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31. Le vieil homme télépathe et le Sage silencieux

# Le vieil homme télépathe et le Sage silencieux

Paramahamsa rencontra Narayanaswami Thatha quand il avait sept ans. Ce dernier était connu plus communément sous le nom de K.S Narayanaswami (thatha signifie grand père en Tamoule). Thatha vivait dans un petit temple consacré à Ganapati. Ce temple se trouvait dans la rue Thirumanjana Gopuram à Tiruvannamalai. C'était un maître de tantra, yantra et mantra, qui sont trois techniques menant à la réalisation du Soi. Il disposait de grands pouvoirs de télépathie. La police locale faisait appel à lui afin d'identifier des criminels. Thatha prenait un miroir sur lequel il dessinait un carré, le visage du criminel apparaissait alors dans ce carré ! Les gens qui perdaient des biens, des enfants ou des proches venaient le voir. À travers ce miroir, il leur montrait exactement où se trouvaient ces gens. Paramahamsa était fasciné par son art étrange.

Paramahamsa passa six années aux côtés de Narayanaswami Thatha. Quand les gens venaient le voir pour recevoir de l'aide, Thatha allumait une lampe, et marmonnait quelques mantras. Alors, il récupérait la suie de la lampe et l'appliquait sur le miroir. Immédiatement, tout ce qui s'était produit apparaissait comme sur l'écran d'une télévision. La série des évènements apparaissait dans son intégralité sur le miroir, que ce soit pour une personne qui avait disparue ou un voleur, tout apparaissait sur le miroir. L'inspecteur de la police locale venait s'asseoir aux pieds de Thatha.

Les voleurs venaient le voir pour le supplier de ne pas révéler leur identité à la police. A chaque fois qu'il le leur promettait, le miroir ne révélait alors absolument rien du tout. Il les obligeait à distribuer cet argent ou à en donner une partie au temple, parfois, si cet argent appartenait à quelqu'un de bon, il les obligeait à remettre l'argent dérobé. Il recevait des milliers de roupies tous les jours.

Thatha se débarrassait le jour même des sommes qu'il percevait pour ses services, car il avait fait le vœu de ne point accumuler de biens matériels, ni d'argent. Les ascètes et les clochards se rassemblaient autour de lui pour profiter de ce qu'il avait à offrir. Paramahamsa avait l'habitude de lui apporter de la nourriture de la maison, sa mère était une femme généreuse avec les personnes spirituelles. Paramahamsa était son garçon de courses, ce qui lui permettait d'être au courant de tous les ragots qui se passaient en ville, et de partager la joie de tout ceux qui avaient trouvé une solution à leur problème.

Un jour, l'idole d'un temple d'un village voisin Tiruneer Annamalai fut dérobée. Les voleurs avaient cassé les fondations sur lesquelles reposait l'idole. Le miroir montra qu'elle était immergée dans un réservoir d'eau abandonné et la police retrouva l'idole. Comme le temple avait été cambriolé et que les fondations avaient été endommagées, Thatha demanda à la police de bâtir un temple à l'intérieur de la station de police, et ils le firent ! Le miroir de Thatha se trouve toujours dans ce temple. C'est probablement le seul temple bâti à l'intérieur d'une station de police en Inde, ou peut être même dans le monde entier !

Un jour alors que Thatha était dans la salle de bain, Paramahamsa décida d'inspecter le miroir. Il appliqua la cendre noire sur le miroir, sans rien demander. Tout à coup, la forme de Devi apparut sur le miroir. Elle lui sourit. Paramahamsa eut peur qu'elle dise à Thatha qu'il avait utilisé le miroir. Il s'assit et supplia, 'Ne lui dis pas que j'ai utilisé son miroir.' Elle semblait sourire avec l'air de lui dire qu'elle n'en ferait pas mention à Thatha. Mais comment la faire disparaître du miroir ?

Quand Thatha sortit de la salle de bain, Paramahamsa lui montra le miroir et se confessa. Thatha se mit à rire et dit, 'Si Devi n'avait pas souhaité apparaître, elle ne l'aurait pas fait. Tu n'as rien fait de mal.' Thatha lui remit alors la boîte en argent dans laquelle il gardait le miroir. Cette boîte est à l'ashram de Bangalore aujourd'hui. Pour éviter d'être puni par les professeurs lorsqu'il manquait l'école, Paramahamsa demandait de l'aide à Thatha. Thatha s'assurait que l'on marque bien son nom sur le registre d'appel.

