petits villages comme Tiruvannamalai, lors des festivals, les groupes d'acteurs dramatiques de la région s'avancent pour donner leur spectacle. Etant donné les codes sociaux qui sont toujours d'actualité, les hommes jouent aussi le rôle des femmes.
Seuls les enfants et les femmes âgées assistent à ces représentations. Les femmes âgées s'assoient en mâchant des feuilles de tabac et en crachent le jus. Puis, elles recouvrent ce qu'elles crachent avec des mottes de terre. A la fin de la représentation, il y a des mottes de terre partout !
L'un des 'shows' les plus populaire est l'épique du Mahabharata, l'histoire du désaccord qui prit place entre deux clans. Cette dispute évolua en une grande guerre, à l'issue de laquelle Krishna révèle la vérité éternelle de la Bhagavad Gita. Dans le Mahabharata, l'une des scènes les plus émouvantes et les plus puissantes concerne la Princesse Draupadi, la femme commune des cinq Princes Pandava, qui se fait déshabiller en public à la coure royale des Kaurava, cousins et ennemis mortels des Pandavas. Dushassana, le Prince Kaurava, est le principal responsable de ce drame. Il insulte Draupadi et tente d'outrager sa modestie. Les maris de Draupadi, les Princes Pandava restent impuissants à cause du code d'honneur qui les empêche d'intervenir.
Draupadi ne peut recevoir d'aide de personne, excepté de Krishna. Elle lève les bras au ciel en signe de désespoir et s'abandonne à lui, et voilà que comme par magie, chaque vêtement qu'on lui enlève se retrouve remplacé au fur et à mesure.
Fatigué, déconcerté et effrayé, Dushassana arrête son entreprise et l'honneur de Draupadi est sauve.
Dans la représentation que Paramahamsa regardait, le rôle de Draupadi était interprété par un homme. Cet homme devait normalement porter sept saris. Le truc était que lorsque Dushassana enleverait le sixième sari de Draupadi, elle appellerait Krishna qui surgirait alors sur scène pour sauver son honneur. En ce jour de malheur, dans l'ignorance la plus totale de ce fait, Draupadi mit six saris au lieu de sept. Soudainement, sur scène, il se rendit compte de son erreur et commença à crier de toutes ses forces afin que Dushassana le lâche. Bien que Draupadi protestait, Dushassana était bien décidé à enlever le sixième sari. Elle lança des coups de pieds et cria, mais Dushassana continuait de jouer son rôle consciencieusement, gardant bien en mémoire le nombre de saris qu'il devait enlever. Pendant ce temps, l'acteur qui jouait le rôle de Krishna fumait une cigarette innocemment dans les coulisses, ignorant le drame que sa chère Draupadi était en train de vivre !
Finalement, Dushassana atteint son but. L'acteur qui jouait Draupadi était debout au milieu de la scène et ne portait qu'un caleçon et une blouse de femme ! Il hurla alors, 'Oh Krishna, je t'ai appelé tant de fois, j'ai failli perdre espoir ! Ce diable de Dushassana m'a déshabillée et a essayé de me déshonorer en public. Mais pour préserver mon honneur, tu m'as transformée en homme !'
Le maître éclate de rire alors qu'il raconte cette histoire. C'est une bénédiction de le voir relater toutes ces histoires, et de voir l' expression de son visage quand il replonge dans son enfance et revit ses mémoires, ne manquant pas le moindre détails.
De temps à autre, il parle du seul film qu'il ait regardé avec son père et sa mère. Il s'agit d'un film Tamoule qui s'intitule 'Mudal Mariyadai' qui était à l'affiche au cinéma Balasubramanian de Tiruvannamalai. Au milieu de la projection, il annonça à ses parents qu'il était effrayé par les scènes où quelqu'un arrachait l'orteil d'un personnage avec les dents pour ensuite l'avaler. Il quitta la salle et ne remit jamais les pieds dans un cinéma, ni ne regarda un film à la télévision au cours de toute son enfance. Paramahamsa n'avait jamais connu la peur auparavant. Il eut l'impression que la peur essayait de s'installer en lui maintenant. Conscient de ce processus, il quitta donc le cinéma.
Une conscience croissante
Quand nous regardons la télé ou un film, le nombre d'images bombardées à chaque seconde est si élevé qu'elles pénètrent directement notre conscience. Regarder un film d'horreur ou un film dépressif plus de 20 minutes créera la même humeur en nous, regarder ce genre de film à répétition formatera notre caractère à notre insu. C'est la raison pour laquelle il est dangereux, particulièrement pour les enfants qui sont très vulnérables et influençables, de regarder des films d'horreurs et des films violents. Les adultes devraient également faire en sorte de ne pas regarder de scènes chargées d'émotions négatives plus de 15 minutes, que ce soit à la télévision ou au cinéma.
L'énergie sauvage de Paramahamsa se manifestait au cœur de l'action, à mesure qu'il grandissait. Un jour, sa famille se rendit à Tirupati avec des oncles, des tantes, des cousins et d'autres proches. Le garçon partageait sa chambre avec quelques uns de ses cousins. Il poursuivait sa routine spirituelle, et se levait à 3 heures du matin pour faire son puja quotidien. Alors qu'il était profondément absorbé dans son puja, un des ces cousins irrité marmonna quelque chose dans son sommeil. Paramahamsa marcha calmement jusqu'à l'homme, l'attrapa par la gorge, le menaça d'en finir avec lui s'il s'avérait être un obstacle à la pratique de son puja, ensuite, il retourna s'asseoir sereinement et continua son rituel d'adoration. Par la suite, ses proches cessèrent tout commentaire concernant ses activités !
A mesure que les jours passaient, l'énergie sauvage de Paramahamsa se canalisait vers sa quête spirituelle intense. Un jour, il était avec son cousin qui en avait assez de ses espiègleries et de sa ferveur. Ce cousin lança un objet lourd sur lui, causant une entaille profonde au front d'où il saigna abondamment. Après cet incident, on dit que Paramahamsa se calma, ce qui fut une surprise et un soulagement pour tous ceux qui le connaissait. Des années plus tard, Paramahamsa appris que Vivekananda se fit une entaille identique sur le sourcil après avoir fait une chute lors de son enfance. Ramakrishna Paramahamsa, le guru de Vivekananda dit que si le jeune Vivekananda n'avait pas eut cette blessure, son corps n'aurait pas pu supporter la quantité énorme d'énergie qu'il portait. Les voies de l'Existence sont vraiment étranges !