Thatha, avait l'habitude de matérialiser des objets. Il apportait aussi des solutions aux problèmes des gens. Un jour, un homme de caste inférieure vint voir Thatha avec un problème. Thatha lui conseilla de faire trois fois le tour du temple de Shiva. L'homme lui fit remarquer que dans son village, on ne lui permettait pas de pénétrer à l'intérieur du temple étant donné le statut de sa caste. Thatha pointa alors Paramahamsa du doigt et demanda à l'homme de faire trois fois le tour de ce dernier. Une fois cela terminé, Thatha dit à l'homme que tous ses problèmes étaient résolus. Ni Paramahamsa ni l'homme ne comprirent le sens caché derrière ce qui venait de se produire, mais les problèmes de l'homme furent effectivement résolus.

Paramahamsa apprit la science des tantras, mantras et yantra, aux côtés de Narayanaswami, ainsi que leur fonctionnement et comment les utiliser. Les tantras sont des techniques de méditation pratiquées dans le but d'atteindre l'illumination, les mantras sont la répétition de chants sacrés: une voie qui même à l'illumination, les yantras sont des représentations métaphoriques du cosmos sur une plaque en cuivre, que l'on utilise comme support pour la méditation. Un jour, Paramahamsa pria Thatha de lui donner un mantra. Il lui répondit que ce n'était pas nécessaire, puisque Paramahamsa avait son propre mantra qui était mille fois plus puissant ; mais il lui enseigna des techniques incluant des mantras.

Après avoir installé l'idole de Devi dans la station de police, Thatha appela Paramahamsa, 'Chinnapaiya (petit garçon), vient apprendre à mes côtés'.

Une conscience croissante

Paramahamsa lui répondit, 'J'ai déjà appris beaucoup de toi. Tu m'as enseigné tant de choses, des mantras, et des techniques. Que veux-tu encore m'apprendre ?'

Thatha répondit, 'Si ton esprit est pur, il n'a pas besoin de mantra pour réaliser des miracles. Les miracles se manifesteront par ta simple présence.' C'était comme si une corde profondément ancrée en Paramahamsa avait été tirée en entendant ces mots. Il dit à Narayanaswami Thatha, 'Alors tu aurais dû purifier mon esprit au lieu de m'enseigner tous ces mantras qui ne sont d'aucune utilité d'après ce que tu dis.'

Thatha lui dit alors, 'Ne t-en fais pas, ces mantras purifieront ton esprit.'

A partir de ce jour, Paramahamsa arrêta toutes les pratiques de mantras et de tantras qu'on lui avait enseigné.

Narayanaswamy Thatha donna un yantra et un livre de chants à Paramahamsa. Il lui enseigna aussi le mooligai prana prathishta mantra qui, lorsqu'il est chanté aux plantes en direction de l'est un millier de fois, leur permettent de garder leurs pouvoirs naturels indéfiniment même après avoir été cueillies ou coupées.

Toutes les fois que Paramahamsa quittait Thatha à la fin de la journée, il le bénissait en silence et lui remettait un fruit. Un jour, alors que Paramahamsa partait avec le traditionnel 'poyuttu varen' (une coutume que l'on pratique lorsque quelqu'un part), de manière peu caractéristique, Thatha lui dit, 'Pars' et au lieu de lui remettre un fruit, il lui fit signe de prendre le fruit lui-même du plateau. Trois jours après cet incident, Thatha mourut. Son samadhi, le lieu où il est enterré existe encore à ce jour à Tiruvannamalai, sous le nom de Thottakara Thatha ou le grand père jardinier, ce qui était le nom que l'on utilisait couramment pour le nommer.

Paramahamsa continuait de chérir toujours plus de relations spirituelles. Il fit la rencontre d'un sanyasi qui avait l'habitude de s'asseoir dans le temple d'Arunachala, non loin de Thirumanjana Gopuram.

Section 2

Ce sanyasi, Narayana Swamigal était assez connu à Tiruvannamalai. On l'appelait Mouna Swamigal ou le sage silencieux, car il ne parlait jamais. Il ne mangeait pas non plus. Chaque fois que quelqu'un lui rendait visite pour recevoir des bénédictions, il levait les mains et se mettait debout, puis restait dans cette position pendant dix minutes. Il possédait une petite ardoise sur laquelle était inscrite en Tamoule 'summa iru sallaren' qui signifie 'restez silencieux'. Il s'asseyait et restait vraiment en silence, sans aucun bavardage intérieur. Paramahamsa pouvait ressentir la paix de ce silence intérieur toutes les fois qu'il s'asseyait avec lui. Mouna Swamigal est toujours en vie. Il est parti s'installer sur la montagne d'Arunachala, dans un lieu isolé où il vit maintenant sans manger et sans boire depuis 15 ans.

Depuis sa plus tendre enfance, l'énergie de Paramahamsa attirait les gens qui avaient une énergie similaire, des gens qui, de bon cœur aidaient l'enfant à avancer sur la voie spirituelle qu'il avait choisie. Ses rencontres avec les sages et les ascètes suscitèrent en lui le vif désir de les imiter, depuis son plus jeune âge.